Le parc du Marquenterre

Depuis notre petit chez nous, il faut compter un peu moins de deux heures et demi de voiture pour rejoindre la baie de Somme, si réputée des promeneurs et vacanciers qui ne cessent de louer ses vastes plages, sa mer clémente et sa lumière incomparable. Une promenade de santé, que nous avons décidé de faire à la toute fin du mois d’août, alors que la météo était plus que clémente ! Et oui, c’est bien le seul avantage du réchauffement climatique : l’été semble vouloir mettre plus de temps à s’en aller. Mais comme vous allez le voir, ce beau temps aura été une source de joie… mais aussi de quelques points négatifs…

 

Le premier volatile croisé lors de notre visite : une belle cigogne blanche...
Le premier volatile croisé lors de notre visite : une belle cigogne blanche…

 

Ah, le parc du Marquenterre… Cela faisait quelques semaines que nous en entendions parler, comme une étape absolument incontournable pour tout ornithologue qui se respecte, mais aussi à destination des photographes en herbe qui souhaiteraient profiter de cet exceptionnel site de nidification pour rapporter à la maison quelques clichés de nos amis les bêtes à plumes… Du coup, ni une ni deux, nous avons décidé de boucler une rapide valise, réserver une jolie chambrette à quelques encablures de la réserve naturelle et filer du côté du Nord (pardon, des Hauts-de-France) pour un week-end placé sous les signes de ce que nous aimons le plus (mais vous commencez à le savoir, pas vrai ? 😉 ) : la nature, les grands espaces, les animaux.

 

Un espace privilégié

Un jeune cormoran séchant ses ailes...
Un jeune cormoran séchant ses ailes…

 

Mais d’abord, quelques précisions sur ce qu’est le Marquenterre. Un coup d’œil rapide aux nombreux dépliants mis à disposition des visiteurs nous explique que ce parc de deux cents hectares de marais, dunes et forêts se trouve en plein cœur de la réserve naturelle de la baie de Somme. L’espace que nous foulons donc du pied ce week-end là, l’œil pétillant et le sac à dos bien sanglé sur le dos, a été ouvert il y a maintenant une quarantaine d’années et est devenu au fil du temps un rendez-vous ornithologique à dimension européenne ! Ce sont des milliers d’oiseaux migrateurs qui, chaque année, viennent trouver refuge sur le joli sable de la baie de Somme et font la joie des photographes animaliers et plus largement, des amoureux des animaux. En fonction de la période de l’année, il est donc possible de voir des centaines d’espèces différentes, de toutes les tailles et de toutes les morphologies, venues se nourrir, nidifier ou simplement se reposer sur les dunes du Marquenterre. Pour notre part, nous avons eu la chance d’observer des limicoles, des échassiers et autres grands oiseaux de mer.

 

 

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Quelle balade choisir ?

Cette cigogne était en train de pêcher !
Cette cigogne était en train de pêcher !

 

Sur la carte du Marquenterre, trois chemins s’offrent à nous, classés selon leur durée (vert, bleu et rouge allant de 45 minutes à deux heures de promenade). Et signalés par des numéros allant de 1 à 12, des postes d’observation aménagés à l’attention des visiteurs. Bien évidemment, nous avons tout de suite opté pour le chemin rouge, qui permettait d’explorer les environs de fond en comble 😉 Sous un soleil un peu trop clément (mais on va y revenir !), nous avons donc navigué d’abris en abris, de chemin en chemin, rencontrant çà et là des guides du Marquenterre prêts à répondre à toutes nos questions. Nous avons particulièrement apprécié leurs conseils et leur disponibilité, car il faut l’admettre : il n’y a rien de plus frustrant que de photographier un animal dont on ignore la race !

 

Mais…

Un grèbe huppé mâle avec ses belles couleurs de parade....
Un grèbe huppé mâle avec ses belles couleurs de parade….

 

Arrivés à ce stade, vous vous dites sûrement que notre séjour a dû être en tout point idéal… Et bien pas tant que ça ! En fait, Adrien et moi avons commis une faute de débutant… à savoir penser qu’une belle journée ensoleillée était le cadre idéal pour nous livrer à un joli week-end photo.

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Premier élément : ce week-end là, il a fait chaud. Très chaud. Et un photographe écrasé par le soleil est un photographe moins concentré sur sa tâche, c’est le moins que l’on puisse dire ! Au plus fort de l’après-midi, nous en étions rendus à chercher désespérément un petit peu d’ombre plutôt que guetter le passage d’une avocette ou d’un grand cormoran (qui étaient très nombreux ce jour-là !) Il devait facilement faire autour de trente-six degrés et autant vous dire que par de telles températures, marcher avec un lourd sac photo devient très vite fatiguant…

Deuxième élément : la forte luminosité ! Hé oui, on ne le dira probablement jamais assez, mais la lumière dure de pleine journée est la pire ennemie des photographes. Couleurs délavées, ombres fortes et marquées… Difficile de tirer un joli portrait aux cigognes blanches et aux oies migratrices quand un soleil de plomb tape droit et « écrase » nos modèles du jour… Sans compter qu’en ce qui concerne les volatiles aux plumages à dominante blancs, c’était quasiment mission impossible…

Enfin, dernier point auquel nous avons été confrontés : la sécheresse. Cet été 2016 a été particulièrement clément, tandis que les précipitations se sont montrées avares… Or, à l’entrée du parc du Marquenterre, nous avons dû faire face à des vastes espaces asséchés. Les étangs, cours d’eau et marais qui se trouvent en début de parcours en temps normal avaient malheureusement disparu et avec eux, leurs occupants. Pas une trace de petit oiseau sur la première partie du chemin estampillé « vert » alors que ces vastes espaces découverts nous auraient permis de réaliser de jolies images…

 

On fait le bilan !

Sortie du train d'atterrissage...
Sortie du train d’atterrissage…

 

Alors, et notre verdict dans tout ça ? Soyons franc, il est assez mitigé, mais c’est en grande partie de notre faute… À l’avenir, car nous sommes d’ores et déjà décidés à retourner faire un petit tour du côté de la baie de Somme, nous opterons plutôt pour une visite printanière ou quand l’été se sera bel et bien décidé à partir. Des températures clémentes mais aussi un soleil un peu moins ardent seront les garants de meilleures images ! Alors bien sûr, nous sommes heureux de nos clichés réalisés ce jour-là, mais tout en restant malgré tout un peu sur notre faim…

Dernier point : il ne faut pas espérer pouvoir prendre des photos rapprochées des nombreuses espèces d’oiseaux au Marquenterre. En effet, la zone est avant tout un espace de repos et de nidification pour les animaux, ce qui implique que le parc veille surtout à leur tranquillité ! Les affûts sont donc toujours placés en hauteur, assez loin des espaces de repos des volatiles. C’est pourquoi l’année prochaine, nous réfléchissons à nous inscrire à un stage photo proposé par le parc qui, nous l’espérons, nos permettra d’approcher davantage nos chers sujets…

 

Envie de découvrir le Marquenterre ?

Si notre article vous a donné l’envie de découvrir ce magnifique parc ainsi que la Baie de Somme, nous vous conseillons de consulter le site Somme Tourisme, véritable mine d’informations sur la région. En tout cas nous, on planifie déjà notre future visite là-bas !

 

 

 

  • Cayetanot Patrick dit :

    bonjour,
    j’aimerai visiter le parc du Marquenterre en juin 2018, afin de réaliser des photos animalières, apparemment les oiseaux sont loin.
    Disposant d’un tamron 150/600 y a t il tout de même possibilité de réaliser de belles images à partir des postes d’ observation?
    pour info j’ habite à environ 500km de ce parc et je me déplacerai spécialement pour réaliser des photos sur une durée de 1,5 jour. je ne suis pas ornithologue, mais passionné de photos.
    Merci de votre réponse.

    • Bonjour Patrick,

      A vrai dire tout dépend de votre niveau et de vos exigences. Si votre but est de faire de belles images un tant soit peu artistique, alors non je ne vous conseille pas le Marquenterre car vous serez déçu : l’angle de vue à partir des observatoires n’est pas bon, les horaires d’ouverture ne permettent pas de belles lumières.

      Si vous êtes débutant alors c’est un très bon endroit pour vous entraîner car vous êtes sûr de voir des oiseaux et les conditions permettent de s’exercer aux réglages de l’appareil.

      Pour la proximité c’est aléatoire et au bon vouloir des oiseaux. J’ai également un 150-600 mm et vous pouvez voir sur les photos illustrant l’article que la proximité est suffisante. Néanmoins il y a des jours avec et des jours sans…

      J’espère vous avoir aidé. Bonnes photos.

  • Flo dit :

    Ah le parc du Marquenterre… Ma madeleine de Proust à moi ;-D
    Une grand mère en baie de Somme, j’y ai donc appris la photo d’oiseaux là bas avec mon EOS 50 (pas D) et mon Sigma 300 mm f/4. J’ai encore quelques photos dans un album que je regarde de temps en temps. Bon j’avais juste 20 ans de moins.
    Mais c’est aussi avant tout l’occasion de voir les espèces dans leur milieu, apprendre à les reconnaître armé de son guide ornitho (en plus maintenant il est dispo sur les téléphone) et de sa paire de jumelle.
    De même les employés du parc, ornithologues et tout autant passionné que nous seront toujours présent pour nous laisser regarder dans leur longue vue et nous donner quelques infos et anecdotes sur les espèces présente et le parcs.

    Par contre effectivement pour la photo, ben comme le Teich également, les oiseaux sont loin et les heures d’ouvertures plutôt peu propices aux belles lumières. Le stage photo, effectivement peut être une bonne idée.

    Et sinon la baie de Somme regorge de coin à photographier en dehors du Parc du Marquenterre… Des coins plus sauvages et moins facile d’accès mais d’une beauté incroyable. Le moment de ce mettre au paysage en attendant de voir passer le hibou des marais 😉

  • Merci pour ce beau reportage bien commenté et objectif. N’hésitez pas à nous appeler avant votre prochaine visite !