Mon rapport à la Nature : ce qu’elle a changé dans ma vie

J’ai lancé il y a quelques semaines un événement inter-blogueur avec un objectif simple : découvrir d’autres univers orbitant autour du thème de la Nature. A ma grande surprise cet événement est un joli succès, puisque c’est environ une quinzaine de blogueurs différents qui ont répondu à mon appel et que vous découvrirez dans les semaines qui suivent. Mais aujourd’hui, c’est à mon tour de traiter sur le sujet. Qu’est ce que la Nature a changé dans ma vie ? Quand on commence à s’intéresser à la photographie animalière et de Nature, il est difficile de ne pas se sensibiliser à certaines choses. Comment chercher à magnifier les animaux sans s’intéresser à leur protection ? Comment rester insensible devant la puissance et la beauté d’un magnifique coucher de soleil, un soir d’orage ? Posons un instant les appareils photos pour commencer à réfléchir à la place de la Nature dans notre vie.

 

Coucher de soleil
La photographie de Nature. Tout simplement.

 

Mon rapport à la Nature, une relation tardive

Commençons par le début…

J’ai vécu les deux tiers de ma vie à la campagne, dans un petit village d’à peine 3 000 habitants. Et pourtant, malgré cette situation géographique qui m’offrait d’innombrables occasions de rencontres avec les animaux, la Nature était assez loin de mes préoccupations. J’ai d’ailleurs dû attendre mes 16-17 ans pour voir mon premier cerf à l’état sauvage, au hasard d’une balade en voiture, lors d’un hiver particulièrement froid.

Pourtant, petit, je voulais faire vétérinaire et j’étais fier d’annoncer à tous mes copains que je souhaitais m’occuper des animaux… non-sauvages ! Car oui, il y a une différence entre aimer des animaux de compagnie, aller au zoo et aimer la Nature, la vraie. Je me souviens même que je rechignais la plupart du temps lorsque l’idée d’une balade en forêt était proposée par les parents. Ce n’était pas que le Nature ne m’intéressait pas, c’est juste qu’elle était là, autour de moi et je n’y faisais pas forcément attention, car elle faisait partie de mon décor depuis toujours.

Jeunesse normale et heureuse, je décide de poursuivre mes études à Paris, excité par la nouveauté et toutes les promesses qu’offre la capitale à un jeune de 18 ans. J’en profite pendant de longues années pour m’amuser, faire des rencontres, découvrir les joies de la vie étudiante et ses excès… Mais la vérité, et je ne m’en rendrai compte que des années plus tard, est que je n’étais pas vraiment moi-même à ce moment là, trop occupé à m’insérer dans un moule social dicté par je-ne-sais-qui. En y repensant, je ne me suis jamais senti aussi seul qu’au milieu de millions de personnes, enfermé dans la plus grande ville de France.

 

photographie héron
On ne voit pas ça à Paris.

 

2016, La révélation

Il m’aura donc fallu 27 ans pour revoir mon paradigme de vie. Début 2016, découverte de la photographie animalière et de Nature. La vie se trouve partout, même dans des endroits que l’on ne soupçonne pas. Je découvre ainsi, à mon grand étonnement, que plus de 60 espèces d’oiseaux vivent à Paris intra-muros et j’en profite pour explorer le peu de coins de verdure qui existent dans la capitale. Viennent alors mes premiers clichés de fleurs et d’insectes, principalement des agrions et des libellules, faits avec un 50mm inversé devant l’appareil. Prémices d’une passion naissante…

La Nature m’obsède rapidement, le besoin de partir respirer l’air pur et de me retrouver allongé dans l’herbe devient trop fort et c’est en Février 2017 que je décide de m’en rapprocher, en m’installant à quelques dizaines de kilomètres de Paris, dans une banlieue très verte. Qu’est ce que la Nature a changé dans ma vie depuis ? Il est difficile de décrire avec des mots tout ce qu’elle m’apporte aujourd’hui. Dans son excellent livre Le pouvoir du moment présent“, Eckhart Tolle écrit ce paragraphe qui m’a particulièrement marqué et qui représente parfaitement ce que je ressens lorsque je suis dans la Nature :

 

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“L’essence même de la Philosophie Zen consiste à avancer sur la lame du rasoir qu’est le Présent, à être si totalement et complètement présent qu’aucune souffrance, rien qui ne soit pas vous en essence, ne puisse survivre en vous. Le temps étant ainsi absent, tous vos problèmes se dissolvent. La souffrance a besoin du temps : elle ne peut survivre dans le présent”

 

Et bien voilà exactement ce que me procure le fait d’être dans la Nature : une pause mentale et physique, une respiration dans le quotidien chargé, une présence totale et unique dans le moment présent. Avoir dans mon objectif un papillon couvert de rosée, chercher le meilleur angle de vue et la lumière qui fera la différence, observer comment le soleil vient illuminer de couleurs incroyables les nuages tard le soir, être allongé dans l’herbe à 10 mètres d’une famille de chevreuils… Dans ces moments là, il n’existe rien d’autre que le moment présent. Les soucis n’existent plus. Il n’y a plus de doutes, plus de problèmes d’argent, plus d’inquiétudes sur l’avenir, plus de regrets sur le passé. Il n’y a que moi et la Nature. Un moment parfait, à l’endroit parfait.

Malheureux soit celui qui n’a jamais eu la chance de goûter à un tel moment de liberté mentale. Nous vivons dans une société où nous sommes en permanence dérangés, stimulés et manipulés par des informations que nous ne sollicitons même pas. L’œil rivé sur l’écran à la recherche de distraction, nous cherchons à combler le moindre temps mort : qui n’a jamais sorti machinalement de sa poche son téléphone, devant l’ascenseur ou dans n’importe quelle situation d’attente, juste pour se donner une contenance ? Pour ne pas paraître comme une pauvre personne seule aux yeux des autres ? Ne serait-ce pas là plutôt un moyen de combler la peur du vide qui nous habite tous ?

Pourtant, croyez-moi, ces temps “morts” devraient être de véritables bulles d’oxygène, et chacun devrait en profiter pour se ressourcer et pour calmer son esprit, le temps de quelques minutes. Observer la Nature est, pour moi, le meilleur moyen d’accéder à ce repos intérieur. Dans la Nature, on ne peut pas tricher avec soi-même. Certains utilisent même des drogues pour atteindre cet état mental. La mienne est toute trouvée : c’est la photographie de Nature !

Bref, la Nature m’apaise, me vide l’esprit, me ressource et ne cesse de me surprendre à chaque sortie par sa beauté.

 

Photo de papillon

 

 

Un relationnel plus… naturel

L’autre aspect positif que m’a apporté la Nature est mon meilleur rapport avec les gens. Aussi curieux que cela puisse paraître, elle m’a poussé à être plus naturel, à ne plus cacher mes faiblesses et mes blessures, mais au contraire à assumer ce que je suis et ne plus chercher à prétendre être ce que je ne suis pas. Mais elle m’a également appris à filtrer, à mieux sélectionner mon entourage, à ne plus chercher à correspondre à des personnes qui ne me correspondent pas.

A partir du moment où j’ai décidé d’appliquer ces principes, mes relations avec les gens sont devenues plus simples, plus nombreuses et plus vraies. Mais cela n’est pas forcément le chemin le plus facile à emprunter car cela peut être à double tranchant. En effet, nombreux seront ceux qui n’accepteront pas ce changement et vous vous rendrez surtout compte que certaines personnes ne correspondent plus du tout à votre nouvelle vision de la vie. Un tri sera donc forcément nécessaire, mais cela en vaut largement le coup. Car être en phase avec soi-même, ne plus se mentir et être entouré de gens qui vous correspondent vraiment est la meilleure situation possible. 

 

La nature en photo

 

Vous l’aurez compris, me retrouver régulièrement immergé dans la Nature est donc devenu pour moi essentiel, car elle m’offre une paix et un calme mental que je ne retrouve nulle part ailleurs que dans le viseur de mon appareil photo. Est-ce que je suis pour autant devenu un ermite vivant au milieu des écureuils ? Non, bien au contraire, car j’ai également fait depuis quelques temps le chemin inverse, en sortant beaucoup plus avec mes amis, en faisant de nouvelles rencontres et en renouant contact avec certaines personnes. Le besoin de me rapprocher à nouveau de la ville se fait également sentir, car aujourd’hui j’aime tout autant me retrouver complètement seul dans un champ qu’être entre amis autour d’un verre, dans un bar bruyant et bondé de monde. Tout simplement car la Nature m’offre l’équilibre que je n’avais pas avant…

Voici pour finir d’autres aspects positifs qu’elle m’a apporté : une meilleure alimentation (basée sur des produits sains et naturels), une meilleure santé physique (via la pratique de différents sports), une ouverture d’esprit (avec la lecture de nombreux livres), la découverte de nombreux domaines tournant autour de la Nature (jardinage, naturopathie, astronomie, etc..), de nombreuses discussions passionnantes avec mes lecteurs et abonnés, de nombreuses rencontres, etc…

 

Et vous, quel est votre rapport à la Nature et que vous apporte-t-elle quotidiennement ?

Adrien Coquelle

  • donlope dit :

    Très joli article Adrien, j’aime vraiment la citation que tu as utilisée, je pourrais tout à fait la reprendre à mon compte. Se reconnecter au présent, c’est vraiment ça que m’apporte une balade nature.

  • Super article Adrien ! J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ton rapport à la nature, nos visions sont très proches. Vivement le PDF ! 😉

  • Julie dit :

    Bonjour Adrien,
    Ton article est très touchant. Encore merci pour cette excellente initiative. J’ai beaucoup aimé écrire sur ce thème si inspirant qu’est la nature. Et d’ailleurs, j’ai bien hâte de pouvoir lire ce super pdf tant attendu.

    Allez, au plaisir de se croiser pour d’autres carnavals.
    Bonne suite,
    Julie Sur LaVoieDuCru

  • Merci pour ce beau témoignage très touchant.
    Amicalement Jess

  • >
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