Réussir sa photographie infrarouge : le guide complet

par Adrien Coquelle

La photographie infrarouge fait rêver depuis longtemps : ces arbres d’un blanc immaculé, ces ciels presque noirs, ces paysages qui semblent tout droit sortis d’un autre monde.

Mais au premier regard, tout cela paraît réservé à des techniciens passionnés de physique optique, capables de jongler avec des réglages incompréhensibles.

Et bien ce n’est pas le cas.

Car cet article vous prend par la main, pas à pas, du premier coup d’œil dans le viseur jusqu’à la retouche sur votre ordinateur, sans jargon décourageant et sans vous noyer dans des formules techniques.

Donc ensemble, vous allez voir ce qu’est réellement une image infrarouge et pourquoi les feuilles y deviennent blanches comme neige, quel filtre ou quel appareil photo IR choisir selon votre budget et votre confort, les bons réglages sur le terrain avec les erreurs classiques à ne surtout pas répéter, et enfin comment retoucher vos photos infrarouges simplement, étape par étape, pour obtenir ce fameux rendu onirique.

Il y a pourtant un détail que presque tout le monde rate lors de ses premières sorties, et qui suffit à gâcher toutes les images de la journée.

La photographie infrarouge en bref

  • La photographie infrarouge capte une lumière invisible à l’œil nu, transformant les feuilles en blanc éclatant et les ciels en noir profond pour des images aux allures oniriques.
  • Pour débuter, deux options s’offrent à vous : le filtre photo infrarouge (économique, mais trépied obligatoire) ou le boîtier modifié (plus confortable, utilisable à main levée).
  • Sur le terrain, la règle numéro un : faites toujours votre mise au point avant de visser le filtre, sinon l’image ressortira floue.
  • Le soleil de midi est votre meilleur allié en infrarouge, contrairement aux habitudes de la photo classique.
  • En retouche, votre image infrarouge sortira rouge de l’appareil, c’est tout à fait normal. Un simple réglage de balance des blancs puis un échange des canaux rouge et bleu suffisent à retrouver un rendu spectaculaire.
Chapitre 01

Qu’est-ce qu’une image infrarouge et pourquoi l’essayer dans la nature ?

Vous avez déjà marché dans une forêt que vous connaissez par cœur.

Chaque arbre, chaque chemin, chaque clairière.

Et pourtant, avec la photographie infrarouge, ce même endroit devient méconnaissable. Les feuilles virent au blanc immaculé. Le ciel bascule dans un noir de velours. L’herbe semble recouverte de givre en plein mois de juillet. C’est le même lieu, mais vous le voyez pour la première fois.

Voilà exactement ce qui m’a accroché à cette pratique il y a des années, et je vais vous expliquer simplement pourquoi tout cela se produit.

Paysage de forêt en photographie infrarouge avec arbres au feuillage blanc éclatant et ciel noir profond

1.1

Comprendre le principe sans cours de physique

La lumière qui nous entoure est bien plus riche que ce que nos yeux perçoivent.

Il faut savoir que notre vision capte uniquement une petite tranche de cette lumière, celle qu’on appelle le spectre visible : le rouge, l’orange, le jaune, le vert, le bleu, le violet. Tout ce qui se trouve au-delà, nos yeux l’ignorent complètement.

La lumière infrarouge se situe juste après le rouge dans ce spectre. Elle est là, partout autour de vous en plein soleil, mais invisible à l’œil nu.

Or, les capteurs des appareils photo numériques sont naturellement sensibles à cette lumière infrarouge. En fait, les fabricants placent un filtre devant le capteur précisément pour la bloquer, parce que sinon toutes vos photos de vacances auraient l’air bizarres. Une photo infrarouge, c’est donc l’art de contourner ce blocage, soit en rajoutant un filtre devant l’objectif, soit en faisant modifier le boîtier. Si vous n’êtes pas encore à l’aise avec les réglages de base de votre appareil, c’est le bon moment pour les revoir avant d’aller plus loin.

Mais pourquoi les feuilles deviennent-elles blanches ?

Pensez à la chlorophylle comme à un miroir très particulier.

En lumière visible, elle absorbe le rouge et le bleu pour fabriquer de l’énergie, et elle réfléchit le vert, c’est pour ça que les arbres nous semblent verts. En lumière infrarouge, en revanche, la chlorophylle se comporte tout différemment : elle réfléchit une quantité massive de rayonnement infrarouge.

Le capteur de votre appareil reçoit donc un signal très intense en provenance de chaque feuille, de chaque brin d’herbe. Il les enregistre comme extrêmement lumineux. Et sur l’image infrarouge finale, cette intensité se traduit par un blanc éclatant, comme une première neige.

Le ciel, lui, fait le contraire.

L’atmosphère et les molécules d’air absorbent et diffusent très peu le rayonnement infrarouge. Le ciel bleu que vous voyez vient de la diffusion de la lumière visible par les particules en suspension. En infrarouge, cette diffusion disparaît presque. Le ciel devient sombre, presque noir. Et si des nuages sont présents, eux réfléchissent bien l’infrarouge et ressortent d’un blanc pur sur un fond noir. Le contraste est saisissant.

Illustration pédagogique en trois parties expliquant le spectre infrarouge, le fonctionnement de la chlorophylle et la différence visuelle entre photo classique et infrarouge.

1.2

Les meilleurs sujets pour vos premières photos infrarouge

Pour vos premiers essais, ne cherchez pas la complication.

Les sujets qui donnent les résultats les plus spectaculaires et les plus gratifiants sont :

  • Les forêts de feuillus en été : chênes, hêtres, bouleaux, tout ce qui a de grandes feuilles bien vertes fonctionne à merveille. La masse de chlorophylle crée cet effet de neige en plein soleil que tout le monde cherche.
  • Les prairies et les champs herbus : même logique, l’herbe dense vire au blanc crémeux et transforme un champ ordinaire en paysage lunaire.
  • Les cumulus bien dessinés : un ciel un peu chargé avec de beaux nuages blancs sur fond noir, c’est la signature des photos infrarouge qui font le plus d’effet.
  • Les plans d’eau : les reflets infrarouges sur l’eau calme donnent des résultats très particuliers, souvent mystérieux.

En revanche, je vous déconseille de commencer par le portrait.

Non pas que ce soit impossible, mais le rendu infrarouge sur la peau humaine est assez déroutant : les veines sous-cutanées peuvent apparaître, le teint devient étrangement lisse et fantomatique. C’est un style qui s’assume et qui demande d’être maîtrisé. Pour vos débuts, gardez les portraits pour plus tard et concentrez-vous sur la nature.

Photographie infrarouge d'un paysage d'été montrant une prairie et des arbres au feuillage blanc éclatant sous un ciel noir profond.

Un conseil pratique que j’aurais aimé recevoir plus tôt : commencez par retourner dans un endroit que vous connaissez déjà bien, un parc urbain, un chemin forestier habituel.

Le fait de connaître le lieu vous libère l’esprit pour vous concentrer entièrement sur les nouveaux réglages. Vous serez surpris de voir à quel point un décor banal peut devenir extraordinaire dès qu’on le regarde à travers le prisme de l’infrarouge. Et pour aller encore plus loin dans l’interprétation créative de vos images, sachez que le virage partiel s’associe particulièrement bien au rendu infrarouge pour lui donner une atmosphère unique.

Et c’est là toute la magie : la photographie infrarouge n’est pas une technique de plus à cocher sur une liste. C’est une façon radicalement différente de voir le monde qui vous entoure, un monde qui était là depuis toujours mais que vous ne pouviez pas encore percevoir.

Maintenant que vous savez ce qui se passe derrière le capteur, reste la question la plus concrète : avec quel matériel allez-vous mettre tout cela en pratique ?

En bref – Qu'est-ce qu'une image infrarouge et pourquoi l'essayer dans la nature

En bref

  • La photographie infrarouge capte une lumière invisible à l’œil nu, située juste au-delà du rouge dans le spectre lumineux
  • Les feuilles et l’herbe virent au blanc éclatant car la chlorophylle réfléchit massivement le rayonnement infrarouge
  • Le ciel devient noir profond parce que la diffusion atmosphérique qui le rend bleu disparaît presque totalement en infrarouge
  • Les nuages blancs sur fond noir créent un contraste saisissant, signature visuelle de cette technique
  • Les forêts de feuillus, les prairies et les plans d’eau sont les sujets les plus gratifiants pour débuter
  • Commencez par un endroit connu : cela libère l’esprit pour se concentrer uniquement sur les nouveaux réglages
Chapitre 02

Quel appareil photo IR et quel filtre choisir pour débuter ?

Bonne nouvelle : vous n’avez pas besoin d’acheter un boîtier flambant neuf pour faire vos premières photos infrarouge.

Ce qui compte ici, c’est de comprendre les deux grandes approches qui existent, leurs avantages respectifs et leurs contraintes réelles sur le terrain.

On parle bien d’appareils à objectifs interchangeables, reflex ou hybrides, pas de petits compacts. La raison est simple : vous avez besoin de contrôler votre exposition manuellement, de visser un filtre sur votre objectif et de travailler sur trépied dans certains cas. Un appareil à objectif fixe vous bloquerait très vite.

Donc voilà les deux chemins qui s’offrent à vous.

Photographe naturaliste installant avec soin un filtre infrarouge sur son objectif Nikon lors d'une séance photo en plein air.

2.1

Le filtre photo infrarouge : la solution économique pour commencer

Le filtre photo infrarouge à visser, c’est le point d’entrée le plus accessible.

Le plus connu est le filtre Hoya R72, qui bloque pratiquement toute la lumière visible pour ne laisser passer que le rayonnement infrarouge à partir de 720 nanomètres. Son prix tourne autour de 80 à 130 euros selon le diamètre, ce qui est très raisonnable pour débuter.

Il faut savoir que ce filtre est presque opaque à l’œil nu. Quand vous le regardez à la lumière, il paraît quasiment noir, d’un bordeaux très sombre tout au plus. C’est normal. C’est justement ce qui fait son travail.

La conséquence directe, c’est que votre capteur reçoit très peu de lumière une fois le filtre en place. En plein soleil, vous aurez souvent besoin d’expositions de plusieurs secondes. Le trépied n’est donc pas une option, c’est une obligation.

Les points à retenir sur le filtre IR :

  • Budget abordable : entre 80 et 130 euros pour un filtre de qualité
  • Trépied indispensable : le temps de pose long rend toute photo à main levée floue
  • Compatible avec votre boîtier actuel : pas besoin d’un deuxième appareil
  • Télécommande ou retardateur conseillé : pour éviter tout bougé au déclenchement

Et maintenant le piège que j’ai vu commettre de nombreuses fois, et que j’ai moi-même failli commettre au départ.

Sur certaines plateformes, on trouve des filtres IR photo à moins de 15 euros, vendus sous des marques inconnues. Le résultat est souvent catastrophique : une dominante de couleur complètement incontrôlable, une transmission infrarouge irrégulière, des reflets parasites dans l’image. En fait, un mauvais filtre ne vous fera pas économiser de l’argent, il vous fera perdre du temps et vous découragera.

Restez sur des marques reconnues : Hoya, B+W, Kolari. Ce sont les références du marché, et la différence de qualité est immédiatement visible sur vos images.

Illustration pédagogique comparant deux approches de la photographie infrarouge : l'utilisation d'un filtre vissant Hoya R72 sur trépied et un boîtier photo modifié pour la prise de vue à main levée.

2.2

L’appareil photo IR modifié : le confort absolu sur le terrain

La deuxième approche, c’est la modification d’un boîtier.

Rappelez-vous ce que j’expliquais plus tôt : les fabricants placent un filtre devant le capteur pour bloquer la lumière infrarouge. Eh bien, un technicien spécialisé peut tout simplement retirer ce filtre et le remplacer par un filtre infrarouge permanent.

Résultat : votre appareil photo IR voit désormais en infrarouge en permanence, comme si le filtre était toujours en place, mais sans les contraintes de temps de pose. Le capteur reçoit suffisamment de lumière pour photographier à main levée, avec des vitesses d’obturation normales. Vous travaillez exactement comme vous en avez l’habitude.

Le meilleur point de départ ? Ce vieux reflex numérique qui dort dans un tiroir depuis que vous avez changé de boîtier.

Un Canon 350D, un Nikon D70, un Sony A6000 d’occasion… Ces boîtiers se trouvent pour 50 à 150 euros sur les sites de revente. La modification coûte ensuite entre 200 et 400 euros chez un spécialiste, selon le modèle et le type de filtre installé. Au total, vous obtenez un appareil photo IR dédié pour moins de 500 euros, souvent moins.

En France, quelques techniciens proposent ce service sérieusement. Prenez le temps de vérifier les avis et les exemples de modifications réalisées avant de confier votre boîtier.

L’avantage est énorme sur le terrain : plus de trépied obligatoire, plus d’attente, vous vous déplacez librement, vous pouvez suivre la lumière qui évolue, changer d’angle rapidement. Pour photographier la nature vivante, c’est un confort incomparable.

Photographe de nature examinant un problème de hotspot (tache lumineuse) sur l'écran de son appareil photo lors d'un test de photographie infrarouge en forêt.

2.3

Attention à l’objectif : le piège du point chaud en IR photo

Voilà un problème que personne ne vous prédit au départ, et qui peut gâcher une sortie entière.

Certains objectifs produisent ce qu’on appelle un hotspot en IR photo, ou “point chaud” en français : une tache lumineuse, circulaire, qui apparaît au centre de l’image. Elle est plus claire que le reste de la photo, parfois légèrement colorée. Elle est visible surtout quand on ferme le diaphragme, à f/8 ou f/11 par exemple.

D’où vient ce défaut ?

Les traitements anti-reflets appliqués sur les lentilles de certains objectifs réfléchissent la lumière infrarouge de façon non uniforme. Le rayonnement rebondit à l’intérieur de l’objectif et se concentre au centre du capteur. Ce n’est pas lié au boîtier mais à l’objectif lui-même. Et malheureusement, ce n’est pas visible du tout en lumière normale.

La bonne nouvelle, c’est que ce problème est bien documenté et que des listes d’objectifs testés circulent en ligne.

Avant votre première sortie, je vous recommande de :

  • Consulter le site Kolari Vision ou des forums spécialisés comme Clubic ou le forum Hoodman, qui recensent les objectifs compatibles ou problématiques
  • Faire un test simple chez vous : visez un mur blanc uni avec votre filtre en place, à différentes ouvertures, et regardez si une tache centrale apparaît
  • Préférer les grandes ouvertures (f/4, f/5.6) qui minimisent souvent le hotspot sur les objectifs un peu sensibles

De manière générale, les objectifs grand angle fixes et les zooms standards des années 2000 sont souvent les plus problématiques. Les optiques récentes, conçues pour des capteurs à haute résolution, s’en sortent mieux.

Schéma pédagogique expliquant le phénomène de point chaud (hotspot) en photographie infrarouge avec comparaison entre un objectif compatible et un objectif problématique.

Pour résumer le choix du matériel de façon simple :

  • Budget serré et envie de tester avant d’investir : partez sur un filtre Hoya R72 de qualité et un trépied solide bien équipé
  • Vieux boîtier disponible et envie d’un outil dédié : faites-le modifier, vous ne regretterez pas la liberté de mouvement que cela apporte
  • Dans tous les cas : testez votre objectif contre le hotspot avant la première vraie sortie

Le matériel est maintenant entre vos mains.

Mais posséder le bon équipement ne suffit pas : sur le terrain, il y a quelques gestes précis à adopter, et surtout une erreur très courante qui ruine les images de quasiment tous les débutants lors de leur première sortie.

En bref – Quel appareil photo IR et quel filtre choisir pour débuter

En bref

  • Pas besoin d’un boîtier neuf : votre reflex ou hybride actuel suffit pour démarrer en infrarouge.
  • Le filtre IR à visser (Hoya R72, B+W, Kolari) est la porte d’entrée la moins chère : comptez 80 à 130 euros selon le diamètre.
  • Avec un filtre IR, le trépied est obligatoire : les temps de pose se comptent en secondes, même en plein soleil.
  • La modification de boîtier offre une liberté totale sur le terrain : photo à main levée, réactivité, zéro contrainte de pose longue.
  • Un vieux reflex d’occasion à 100 euros modifié pour 300 euros donne un outil IR dédié pour moins de 500 euros au total.
  • Certains objectifs produisent un hotspot, une tache lumineuse centrale visible surtout à f/8 ou f/11 : testez le vôtre chez vous avant de sortir.
  • Les filtres IR à moins de 15 euros vendus en ligne sont à éviter : dominantes incontrôlables, reflets parasites, résultats inutilisables.
Chapitre 03

Sur le terrain : les réglages pour réussir sa photo infrarouge

Vous avez votre matériel.

Le filtre est vissé sur l’objectif, ou le boîtier modifié est dans le sac. Vous êtes dehors, le soleil tape, les arbres sont là devant vous.

Et maintenant ?

C’est exactement à ce moment-là que se jouent les vraies premières photos infrarouge réussies. Pas au moment de l’achat du matériel, pas devant l’ordinateur en retouche. Sur le terrain, dans les cinq premières minutes, avec les bons gestes ou les mauvais.

Je me souviens de ma toute première sortie avec un filtre IR. J’avais vissé le filtre avec enthousiasme, cadré un beau chêne, déclenché. L’image était là sur l’écran, mais floue. Pas légèrement floue : complètement inutilisable. J’ai recommencé. Encore floue. J’ai passé une heure à ne rien comprendre avant de réaliser ce que j’avais fait de travers.

Je vais vous éviter de perdre cette heure-là.

Photographie infrarouge d'une forêt française avec des arbres au feuillage blanc lumineux contrastant sur un ciel noir profond.

3.1

La règle d’or de la mise au point avec un filtre IR photo

Voici l’erreur que quasiment tout le monde commet lors de la première sortie avec un filtre photo infrarouge.

On arrive face à son sujet. On visse le filtre sur l’objectif. On cadre. On fait la mise au point. Et on déclenche.

Résultat : l’image est floue. Systématiquement.

Pourquoi ?

Parce que le filtre IR est presque opaque. Une fois en place, l’autofocus ne reçoit plus assez de lumière pour travailler correctement. Sur de nombreux boîtiers, il cherche, décroche, ou pire, il croit avoir trouvé la mise au point alors qu’il s’est arrêté au hasard. La mise au point automatique est aveugle à travers un filtre IR.

La règle est donc absolue : cadrez et faites votre mise au point AVANT de visser le filtre.

Dans l’ordre, voilà comment ça se passe concrètement :

  • Choisissez votre cadrage et pointez l’objectif vers votre sujet
  • Faites la mise au point en autofocus sur l’élément qui vous intéresse
  • Basculez votre objectif en mise au point manuelle pour verrouiller la position — une technique qui s’avère utile bien au-delà de l’infrarouge, comme vous pouvez le découvrir dans notre guide sur les situations où passer en focus manuel
  • Vissez le filtre IR doucement, sans toucher à la bague de mise au point
  • Réglez votre exposition, puis déclenchez en utilisant le retardateur ou une télécommande

Ce passage en mise au point manuelle est la clé. Sans lui, même si vous avez fait la mise au point avant, la simple vibration du vissage peut suffire à relancer l’autofocus, qui se perd immédiatement dans l’obscurité du filtre.

Il faut savoir que sur un boîtier modifié, ce problème disparaît complètement : l’autofocus fonctionne normalement en pleine lumière, comme sur n’importe quelle photo. C’est l’un des avantages concrets de la modification que vous ressentirez dès la première image.

Infographie pédagogique en 4 étapes pour réussir la mise au point en photographie infrarouge avec un filtre vissant : cadrage, AF, bascule en MF et pose du filtre.

Un détail supplémentaire pour ceux qui utilisent un trépied : une fois le filtre en place et la mise au point verrouillée, attendez que le trépied soit parfaitement stabilisé avant de déclencher. La moindre vibration sur une pose de plusieurs secondes crée un flou de bougé qui ressemble à un problème de mise au point. On confond souvent les deux au départ.

Le retardateur deux secondes de votre boîtier suffit parfaitement à absorber la vibration du déclenchement.

3.2

L’importance du soleil au zénith pour des images infrarouge réussies

Voilà un paradoxe qui fait sourire tous ceux qui ont l’habitude de la photographie classique.

En photo de paysage traditionnelle, vous le savez sûrement, on fuit le soleil de midi comme la peste. La lumière est dure, plate, sans relief, les ombres sont courtes et disgracieuses. On sort à l’aube ou en fin d’après-midi, pour profiter de cette lumière rasante et chaude qu’on appelle l’heure dorée. Ceux qui souhaitent exploiter ce créneau lumineux en dehors de l’infrarouge trouveront d’ailleurs de précieux conseils pour photographier l’heure bleue avec les bons réglages.

En photographie infrarouge, c’est exactement l’inverse.

Le soleil haut dans le ciel, entre 11h et 15h en été, est votre meilleur allié. Et la raison est simple : c’est à ce moment que la lumière solaire est la plus riche en rayonnement infrarouge. L’épaisseur d’atmosphère traversée est minimale, le soleil tape fort, et les feuilles baignées dans cette lumière réfléchissent un maximum d’infrarouge. Les contrastes entre le feuillage blanc et le ciel sombre sont à leur maximum.

À l’heure dorée du matin ou du soir, la lumière traverse une couche d’atmosphère beaucoup plus épaisse. Une partie du rayonnement infrarouge est absorbée ou diffusée avant d’atteindre votre sujet. Le résultat est souvent plus terne, avec moins de contraste et moins de blanc dans les feuillages.

En clair : vos sorties infrarouge idéales se font quand les autres photographes rentrent déjeuner.

Photographe naturaliste tenant un appareil photo hybride avec un filtre infrarouge vissant, préparant ses réglages dans une prairie en plein soleil.

Ce renversement des habitudes est aussi très pratique d’un point de vue personnel. Plus besoin de se lever à 5h du matin pour attraper la lumière. Une belle promenade après le repas de midi, entre 13h et 15h, avec un ciel partiellement nuageux et du soleil, c’est la condition idéale pour rapporter de belles images infrarouges.

Quelques points à garder en tête sur la lumière idéale en infrarouge :

  • Plein été : c’est la saison reine, la chlorophylle est à son maximum d’activité, les feuilles réfléchissent un flot d’infrarouge
  • Ciel partiellement nuageux : les cumulus bien formés sur fond de ciel sombre donnent les compositions les plus dramatiques
  • Évitez les jours couverts uniformément : sans soleil direct, les feuilles reflètent moins d’infrarouge et l’effet blanc s’atténue nettement
  • Le printemps et l’automne fonctionnent aussi, mais avec un blanc moins intense et des nuances différentes selon l’état des feuilles

Un dernier mot sur l’exposition elle-même.

Si vous débutez avec un filtre, partez d’une base ISO 400, ouverture f/5.6, et laissez la mesure d’exposition de votre boîtier travailler. Vérifiez l’histogramme après chaque prise et ajustez. Sur un boîtier modifié, réglez votre balance des blancs personnalisée en visant une zone de feuillage vert, ce qui simplifiera grandement votre retouche par la suite.

Infographie comparative des conditions de lumière : heure dorée pour la photo classique versus soleil de midi pour la photographie infrarouge avec réflexion de la chlorophylle.

Vous voilà avec des images sur la carte mémoire. Des images qui ressortent entièrement rouges à l’écran, avec une dominante bordeaux que vous n’attendiez pas.

Ne vous inquiétez pas : c’est exactement ce qui est censé se passer, et transformer ces fichiers rouges en paysages oniriques aux arbres blancs est beaucoup plus simple qu’il n’y paraît.

En bref : les réglages sur le terrain pour réussir sa photo infrarouge

En bref

  • Avec un filtre IR vissé sur l’objectif, l’autofocus est aveugle : faites toujours la mise au point AVANT de visser le filtre.
  • Une fois la mise au point faite, basculez en mise au point manuelle pour verrouiller la position avant de visser.
  • Utilisez le retardateur 2 secondes pour éviter le flou de bougé au déclenchement.
  • Sur un boîtier modifié, ce problème de mise au point disparaît complètement.
  • En infrarouge, le meilleur moment pour sortir est entre 11h et 15h, quand le soleil est au zénith.
  • Le plein été reste la saison idéale : la chlorophylle est au maximum et les feuilles réfléchissent un flot d’infrarouge.
  • Évitez les jours couverts uniformément : sans soleil direct, l’effet blanc s’atténue nettement.
  • Pour débuter avec un filtre, partez sur ISO 400 et f/5.6, puis ajustez en contrôlant l’histogramme.
  • Les fichiers ressortent entièrement rouges à l’écran : c’est normal, la retouche s’occupe du reste.
Chapitre 04

La retouche photo infrarouge expliquée pas à pas

Vous êtes rentré de sortie. Vous transférez vos fichiers sur l’ordinateur. Et là, premier choc : toutes vos images sont d’un rouge profond, presque bordeaux, sans le moindre signe de ces beaux arbres blancs que vous espériez.

Respirez.

C’est exactement comme ça que doit ressembler un fichier brut sorti d’une prise de vue en photographie infrarouge. Ce n’est pas une erreur de réglage, ce n’est pas un problème de filtre. C’est simplement la réalité physique de ce que votre capteur a enregistré.

Rappelez-vous : le capteur a enregistré massivement le canal rouge, qui est le plus proche de l’infrarouge dans le spectre visible. Les feuilles, qui réfléchissent une quantité énorme de lumière infrarouge, saturent ce canal rouge. D’où cette dominante qui envahit toute l’image.

Le paysage onirique est là, caché sous cette couche rouge. Il suffit de deux manipulations simples pour le révéler.

Et je dis bien simples. Pas besoin d’être graphiste, pas besoin de maîtriser Photoshop sur le bout des doigts. Ces deux étapes se font en moins de cinq minutes une fois qu’on les a comprises.

Infographie montrant les 3 étapes de la retouche en photographie infrarouge : fichier brut rouge, correction de la balance des blancs et résultat final après échange des canaux.

4.1

Régler la balance des blancs pour enlever le voile rouge sur votre image infrarouge

La première étape, c’est de corriger la balance des blancs.

Pourquoi fait-on ça en premier ? Parce que c’est ce réglage qui va neutraliser la dominante rouge globale et remettre les tons dans un état plus naturel, prêt pour la manipulation suivante.

En fait, pensez à ça comme à la mise au point d’un télescope avant d’observer les étoiles. Sans cette étape préalable, tout ce que vous ferez ensuite sera faussé.

Voilà comment procéder dans Lightroom, Camera Raw ou n’importe quel logiciel équivalent :

  • Ouvrez votre fichier RAW dans votre logiciel de retouche
  • Cherchez l’outil de balance des blancs, souvent représenté par une pipette ou un compte-gouttes
  • Cliquez directement sur une zone de feuillage dans votre image, pas sur le ciel, pas sur un tronc d’arbre : sur les feuilles elles-mêmes
  • Le logiciel considère alors que cette zone doit être neutre, et il recalcule toute la balance des couleurs en conséquence

Ce qui se passe à l’écran est immédiat et franchement spectaculaire pour une manipulation aussi simple.

La dominante rouge disparaît d’un coup. L’image vire vers des tons beiges, marrons chauds, avec un ciel qui commence à prendre des couleurs bleutées. Le feuillage prend des teintes ocre ou crème. Ce n’est pas encore le résultat final, mais on est loin du rouge de départ.

Il faut savoir que si vous cliquez sur plusieurs zones différentes du feuillage, vous obtiendrez des résultats légèrement différents. C’est normal. Il n’y a pas une seule bonne réponse ici. Choisissez le clic qui vous donne les tons les plus équilibrés, généralement une zone de feuilles à mi-chemin entre l’ombre et la lumière directe, ni trop sombre ni surexposée.

Si vous utilisez Photoshop en mode JPEG ou TIFF plutôt qu’en RAW, l’outil équivalent se trouve dans Image > Réglages > Balance des couleurs ou Teinte/Saturation. Le principe reste identique : on cherche à neutraliser la dominante rouge globale en se basant sur les zones de végétation. Pour aller plus loin sur la cohérence des couleurs entre Lightroom et Photoshop, un article dédié vous explique comment éviter les décalages de rendu lors du passage d’un logiciel à l’autre.

Photographie infrarouge d'un paysage avec des arbres au feuillage blanc éclatant et un ciel sombre contrasté, illustrant l'effet Wood.

Une fois cette étape réalisée, votre image ressemble à une photo sépia chaleureuse, avec des feuilles beiges et un ciel aux teintes légèrement rosées ou orangées selon les cas.

C’est déjà beau. Mais ce n’est pas encore le rendu infrarouge classique que tout le monde recherche, celui avec le ciel bleu profond et le feuillage blanc ou jaune pâle.

Pour ça, il y a une deuxième manipulation, un peu plus technique en apparence, mais tout aussi simple une fois qu’on a compris ce qu’on fait et pourquoi.

4.2

Le mélangeur de couches pour retrouver un ciel bleu sur vos photos infrarouge

Voici la manipulation que tout le monde appelle “le channel swap”, l’échange de canaux, ou plus simplement l’inversion rouge-bleu.

Je vais d’abord vous expliquer pourquoi on fait ça, parce que comprendre le principe vous évitera de faire l’opération en aveugle, et vous permettra d’adapter le résultat à votre goût.

Après la correction de balance des blancs, votre image a des tons beige-orangés dans les feuilles et des tons légèrement bleutés ou neutres dans le ciel. En réalité, dans les données brutes de l’image, le canal rouge contient encore beaucoup d’information sur la végétation (qui réfléchissait fortement l’infrarouge), et le canal bleu contient surtout l’information du ciel.

En échangeant les informations du canal rouge et du canal bleu, on force l’image à redonner au ciel sa couleur bleue et aux feuilles leur couleur claire.

C’est une astuce purement informatique qui exploite la façon dont l’infrarouge a distribué la lumière dans les canaux de couleur. Et le résultat est immédiatement celui qu’on attend.

Voilà comment faire cette retouche photo infrarouge dans Photoshop, étape par étape :

  • Allez dans Image > Réglages > Mélangeur de couches (ou “Channel Mixer” en anglais)
  • Dans le menu déroulant “Couche de sortie”, sélectionnez Rouge
  • Réglez le curseur Rouge à 0% et le curseur Bleu à +100%
  • Revenez au menu déroulant et sélectionnez maintenant Bleu
  • Réglez le curseur Bleu à 0% et le curseur Rouge à +100%
  • Validez. Regardez l’écran.

Le résultat apparaît instantanément : le ciel devient bleu, parfois d’un bleu intense et saturé, et le feuillage vire au blanc crémeux ou au jaune pâle selon les zones.

C’est exactement le rendu qu’on recherche en photographie infrarouge.

Paysage en photographie infrarouge montrant des arbres au feuillage blanc immaculé contrastant avec un ciel noir profond, illustrant l'effet Wood.

Une précision importante : les valeurs que je viens de vous donner, Rouge à 0 et Bleu à 100 pour la couche rouge, puis l’inverse pour la couche bleue, ce sont les valeurs de base pour un échange parfait à 100%.

En pratique, vous pouvez affiner.

Si le ciel vous semble trop bleu ou trop saturé, vous pouvez jouer légèrement sur les valeurs. Par exemple, mettre Rouge à 10% et Bleu à 90% pour la couche rouge donne un résultat un peu plus doux. Il n’y a pas de règle absolue, c’est une question de goût et de l’ambiance que vous souhaitez donner à votre image.

Et si vous utilisez Lightroom seul, sans passer par Photoshop, sachez que le mélangeur de couches n’existe pas directement dans ce logiciel. Il faudra soit exporter vers Photoshop pour cette étape spécifique, soit utiliser le module TSL (Teinte, Saturation, Luminance) pour approcher un résultat similaire, bien que moins précis.

Paysage capturé en photographie infrarouge montrant des arbres au feuillage blanc éclatant et un ciel sombre contrasté, illustrant l'effet Woodie.

Une fois l’échange de canaux réalisé, vous pouvez affiner librement.

Quelques ajustements qui complètent souvent bien cette base :

  • Augmenter légèrement le contraste : les images infrarouges ont souvent un voile général, un peu de contraste resserré donne plus de punch
  • Désaturer légèrement l’image globale : cela donne un rendu plus doux et plus onirique, en évitant les couleurs trop criardes sur le ciel
  • Convertir en noir et blanc : si le rendu couleur ne vous convainc pas, la conversion en niveaux de gris donne des paysages d’une beauté intemporelle, avec des blancs lumineux et des noirs profonds

Cette dernière option, le noir et blanc, est d’ailleurs souvent celle qui séduit le plus au départ. Elle est plus simple à gérer, plus facile à rendre belle, et elle met parfaitement en valeur le contraste entre les feuilles claires et le ciel sombre qui est la signature de l’image infrarouge. Pour vous donner une idée concrète de ce que cette étape de développement peut apporter, jetez un œil à ces exemples de photos avant et après retouche.

En résumé, deux étapes suffisent pour aller d’un fichier rouge illisible à un paysage onirique :

  • Étape 1 : pipette de balance des blancs cliquée sur une zone de feuillage, pour neutraliser la dominante rouge
  • Étape 2 : mélangeur de couches avec Rouge output = 0% Rouge + 100% Bleu, et Bleu output = 100% Rouge + 0% Bleu, pour retrouver un ciel bleu et un feuillage clair

Voilà. C’est tout.

Après quelques essais, cette séquence deviendra un réflexe de cinq minutes à peine. Et chaque image rouge sortie du boîtier ne vous fera plus peur du tout, elle sera simplement un point de départ.

En bref – La retouche photo infrarouge expliquée pas à pas

En bref

  • Un fichier rouge à la sortie de l’appareil est tout à fait normal en infrarouge : le capteur a saturé le canal rouge.
  • Étape 1 : utilisez la pipette de balance des blancs et cliquez sur une zone de feuillage pour neutraliser la dominante rouge.
  • Après cette première étape, l’image prend des tons beiges et marrons chauds : c’est normal et attendu.
  • Étape 2 : dans le Mélangeur de couches de Photoshop, pour la couche Rouge mettez Rouge à 0% et Bleu à +100%, puis pour la couche Bleue mettez Bleu à 0% et Rouge à +100%.
  • Cet échange de canaux rouge et bleu transforme instantanément le ciel en bleu et les feuilles en blanc ou jaune pâle.
  • Les valeurs peuvent être affinées selon votre goût : un échange à 90/10 au lieu de 100/0 donne un rendu plus doux.
  • La conversion en noir et blanc reste l’option la plus simple et souvent la plus spectaculaire pour vos premiers essais.
  • Toute la retouche infrarouge de base se fait en moins de cinq minutes une fois ces deux gestes assimilés.

Vous savez maintenant tout ce qu’il faut pour ramener de belles images infrarouges de vos sorties. Mais il reste un terrain que beaucoup de photographes naturalistes n’ont jamais osé explorer avec cette technique, et qui réserve pourtant des surprises absolument saisissantes.

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Avis final

Le regard qui change avant le déclic

Et une fois que ces gestes sont vraiment ancrés, quelque chose d’amusant se produit sur le terrain.

Vous commencez à regarder la nature différemment, même sans appareil dans les mains. Un chêne au bord d’une route, une prairie sous le soleil de juillet, un cumulus bien blanc sur fond de ciel bleu : vous voyez déjà l’image infrarouge avant de l’avoir faite. Et c’est ça, le vrai cadeau de cette technique.

Un dernier conseil avant de vous lancer : pensez à faire une photo test en début de chaque sortie, sur un feuillage bien éclairé, pour calibrer votre exposition. N’hésitez vraiment pas à le faire, car ça vous évitera de rentrer avec une série entière sur- ou sous-exposée.

Donc, je suis sincèrement curieux de savoir où vous en êtes dans votre réflexion. Dites-moi en commentaire juste en dessous : seriez-vous prêt à sacrifier un vieil appareil photo pour le faire modifier, ou préférez-vous la patience du trépied avec le fameux filtre à visser ? Je lis toutes vos réponses avec plaisir.

Je vous souhaite de très belles photos et je vous dis à bientôt pour un nouvel article.

Adrien.

FAQ

Vos questions sur la photographie infrarouge

Comment faire des photos en infrarouge ?

Pour faire de la photographie infrarouge, vous avez besoin d’un reflex ou d’un hybride à objectifs interchangeables, complété soit d’un filtre photo infrarouge à visser (comme le Hoya R72), soit d’un boîtier modifié par un spécialiste. Sur le terrain, faites votre mise au point avant de visser le filtre, utilisez un trépied, et déclenchchez avec le retardateur. En retouche, une correction de balance des blancs suivie d’un échange des canaux rouge et bleu suffit à obtenir le rendu onirique attendu.

Qu’est-ce qu’un filtre infrarouge ?

Un filtre photo infrarouge est une vitre optique, presque opaque à l’œil nu, qui se visse devant l’objectif et bloque la quasi-totalité de la lumière visible. Il ne laisse passer que le rayonnement infrarouge, invisible à l’œil humain, que le capteur de l’appareil photo peut capter. Le modèle de référence pour débuter est le Hoya R72, qui filtre à partir de 720 nanomètres.

Quel filtre infrarouge choisir pour débuter ?

Pour vos premières photos infrarouge, choisissez un filtre de marque reconnue : Hoya R72, B+W 093 ou Kolari Vision. Comptez entre 80 et 130 euros selon le diamètre de votre objectif. Évitez absolument les filtres IR vendus à moins de 15 euros sur les plateformes génériques : les dominantes de couleur incontrôlables et les reflets parasites rendent les images pratiquement inutilisables.

Quel appareil photo choisir pour l’infrarouge ?

Tout reflex ou hybride à objectifs interchangeables peut convenir pour la photo infrarouge, dès lors qu’il permet un contrôle manuel de l’exposition. Si vous débutez, utilisez votre boîtier actuel avec un filtre IR. Si vous souhaitez un appareil photo IR dédié, rachetez un vieux boîtier d’occasion (Canon, Nikon, Sony) et faites-le modifier par un spécialiste : vous obtiendrez un outil très confortable pour moins de 500 euros au total.

Comment on peut voir l’infrarouge ?

L’œil humain ne peut pas voir la lumière infrarouge, elle se situe juste au-delà du rouge dans le spectre lumineux. En revanche, le capteur d’un appareil photo numérique y est naturellement sensible. Les fabricants placent un filtre anti-infrarouge devant ce capteur pour bloquer ce rayonnement. La photographie infrarouge consiste précisément à contourner ce blocage, avec un filtre vissant ou un boîtier modifié, pour que l’appareil enregistre ce que nos yeux ne voient pas.

Pourquoi les feuilles deviennent-elles blanches sur une image infrarouge ?

La chlorophylle contenue dans les feuilles réfléchit massivement le rayonnement infrarouge. Le capteur de l’appareil reçoit un signal très intense en provenance de chaque feuille et de chaque brin d’herbe, qu’il enregistre comme extrêmement lumineux. Sur l’image infrarouge finale, cette intensité se traduit par un blanc éclatant, comme une première neige en plein été.

Comment retoucher une photo infrarouge ?

La retouche photo infrarouge se fait en deux étapes principales. D’abord, utilisez la pipette de balance des blancs de votre logiciel et cliquez sur une zone de feuillage pour neutraliser la dominante rouge. Ensuite, dans le Mélangeur de couches de Photoshop, échangez les canaux rouge et bleu (Rouge output : Rouge 0%, Bleu 100% ; Bleu output : Bleu 0%, Rouge 100%). Le ciel redevient bleu, le feuillage vire au blanc ou au jaune pâle. Toute la séquence prend moins de cinq minutes.

Peut-on faire des portraits en infrarouge ?

Le portrait infrarouge est techniquement possible mais demande de la maîtrise. Le rendu sur la peau est déroutant au départ : le teint devient très lisse, presque fantomatique, et les veines sous-cutanées peuvent apparaître. C’est un style photographique qui s’assume pleinement. Pour débuter, il vaut mieux se concentrer sur les paysages de nature, les forêts de feuillus et les prairies, qui donnent des résultats spectaculaires et gratifiants dès les premières sorties.

Peut-on faire des photos infrarouge avec un smartphone ?

La plupart des smartphones intègrent un capteur infrarouge très limité, principalement utilisé pour la mise au point ou la reconnaissance faciale, pas pour la photographie au sens créatif du terme. Certains modèles haut de gamme disposent d’un capteur thermique ou d’un mode nuit étendu, mais le résultat n’a rien à voir avec une véritable ir photo obtenue avec un filtre ou un boîtier modifié. Pour obtenir l’effet onirique des arbres blancs et du ciel noir, un reflex ou un hybride reste indispensable.

Quel est le meilleur appareil photo pour des photos de nuit ou en basse lumière ?

La photographie infrarouge fonctionne à l’opposé de la photo de nuit : elle a besoin d’un soleil fort, idéalement entre 11h et 15h. Pour la photographie nocturne au sens classique, les boîtiers les plus performants sont ceux à grand capteur plein format avec une bonne gestion des hautes sensibilités ISO, comme les Sony A7 III/IV, Nikon Z6 III ou Canon EOS R6. Ces mêmes boîtiers peuvent d’ailleurs être modifiés pour l’infrarouge si vous souhaitez un appareil photo IR dédié de très haut niveau.

Qu’est-ce que le hotspot en photo infrarouge ?

Le hotspot, ou point chaud, est une tache lumineuse circulaire qui apparaît au centre de certaines images IR, visible surtout aux petites ouvertures comme f/8 ou f/11. Ce phénomène vient du traitement anti-reflets des lentilles de certains objectifs, qui réfléchissent la lumière infrarouge de façon non uniforme vers le capteur. Pour éviter ce problème, testez votre objectif chez vous avant la première sortie en visant un mur blanc avec le filtre en place, et consultez les listes d’objectifs compatibles disponibles sur des sites spécialisés comme Kolari Vision.

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Adrien Coquelle

Qui est l'auteur

Adrien Coquelle

Photographe animalier professionnel

Photographe animalier professionnel depuis 2016, je parcours la Savoie à la recherche d'ambiances particulières, pour immortaliser les animaux emblématiques des Alpes.

Je forme également tous les mois de nombreux photographes voulant progresser rapidement en photo animalière et de nature grâce à mes stages et formations.

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