Comprendre le virage partiel et donner un aspect créatif à vos photos

Connaissez-vous le virage partiel ? Cette option, très peu connue des débutants, passe souvent inaperçue et est pourtant un outil créatif extrêmement intéressant. Elle permet en effet de modifier les couleurs et l’ambiance de vos photos. Pourquoi ne pas utiliser simplement les outils de teinte et de saturation normaux ? Car le virage partiel permet d’obtenir une subtilité incomparable et de travailler plus finement, comme vous allez le constater dans cet article. 

 

Un virage partiel subtil a été appliqué sur cette photo.

 

L’histoire du virage partiel

Le virage partiel est aussi vieux que la photographie. Il était en effet très utilisé du temps de l’argentique, pour changer la couleur des photos en noir et blanc.

Des produits chimiques colorés étaient utilisés par les photographes pendant la phase de développement en chambre noire. Ces additifs permettaient ainsi d’obtenir des teintes très particulières : c’est notamment ainsi qu’est né le fameux sépia, entre autres.

Passé de mode et considéré rapidement comme kitsch, le virage partiel connaît depuis quelques années un succès phénoménal, grâce notamment aux filtres des applications mobiles tel que Instagram et ses effets vintages.

 

Virage partiel
L’outil se trouve dans la colonne de droite dans Lightroom

 

Comment fonctionne le virage partiel

Le principe du virage partiel numérique est très simple à comprendre : l’objectif est de donner séparément une teinte aux ombres et une autre aux hautes lumières.

Cette séparation, qui pourrait vous sembler insignifiante, permet néanmoins d’ajouter une touche créative non-négligeable et de gérer au mieux l’aspect visuel de vos images. Même s’il n’est pas indispensable, tout bon photographe devrait savoir s’en servir, car il vaut mieux avoir plusieurs outils à sa disposition qu’un seul.

Dans Lightroom, vous pouvez y accéder grâce à l’onglet “virage partiel” qui se trouve dans la colonne de droite par défaut. Son utilisation est extrêmement simple et facile à comprendre, car seulement 5 options sont disponibles :

  • Teinte des hautes lumières
  • Saturation des hautes lumières
  • Teinte des ombres
  • Saturation des ombres
  • Balance

 

La saturation contrôle la “quantité” de teinte à appliquer. Plus vous serez saturé, plus votre image se retrouvera teintée par la couleur choisie. Attention donc de ne pas trop en abuser, car cela peut rapidement devenir kitsch et donner des effets complètement surréalistes.

La balance est une option un peu plus compliquée à comprendre mais très intéressante à utiliser. Elle vous permet de définir exactement quels niveaux de luminosité sont considérés comme des hautes lumières ou comme des ombres. Plus vous déplacez le curseur vers la gauche, plus la totalité de l’image sera considérée comme “sombre”, ce qui entraîne par conséquence une teinte beaucoup plus prononcée par la couleur choisie pour les ombres.

Si vous déplacez le curseur vers la droite, c’est le contraire et ce sera la couleur choisie pour les hautes lumières qui ressortira le plus. Voici un exemple assez parlant.

 

Virage partiel balance

 

Pour donner une ambiance un peu plus dorée à ma photo, j’ai décidé d’ajouter une teinte orangée à mes hautes lumières et de ne pas teinter les ombres (les deux curseurs sont à zéro comme vous pouvez le constater sur l’image n°2).

Sur l’image n°3, j’ai volontairement déplacé le curseur de la balance à +100, du coup Lightroom interprète l’ensemble de l’image comme des hautes lumières. La conséquence est donc que même les parties sombres, en bas à gauche de la photo, se retrouvent teintées de orange, alors que les curseurs des ombres sont toujours à zéro.

Comme vous pouvez le constater, le curseur de la balance permet donc d’avoir beaucoup plus de précision dans le traitement de votre image.

 

nuancier couleur
Cliquez sur le petit carré entouré de rouge pour faire apparaître un nuancier offrant beaucoup plus de précision

 

Exemple concret du virage partiel : comment raviver les couleurs

N’avez vous jamais eu cette frustration de vous apercevoir que la photo que vous obtenez ne représente pas du tout la réalité ? Cette situation arrive très fréquemment et est très perturbante pour le débutant, qui ne comprend pas pourquoi il n’arrive pas à obtenir ce qu’il voit.

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Voici un cas concret très fréquent : vous êtes posé au bord d’une rivière, un soir d’été, et vous assistez à un magnifique coucher de soleil. Aujourd’hui, Dame Nature est très généreuse avec vous et vous offre un spectacle flamboyant, avec un ciel en feu et des nuages teintés d’un magnifique rose.

Très naturellement vous sortez votre appareil pour immortaliser ce moment unique et vous déclenchez. CLIC !

 

 

Quelle déception ! Bien que jolie, vous constatez que cette photo ne reflète pas vraiment ce que vous ressentez. Les couleurs sont en effet un peu fades, peu flatteuses…

Malgré plusieurs essais, rien n’y fait, vous n’arrivez pas à obtenir ce que vous désirez. Ici vous n’aurez pas le choix, il va falloir passer par la post-production, et un bon moyen de révéler toutes ces belles couleurs est… le virage partiel. 

En rajoutant une teinte orangée dans les hautes lumières et une teinte bleutée dans les ombres, vous recréez l’ambiance du moment et raviverez les couleurs naturelles observées ce soir là.

 

CQFD

 

Comment trouver de bonnes associations pour le virage partiel

L’association la plus utilisée est indéniablement le jaune/orange pour les hautes lumières et le bleu pour les ombres, comme nous venons de le voir dans cet exemple.

En effet, ce duo fonctionne très bien et permet d’obtenir un contraste chaud/froid  très intéressant. Assez réaliste, son utilisation ne choque pas la personne qui regarde la photo, car dans la réalité les ombres ont tendance à être naturellement teintées de bleu, tandis que la lumière du soleil est par nature orangée.

Néanmoins, réduire le virage partiel à ce seul duo serait vraiment dommage, tant les possibilités créatives sont infinies. Un bon moyen de trouver des couleurs qui fonctionnent ensemble est d’utiliser les couleurs complémentaires.

 

Son principe est très simple : choisissez une couleur dans la roue chromatique et la couleur qui ira (théoriquement) le mieux avec elle se trouve à son opposé. Notez que l’on retrouve bien l’association orange-bleu dont nous venons de parler.

Mais rien n’empêche de suivre cette règle ! N’hésitez pas à expérimenter chez vous des associations improbables : ne mettez de la couleur que dans les ombres (ou dans les hautes lumières), tentez un noir et blanc teinté de rose, essayez de recréer un beau sépia, etc… La seule limite qui existe est votre imagination.

Mais encore une fois, attention de ne pas trop forcer la saturation des couleurs si vous ne voulez pas tomber dans le mauvais goût. Le virage partiel peut en effet rapidement devenir très kitsch si vous le poussez trop.

Bref, amusez vous, mais dans la modération !

 

Virage partiel
Les effets sont volontairement forcés pour vous montrer les possibilités qui s’offrent à vous. Je vous invite bien évidemment à être plus subtil chez vous.

 

Astuce finale

Comme je viens de vous l’expliquer, le virage partiel est à utiliser avec parcimonie. Ma règle est donc de toujours utiliser des valeurs de saturation assez petites, sauf cas extrême.

Mais il faut avouer que parfois cela n’est pas suffisant pour se rendre vraiment compte de la teinte donnée à l’image…

Pour bien apercevoir temporairement la couleur appliquée, maintenez simplement la touche ALT enfoncée (Option sur mac) et déplacez la pipette dans le nuancier de couleurs. Cette astuce permet de prévisualiser la couleur choisie à 100% de saturation tant que vous maintenez la touche enfoncée.

Lorsque vous relâchez la touche ALT, la saturation choisie est appliquée automatiquement. C’est aussi simple que cela.

 

Un autre exemple de virage partiel subtil, avec une teinte magenta dans les ombres

 


 

J’espère que cet article vous a plu et vous a donné envie de vous essayer au virage partiel. N’hésitez pas à poser vos questions en commentaire, j’y répondrai avec plaisir 🙂

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de bonnes photos à tous.

  • Thomas Berteaux dit :

    Une astuce simple pour trouver les couleurs complémentaires :
    Une fois l’une des couleur choisie, prendre le chiffre indiqué en face de “teinte” et y ajouter ou soustraire 180 pour avoir la valeur de sa couleur complémentaire. Soustraire ou ajouter dépend de la valeur de départ, si 180, il faut soustraire (le chiffre obtenu doit toujours être entre 0 et 360).
    Par exemple, un orange “50” a pour complémentaire un bleu “230” (50+180).
    Explication : la teinte est exprimée en chiffres allant de 0 à 360. Ces chiffres font référence à la roue des couleurs utilisée pour illustrer cet article, ainsi un tour complet correspond à 360°. Les couleurs complémentaires se trouvant face à face, elles sont situées à 180° l’une de l’autre.