Test Canon R5 : mon avis terrain pour la photo animalière

par Adrien Coquelle

Article mis à jour le : 4 novembre 2026

Je viens de passer plusieurs mois avec le Canon EOS R5 en montagne et en sous-bois, en Savoie, du brame du cerf en automne aux affûts au lever du jour. Ce test Canon R5 est donc un banc d’essai de terrain, pas une fiche technique recopiée.

Après des années de reflex (un 7D Mark II, puis un 5D Mark IV), je connais les deux craintes qui freinent la plupart d’entre vous : la complexité des menus numériques et la peur de perdre la spontanéité au moment de déclencher. Je les ai eues aussi, hé oui !

Hé bien, après des centaines de photos prises avec le zoom RF 100-500mm et mes anciens objectifs EF montés sur bague d’adaptation, je peux vous dire que le capteur de 45 mégapixels, l’autofocus à détection de l’œil des animaux et la stabilisation mécanique du capteur tiennent leurs promesses. Mais le boîtier a aussi ses limites réelles : la batterie, les cartes CFexpress, le prix du Canon R5 une fois tout additionné.

Dans cet article, je vous donne mon avis franchement, sans jargon, et je vous aide aussi à trancher entre le R5, le R6 et le R5 Mark II selon votre pratique.

Canon EOS R5
Qualité des photos
Autofocus
Montée en iso
Capteur Plein format CMOS, 45 Mpx
Rafale Jusqu’à 20 im/s en électronique
Stabilisation Jusqu’à 8 vitesses de gain
LE CANON EOS R5 EN BREF :

Avec son capteur plein format de 45 millions de pixels, le Canon EOS R5 est selon moi l’un des boîtiers les plus impressionnants du marché pour la faune sauvage et le paysage.

Vous cherchez un autofocus qui ne décroche pas ?

Son suivi Dual Pixel CMOS AF II verrouille le regard des animaux avec une efficacité redoutable (notamment sur les oiseaux en vol), ce qui évite de gâcher une prise quand l’action démarre sans prévenir.

Vous profitez en plus d’une rafale silencieuse grimpant à 20 images par seconde et d’une stabilisation interne atteignant 8 vitesses, idéale pour déclencher à main levée en sous-bois très sombre.

Attention par contre, car des fichiers de 45 Mpx remplissent les cartes à toute vitesse : prévoyez de gros disques durs et une carte CFexpress rapide pour suivre la cadence.

Bref, un boîtier d’une précision chirurgicale si vous souhaitez recadrer largement vos images SANS sacrifier le moindre détail.

Chapitre 01

Prise en main et ergonomie : quitter le reflex sans perdre ses repères

Vous avez peur, comme moi avant l’achat, que ce boîtier hybride soit un concentré de boutons incompréhensible, impossible à dompter quand on a toujours photographié avec un reflex ?

Hé bien, laissez-moi vous rassurer dès la première prise en main, car Canon a fait les choses très bien sur ce point.

Sur la balance, le boîtier affiche 738 grammes avec la batterie et la carte. Si vous venez d’un 5D Mark IV comme moi, vous gagnez près de 150 grammes, et le boîtier en alliage de magnésium résiste aussi bien à la poussière qu’à l’humidité (je l’ai déjà pris sous une averse de montagne, il n’a pas bronché).

Mais le chiffre qui compte le plus, ce n’est pas le poids. C’est la poignée.

Elle est profonde, bien creusée, et vos doigts retombent exactement aux mêmes endroits que sur un reflex. Personnellement, j’ai eu le sentiment de retrouver un vieil ami dès les premières minutes, sans regarder mes mains une seule fois.

Concrètement sur le terrain : lors d’une montée de quatre heures vers un plateau de marmottes en Savoie, le Canon R5 et le RF 100-500mm portés en bandoulière ne m’ont pas tiré sur les cervicales, et la poignée soulage vraiment l’avant-bras quand on marche avec l’appareil à bout de bras. Avec mon ancien 5D Mark IV, je finais les sorties avec l’avant-bras en compote (et je ne suis pourtant pas le dernier à porter des sacs de farine).

Côté commandes, on retrouve le joystick sous le pouce droit, exactement là où il était sur les reflex, et trois molettes de contrôle direct : une pour l’ouverture, une pour la vitesse, une pour les ISO. Une fois ces trois molettes configurées à la maison, vous ne touchez plus jamais aux menus en forêt.

Appareil photo hybride Canon EOS R5 équipé d'un téléobjectif posé sur un piquet de clôture en bois en montagne.

Bref, la transition depuis un reflex se fait sans douleur, et c’était justement ma plus grande crainte à la sortie du Canon R5 en 2020.

1.1

Le viseur électronique OLED du Canon R5 : ne plus jamais quitter l’animal des yeux

Ici, il faut perdre une habitude de reflex, et c’est la meilleure nouvelle de ce test du Canon R5.

Le viseur OLED affiche 5,76 millions de points, avec une fréquence de rafraîchissement de 120 images par seconde. Concrètement, l’image est lumineuse, nette, et surtout extrêmement fluide quand vous suivez un oiseau en vol.

Mais le vrai bouleversement, c’est que ce que vous voyez dans le viseur est l’exposition réelle de votre photo finale, avant même de déclencher.

Je me souviens d’un stage au brame, l’automne dernier. Michel, 64 ans, venait d’acheter son R5 avec son ancien Canon EF 100-400mm f/4.5-5.6L IS II USM monté sur la bague d’adaptation EF-EOS R. À chaque passage d’un cerf sous les frondaisons sombres, il déclenchait, baissait l’appareil, vérifiait l’écran arrière, pestait contre l’exposition, et tournait une molette au hasard. Pendant ce temps, le cerf avançait de trois pas et disparaissait dans les fougères.

Je lui ai dit simplement : « Michel, garde l’œil collé au viseur. Si la scène est trop sombre dans l’œilleton, ta photo sera trop sombre. Tourne la molette jusqu’à ce que ce soit clair à tes yeux, et déclenche ! »

Cerf élaphe bramant dans une forêt alpine à l'aube, photographié lors du test du Canon R5 avec suivi autofocus animalier sur l'œil.

Depuis ce jour, il ne quitte plus l’œilleton des yeux. Hé oui, c’est aussi simple que ça !

L’écran arrière tactile de 3,15 pouces, orientable sur rotule, mérite aussi son paragraphe. En macro, posé à plat ventre dans l’herbe pour photographier une libellule au bord d’une mare, j’incline l’écran vers le haut et je cadre au ras du sol sans me tordre les cervicales comme un accordéon de torture. Avant, il fallait se contorsionner ou ramper plus bas encore.

Attention par contre à un détail qui fait gagner beaucoup de tranquillité : à l’extinction, le rideau d’obturation du R5 se ferme tout seul devant le capteur. Pourquoi est-ce important ? Car le capteur d’un hybride est exposé à découvert à chaque changement d’objectif, et la poussière adore s’y coller. Ce rideau fermé vous protège lors des changements d’optique sur le terrain, dans le vent, la boue, etc…

Boîtier hybride Canon R5 ouvert sur un sac à dos en forêt avec rideau d'obturateur protégeant le capteur
1.2

Autonomie de la batterie LP-E6NH : la vraie limite du R5 Canon en randonnée

Parlons maintenant du point noir, celui qui fait couler le plus d’encre sur les forums consacrés au Canon R5 depuis sa sortie.

L’autonomie, hé oui, est bien inférieure à celle d’un reflex. Les chiffres constructeur annoncent environ 320 photos au viseur, mais avec mon usage réel (viseur à 120 images par seconde, quelques vidéos, review des images), je constate entre 350 et 450 photos par charge. Un 5D Mark IV en faisait facilement le double.

C’est le prix à payer pour un viseur électronique aussi fin et fluide : il consomme comme un écran de téléphone en permanence.

Heureusement pour nous, quelques réglages simples permettent de tenir une journée complète de randonnée :

  • activez le mode éco dans les menus, il coupe le viseur dès que l’appareil se détache de l’œil ;
  • baissez la fréquence du viseur à 60 Hz pendant les temps d’attente à l’affût (à 120 Hz, vous ne verrez la différence que sur un sujet très rapide) ;
  • coupez le Bluetooth si vous n’utilisez pas l’application smartphone.
Infographie des réglages d'autonomie de la batterie du Canon R5 en photo animalière : mode éco, viseur 60 Hz et gain de déclenchements lors du test terrain.

Mon conseil de terrain, appris à mes dépens un matin de décembre à moins 10 degrés : glissez toujours deux batteries supplémentaires dans une poche intérieure, au contact de votre corps. Le froid hiver peut faire chuter une batterie LP-E6NH de moitié en quelques heures d’affût, alors que la même batterie gardée au chaud dans votre veste tiendra toute la journée.

Petit bonus appréciable si vous venez du monde reflex : vos anciennes batteries LP-E6N restent compatibles avec le R5. Vous pouvez donc recycler celles de votre 5D ou de votre 7D en batteries de secours. Attention par contre, car avec une LP-E6N, la rafale maximale est bridée : vous perdez les 20 images par seconde en obturateur électronique. Pour un affût de mésanges à la maison d’hiver, c’est parfaitement anecdotique, mais pour un rapace en vol, ça change tout.

Bref, avec trois batteries bien gérées, l’autonomie cesse d’être un sujet, et le seul vrai regret qui me reste à l’usage concerne une fonction bien plus décisive pour la photo animalière : ce fameux autofocus qui accroche l’œil de l’animal à travers les branchages. Parce que c’est là que ce boîtier m’a vraiment fait sursauter…

En bref
  • L’exposition repose sur 3 réglages : vitesse, ouverture et ISO, qui agissent les uns sur les autres
  • En animalier, la vitesse d’obturation passe avant tout, car un animal qui bouge exige au minimum 1/1000s
  • Le mode manuel avec ISO automatiques est le compromis idéal pour réagir vite sans se tromper
  • Vérifiez l’histogramme et le clignotement des hautes lumières après chaque série de photos
  • Une photo légèrement sous-exposée se rattrape au développement, une photo cramée JAMAIS
Chapitre 02

Autofocus Dual Pixel II et rafale : le suivi animalier à l’épreuve du terrain

L’autofocus, c’est LE sujet qui m’a fait hésiter pendant des mois avant de quitter mon reflex. Et c’est aussi celui sur lequel ce boîtier m’a le plus surpris.

Vous vous souvenez de ces moments où tout se joue en deux secondes : un oiseau se pose enfin sur la branche espérée, vous appuyez à mi-course, et le collimateur décide de faire un tour dans les feuillages pendant que le sujet s’envole ? Eh oui, on a tous connu ça (et c’est ce genre de frustrante série qui m’avait poussé à écrire ce test du Canon R5).

Hé bien, avec le Dual Pixel CMOS AF II, cette époque est révolue.

Le système autofocus couvre 100 % de la surface du capteur, avec 5 940 zones sélectionnables. Concrètement, n’importe quel point du cadre peut servir à la mise au point, du bord de l’image au centre, ce qui était tout simplement impossible sur un reflex où les collimateurs se concentraient au milieu du viseur.

Sous le capot, le processeur DIGIC X fait tourner un algorithme d’apprentissage profond directement dérivé de celui du 1DX Mark III, le boîtier des reporteurs sportifs de la Coupe du Monde (et de quelques photographes animaliers très fortunés). Cet algorithme a été entraîné à reconnaître les mammifères et les oiseaux, et il sépare la tête et l’œil du reste de la scène.

Mais le chiffre qui m’a scié sur le terrain, c’est le seuil de sensibilité : l’autofocus fonctionne jusqu’à -6 IL. Pourquoi est-ce important ? Car c’est une luminosité où vos propres yeux peinent à distinguer les contrastes, au crépuscule ou sous un couvert forestier dense. Le boîtier, lui, accroche encore le sujet.

2.1

L’accroche de l’œil animal à travers les branchages : le point fort du Canon R5

La vraie question, et je sais qu’elle vous brûle les lèvres : est-ce que ça marche vraiment quand l’animal est derrière des herbes, des feuilles, des branchages ?

Réponse : oui, et parfois à un point qui frôle l’agacement (le bon agacement, celui du gamin qui vient de recevoir un train électrique).

L’automne dernier, en Savoie, je suivais un chamois qui broutait en travers d’une pente couverte de hautes herbes sèches. Sur mon ancien 5D Mark IV, ce genre de scène tournait au cauchemar : le collimateur accrochait invariablement les herbes du premier plan, plus proches et plus contrastées, et il fallait jongler avec le pouce sur le joystick pour replacer le point sur la tête. Pendant ce temps-là, le chamois, lui, continuait sa vie.

Boîtier hybride Canon EOS R5 équipé d'un téléobjectif en sous-bois lors d'un test photo animalière

Avec le Canon R5 et le RF 100-500mm (que vous pouvez retrouver chez IPLN, Camara, MN Photo ou Amazon), j’ai collé l’œil au viseur, pressé le bouton AF-ON du pouce, et le petit rectangle est venu se verrouiller directement sur l’œil de l’animal. Le chamois marchait, la tête baissée puis relevée, les herbes passaient devant son museau, et le rectangle restait collé à la pupille comme une sangsue (joli image, je sais).

Vous ne courez plus après votre sujet avec les molettes. Vous pouvez cadrer tranquillement, décentrer l’animal pour laisser respirer la composition, et le boîtier maintient la netteté sur l’œil sans que vous ayez à y penser.

Attention par contre, car il y a une condition pour que ça fonctionne sans prise de tête sur le terrain : assignez le suivi de l’œil directement sur le bouton AF-ON à l’arrière du boîtier.

Boîtier hybride Canon R5 monté sur téléobjectif lors d'un test terrain de suivi autofocus animalier en forêt

Pourquoi ? Car cela dissocie la mise au point du déclenchement : votre pouce droit active et verrouille l’autofocus, votre index déclenche. Le jour où un rouge-gorge surgit derrière un buisson, vous pressez le pouce, le rectangle saute sur l’œil, et vous déclenchez. Le tout en moins d’une seconde, sans jamais ouvrir un menu (et croyez-moi, fouiller dans les sous-menus au moment où un blaireau sort de son terrier, c’est une expérience que l’on ne fait qu’une fois).

Mon conseil : faites ce réglage chez vous, au calme, une bonne fois pour toutes. C’est dix minutes de navigation dans les menus, et cela vous évitera des centaines de photos floues.

Bref, sur la détection de l’œil animal, ce test du Canon R5 est un sans-faute, et c’est selon moi la raison numéro un de passer à l’hybride pour la photo animalière.

2.2

Rafale 20 im/s et rolling shutter : le talon d’Achille du Canon R5

Passons maintenant à la cadence, car il y a ici un vrai choix à comprendre, et une limite à connaître absolument avant d’acheter.

Le boîtier propose deux cadences selon le type d’obturateur : 12 images par seconde en obturateur mécanique (le petit rideau physique qui claque devant le capteur) et 20 images par seconde en obturateur électronique, totalement silencieux.

20 images par seconde, c’est une cadence de mitraillette : sur un martin-pêcheur en plongeon, vous couvrez toute l’action, du départ du perchoir jusqu’à l’entrée dans l’eau. Et le silence total de l’obturateur électronique est un cadeau pour les approches d’animaux craintifs, où le simple claquement mécanique peut faire fuir un lièvre à cinquante mètres.

Mais il y a un hic, et pas des moindres.

Le capteur du Canon R5 n’est pas un capteur « empilé ». Or, un capteur classique ne lit pas toute l’image d’un seul coup : il la balaie ligne par ligne, de haut en bas, en environ 1/60e de seconde. Si votre sujet bouge très vite pendant ce balayage, la partie haute et la partie basse de l’image sont enregistrées à des instants différents.

Test du boîtier hybride Canon R5 équipé d'un téléobjectif en sous-bois pour la photo animalière

Le résultat porte un nom : le rolling shutter. Concrètement, sur un oiseau en vol avec de grands battements d’ailes, les ailes apparaissent courbées, vrillées, parfois pliées en plein milieu comme si l’animal avait subi un accident de ski. J’ai moi-même une série de photos d’un héron cendré au décollage où les ailes sont tellement déformées que la photo est bonne pour la corbeille (ou pour un article sur les illusions d’optique).

Boîtier hybride Canon EOS R5 avec téléobjectif en conditions réelles lors d'un test photo animalière

C’est le même phénomène qui donne ces poteaux penchés quand vous filmez un paysage depuis une voiture en marche, avec votre téléphone. Le principe est identique.

Du coup, quelle stratégie adopter sur le terrain ?

  • Obturateur mécanique (12 im/s) ou premier rideau électronique pour toute l’action rapide : oiseaux en vol, départs brusques, courses. Vous perdez un peu de cadence, mais la géométrie de votre sujet reste droite ;
  • Obturateur électronique silencieux (20 im/s) pour les animaux posés ou lents derrière une végétation dense, où la discrétion prime sur la vitesse du mouvement.

Personnellement, je passe ma vie à 12 im/s en mécanique, et je bascule en silencieux uniquement pour les approches. 12 images par seconde suffisent très largement pour la majorité des situations en animalier.

Et si le rolling shutter vous fait peur, sachez que Canon a réglé ce problème sur le R5 Mark II grâce à son capteur empilé, qui lit l’image beaucoup plus vite. Mais ce boîtier coûte sensiblement plus cher, et nous verrons dans un prochain chapitre si cet écart technologique justifie vraiment la différence de prix pour un photographe de nature amateur.

Bref, retenez ceci : la rafale du R5 est redoutable, à condition de choisir le bon obturateur au bon moment.

Et une fois que l’œil est net et l’action figée sans déformation, il reste une question que tout photographe animalier se pose en revenant de sortie : que vaut réellement ce capteur de 45 mégapixels sur les plumages, les pelages, et surtout quand il faut recadrer un animal resté trop loin ? Parce que c’est là que tout se joue…

En bref
  • Autofocus (Dual Pixel CMOS AF II) couvrant 100 % du capteur avec 5 940 zones : la mise au point est possible partout dans le cadre, contrairement à un reflex.
  • Détection de l’œil animal efficace même derrière les herbes et branchages, et jusqu’à -6 IL, là où vos yeux ne distinguent plus les contrastes.
  • Assignez le suivi de l’œil sur le bouton AF-ON à l’arrière du boîtier : dix minutes de réglage chez vous pour des centaines de photos nettes.
  • Rafale de 12 im/s en obturateur mécanique, 20 im/s en électronique silencieux : à choisir selon la vitesse du sujet et la discrétion recherchée.
  • Attention au rolling shutter en obturateur électronique : les ailes d’un oiseau en vol rapide peuvent ressortir déformées, donc privilégiez le mécanique pour l’action.
Chapitre 03

Qualité d’image du capteur 45 Mpx : détails, dynamique et gestion du bruit

45 millions de pixels.

C’est LE chiffre qui a fait parler du Canon R5 à sa sortie, et c’est aussi celui qui intéresse le plus directement le photographe animalier que vous êtes (ou que vous rêvez de devenir).

Concrètement, ce capteur plein format délivre des fichiers de 8192 × 5464 pixels. De quoi remplir les cartes mémoire à une vitesse folle, certes, mais aussi de quoi aller chercher des détails que je n’avais tout simplement jamais vus avec mes anciens reflex.

La première fois que j’ai ouvert dans Lightroom une photo d’écureuil roux prise en sous-bois, j’ai zoomé à 100 % sur l’œil. Chaque poil de la queue était distinct, net, individualisé, comme si j’avais photographié l’animal à un mètre alors que j’étais à quinze.

Écureuil roux photographié en sous-bois lors du test du Canon R5.

Et le piqué ne fait pas tout.

Écureuil roux tenant une noisette en sous-bois automnal, illustrant les performances lors du test du Canon R5.

: PHOTO_NATURE

En bref
  • Capteur plein format de 45 Mpx : des fichiers de 8192 × 5464 px et un niveau de détail jamais vu sur mes anciens reflex
  • Une bonne réserve de pixels pour recadrer : j’ai coupé la moitié d’une image et il me restait plus de 20 Mpx, de quoi sortir un tirage A3 propre
  • Plage dynamique confortable : ombres débouchées de 2 à 3 IL dans Lightroom sans bruit chromatique envahissant
  • Montée en ISO maîtrisée : jusqu’à 6 400 ISO sans crainte, 12 800 ISO en dépannage, au-delà je vous le déconseille
  • Format C-RAW : environ 40 % de fichiers en moins, sans différence visible à 100 %, et une mémoire tampon qui se vide plus vite
Chapitre 04

Stabilisation intégrée et compatibilité avec les objectifs EF et RF

Il y a un domaine où ce test du Canon R5 m’a fait complètement changer mes habitudes de terrain, et ce n’est ni l’autofocus ni les mégapixels : c’est la stabilisation intégrée au boîtier.

Pourquoi ? Car à sa sortie en 2020, le Canon R5 est devenu le premier boîtier de l’histoire de la marque dont le capteur bouge. Il est monté sur un berceau flottant, guidé par des micro-aimants d’une précision folle, qui se déplace sur 5 axes pour compenser vos tremblements.

Or, sur un reflex, ce capteur était totalement figé au fond de la chambre noire. Si votre objectif n’était pas stabilisé, le moindre petit frisson au déclenchement se soldait par un flou de bougé irrattrapable.

Mieux encore : dès que vous vissez une optique stabilisée, le boîtier communique en direct avec le gyroscope de l’objectif et les deux systèmes combinent leurs forces, pour un gain annoncé jusqu’à 8 vitesses selon la focale utilisée.

Schéma de la stabilisation capteur IBIS 5 axes du Canon R5 couplée à la stabilisation optique pour le test terrain.

Concrètement, ça donne quoi en forêt ?

Fin octobre, dans une hêtraie de Savoie, la lumière déclinait vite et les branchages coupaient le peu de ciel qui restait. Une sittelle torchepot descendait la tête en bas le long d’un tronc, occupée à fouiller l’écorce.

Avec mon ancien 5D Mark IV, j’avais deux options : monter les sensibilités ISO à des niveaux qui grincent, ou sortir le trépied du sac en faisant le maximum de bruit. Là, j’ai serré les deux coudes contre le torse, calé le boîtier contre l’arcade sourcilière, ajusté l’exposition avec la molette du pouce sans quitter l’oiseau des yeux, et déclenché à 1/15e de seconde à main levée.

Sittelle torchepot descendant un tronc de hêtre en sous-bois sombre, photo réalisée lors du test du Canon R5 avec l'objectif RF 100-500mm.

L’image est parfaitement nette, chaque plume du dos en place, avec un grain totalement maîtrisé.

Je laisse maintenant mon trépied à la maison pour la plupart de mes promenades en sous-bois, et franchement, mon dos ne s’en plaint pas (à mon âge, on commence à compter les kilos que l’on porte, et chaque gramme non porté est un gramme gagné).

Attention par contre, et c’est LE piège classique : la stabilisation compense VOS mouvements, JAMAIS ceux de l’animal. À 1/15s sur une sittelle immobile, parfait. Sur une mésange qui gigote sur un perchoir, c’est le flou assuré. La vitesse d’obturation reste donc votre priorité dès que le sujet bouge.

Bref, la stabilisation du Canon R5 vous fait gagner en légèreté et en discrétion sur les sujets calmes, à condition de ne pas lui faire confiance pour figer l’action.

4.1

Objectifs EF et bague d’adaptation : gardez tout votre parc d’objectifs sur le Canon R5

Vous avez des années d’objectifs EF accumulés depuis votre période reflex, et vous avez peur de de tout racheter en monture RF pour profiter de ce boîtier ?

C’est la question qui revient sans arrêt sur les forums consacrés au Canon R5, et je vais vous rassurer tout de suite : non, vos optiques ne vont pas finir au fond d’un placard.

La solution s’appelle la bague d’adaptation Canon EF-EOS R, une bague officielle qui coûte environ 200 euros. À l’intérieur, il n’y a aucune lentille : c’est un simple tube métallique avec des contacts électroniques. Donc aucune perte de lumière, aucune altération optique, vos images sortent exactement avec la qualité de votre objectif d’origine.

Boîtier hybride Canon EOS R5 équipé de la bague d'adaptation EF-EOS R et d'un téléobjectif 100-400mm pour le test terrain.

L’après-midi même de la réception de mon boîtier, j’ai vissé la bague sur mon EF 100-400mm, puis enclenché l’ensemble sur le R5 avec le petit clic métallique familier. Verdict après quelques sorties ? L’autofocus est plus rapide et plus précis que sur mon ancien 5D Mark IV, et ce n’est pas un effet d’imagination.

La raison est très simple : sur un hybride, la mise au point se fait directement sur le capteur qui enregistre l’image. Sur un reflex, il fallait que la mise au point du miroir et celle du capteur soient parfaitement alignées, ce qui imposait un fastidieux micro-ajustement dans les menus que, soyons honnêtes, 90 % des photographes n’ont jamais fait (moi le premier pendant des années, d’où certaines nettetés approximatives dans mes vieilles photos de bouquetins).

Et il y a un bonus dont on ne parle pas assez : la stabilisation du capteur s’applique à TOUT, y compris à vos vieux objectifs non stabilisés.

Mon ancien Canon EF 100mm f/2.8 Macro USM, par exemple, n’a jamais possédé de stabilisation. Monté sur le R5, il gagne d’un coup trois à quatre vitesses de gain, et je peux maintenant photographier un papillon posé au crépuscule à des vitesses qui auraient été impensables avant. Vos vieilles focales fixes prennent une deuxième jeunesse.

Attention par contre, car on trouve des bagues d’adaptation bon marché à 40 euros sur internet : certaines fonctionnent bien, d’autres perdent la communication électronique au bout de quelques semaines, avec des erreurs d’objectif au pire moment. Mon conseil : pour un boîtier à ce prix, restez sur la bague officielle Canon ou une marque reconnue.

Bref, la transition vers le R5 Canon ne vous oblige pas à racheter tout votre parc d’objectifs : la bague d’adaptation préserve votre investissement, et vos vieux téléobjectifs y gagnent même en réactivité.

4.2

Téléobjectifs RF et stabilisation combinée : la photo avec le R5 à son meilleur niveau

Évidemment, les optiques natives RF restent celles qui exploitent le mieux le boîtier, car la communication électronique entre l’objectif et le capteur est totalement fluide.

Avec le RF 100-500mm, la stabilisation de l’objectif et celle du boîtier se coordonnent en permanence pour atteindre le fameux gain maximal de 8 vitesses. Sur le terrain, cela se traduit par une image parfaitement figée dans le viseur, même à 500 mm par une lumière déclinante : un confort de visée que je n’avais tout simplement jamais connu avec un reflex.

Et si le budget téléobjectif vous fait hésiter, sachez que Canon propose une petite merveille accessible : le RF 100-400mm f/5.6-8 IS USM (que vous pouvez vous procurer chez IPLN, Camara, MN Photo ou Amazon).

Avec ses 635 grammes et son encombrement contenu, il se glisse dans une poche de sac à dos et devient le compagnon idéal de la balade du dimanche. Je l’ai emmené plusieurs fois en randonnée légère cet été, rien que pour le plaisir, et j’ai ramené des images d’un rapport qualité/prix qui fait honte à des combinaisons trois fois plus chères.

Test du Canon R5 en vol stationnaire : faucon crécerelle capturé avec l'autofocus détection des oiseaux du boîtier Canon EOS R5

Autre point technique qui compte pour nous, animaliers : l’autofocus continue de fonctionner même quand l’ouverture se ferme à f/11, par exemple avec un téléconvertisseur RF 1.4x monté derrière le 100-400mm, et Canon garde le suivi actif jusqu’à f/22 sur certaines combinaisons de longues focales fixes.

Pourquoi c’est important ? Car la plupart des anciens systèmes reflex abandonnaient tout simplement la mise au point automatique au-delà de f/8. Vous obteniez un joli viseur noir et l’obligation de faire la mise au point à la main sur un oiseau en vol, autrement dit la mission impossible.

Bref, entre la bague d’adaptation qui prolonge vos anciens objectifs et des téléobjectifs RF de plus en plus accessibles, le Canon R5 s’adapte à votre matériel et à votre budget, et c’est selon moi l’un de ses plus grands atouts.

Reste maintenant le dossier qui a fait couler le plus d’encre depuis la sortie de ce boîtier, celui qui a fait le bonheur des titres racoleurs et des débats enflammés sur les réseaux : la vidéo 8K et cette fameuse histoire de surchauffe. Vraie limite ou fausse polémique ? La réponse va peut-être vous surprendre…

En bref
  • Stabilisation du capteur sur 5 axes : jusqu’à 8 vitesses de gain avec un objectif stabilisé, le trépied devient superflu sur les sujets calmes
  • La stabilisation compense vos mouvements, jamais ceux de l’animal : la vitesse d’obturation reste la priorité dès que le sujet bouge
  • La bague d’adaptation Canon EF-EOS R (environ 200 €) permet de garder tout votre parc d’objectifs EF, sans aucune perte optique
  • La stabilisation du boîtier s’applique aussi à vos anciens objectifs non stabilisés, comme un 100mm macro
  • Le RF 100-400mm f/5.6-8 (635 g) offre le meilleur rapport qualité/prix pour exploiter pleinement le boîtier en animalier
Chapitre 05

Vidéo 8K et chauffe du boîtier : la vérité pour le photographe de nature

À sa sortie en juillet 2020, le Canon R5 a déclenché une tempête sur internet dont je n’avais jamais vu l’équivalent. Titres racoleurs, vidéos YouTube incendiaires, fils de discussion interminables sur chaque forum consacré au Canon R5 : le boîtier « surchauffait », point final.

Vous vous souvenez sûrement de cette époque, car c’est probablement cette polémique qui vous fait encore hésiter aujourd’hui.

Hé bien, après des mois d’utilisation réelle en forêt et en montagne, je peux vous le dire franchement : cette histoire de surchauffe a été gonflée au-delà du raisonnable, et surtout, elle a été très mal expliquée. Alors je m’explique.

La première chose à savoir, et c’est LA clarification qui change tout : le phénomène thermique ne concerne QUE la vidéo, jamais la photo. Vous pouvez enchaîner les rafales de 20 images par seconde pendant toute une après-midi sous le soleil de juillet, le boîtier ne bronchera pas. J’ai photographié des marmottes en pleine chaleur estivale sur un plateau de Savoie, série après série, sans le moindre message d’avertissement à l’écran.

Pourquoi ? Car une photo, même en rafale, c’est une charge de travail ponctuelle pour le processeur. Une vidéo 8K, c’est ce même processeur qui tourne à plein régime sans interruption pendant des dizaines de minutes. C’est un peu comme la différence entre accélérer fortement pour doubler sur l’autoroute, et rouler à 180 km/h pendant une heure : la voiture ne réagit pas du tout de la même façon.

5.1

Ce que le Canon R5 sait vraiment faire en vidéo pour filmer la faune

Parlons maintenant des capacités réelles, car elles sont impressionnantes (et c’est loin d’être le sujet principal de ce test du Canon R5, mais il faut le dire).

Le boîtier filme en 8K RAW interne à 30 images par seconde, et en 4K jusqu’à 120 images par seconde. Le 4K 120p, c’est le mode qui permet les ralentis spectaculaires : vous filmez à 120 im/s, puis vous lisez la séquence à 25 im/s sur l’ordinateur, et l’action est ralentie presque cinq fois sans la moindre saccade.

Blaireau d'Europe à la sortie de son terrier au crépuscule, pris lors du test terrain du Canon R5

Je m’en suis servi un soir d’affût devant un terrier de blaireau, en 4K standard à 25 im/s. L’animal est sorti à la tombée de la nuit, a renifulé longuement l’entrée, puis est reparti tranquillement dans les fougères. J’ai filmé deux minutes et demie en continu, sans micro-coupure, sans message de température, sans même que le boîtier ne chauffe de façon perceptible dans mes mains. Et croyez-moi, un blaireau qui émerge au crépuscule dans sa robe grise et noire, c’est un spectacle qu’on ne se lasse pas de revoir au chaud chez soi, un thé à la main.

Pour ce type d’usage, c’est-à-dire des séquences animalières de 10 à 30 secondes, ou des vidéos d’ambiance en 4K standard à 25 ou 50 im/s, le boîtier fonctionne sans aucune surchauffe. C’est vérifié sur le terrain, pas lu dans une fiche technique.

5.2

Les vrais chiffres de la chauffe en 8K RAW : ce qu’aucun forum ne vous dit

Attention par contre, car il ne faut pas non plus nier la limite : elle existe, mais elle est parfaitement circonscrite.

En enregistrement continu en 8K RAW ou en 4K 120 im/s, les formats les plus gourmands, le boîtier affiche un message d’alerte thermique au bout de 20 à 30 minutes environ (variable selon la température ambiante), puis coupe l’enregistrement le temps de refroidir.

Infographie du test Canon R5 comparant la montée en température et les limites de surchauffe en 4K standard, 4K 120 im/s et 8K RAW.

Posez-vous honnêtement la question : quand avez-vous filmé un animal sauvage en continu pendant 25 minutes, sans coupure ?

Personnellement, jamais. Mes plus longues séquences de faune dépassent rarement les deux minutes, car un blaireau ne fait pas de discours, un renard traverse un pré et disparaît, un rapace survole la clairière en dix secondes. Le documentaire animalier qui exige des plans continués de 30 minutes, c’est le métier d’un cinéaste avec un boîtier dédié, pas celui d’un photographe de nature le dimanche matin.

Mon conseil, si vous vous lancez dans la vidéo animalière avec ce boîtier : filmez des plans courts, laissez le boîtier au repos entre deux séquences (éteint ou en veille), et évitez de le laisser en plein soleil sur le siège arrière de la voiture avant une session. C’est du bon sens, et ça règle 95 % du problème.

Bref, la surchauffe du Canon R5 n’est ni un mensonge ni un scandale : c’est une limite technique normale pour 2020, qui ne concerne que la vidéo extrême en continu, et qui ne touchera presque jamais un photographe de nature.

5.3

Extraire des photos de 35 mégapixels depuis une vidéo 8K : l’arme secrète de l’animalier

Et voici maintenant ma fonction vidéo préférée, celle dont je parle le plus autour de moi lors de mes stages, car presque personne ne l’utilise.

Depuis une vidéo 8K, vous pouvez extraire des images fixes de 35 mégapixels directement dans le boîtier ou sur l’ordinateur.

Boîtier hybride Canon EOS R5 monté sur un trépied avec téléobjectif en lisière de forêt lors d'un test terrain animalier.

Pourquoi c’est génial pour nous ? Car il y a des comportements animaliers tout simplement impossibles à anticiper en photo fixe. Un pic épeiche qui décide soudain de s’envoler du tronc qu’il martelait, un battement d’ailes exact, un passage de libellule devant son perchoir : le déclenchement arrive toujours trop tard ou trop tôt d’une demi-seconde (et à mon âge, disons que mes réflexes ne s’améliorent pas).

Avec la 8K à 30 images par seconde, vous filmez tranquillement la scène, et vous choisissez ensuite l’instant EXACT, à la trentième de seconde près. Chaque image extraite fait environ 35 mégapixels : de quoi recadrer sérieusement et sortir un tirage tout à fait correct.

L’an dernier, j’ai ainsi « photographié » un pic épeiche au moment précis où il lançait sa tête en avant pour frapper l’écorce, plumes hérissées, éclats de bois visibles. En photo fixe, je n’aurais jamais eu ce moment-là. Il m’a fallu trois minutes de vidéo et trente secondes d’extraction dans le menu du boîtier, assis sur un rocher.

Attention par contre à deux choses : le rolling shutter que nous avons vu au chapitre précédent s’applique aussi à la vidéo sur les mouvements très rapides latéraux, et l’autofocus vidéo, s’il est très bon, reste un cran en dessous de l’excellence de l’autofocus photo. Pour un animal qui bouge beaucoup, préférez le 4K classique, plus indulgent.

Bref, la partie vidéo de ce test du Canon R5 tient largement la route pour un photographe animalier : fiable, silencieuse, et même redoutable avec l’extraction d’images fixes.

Reste maintenant LA question qui fâche, celle qui revient dans ma boîte mail plusieurs fois par semaine : à près de 4 000 euros le boîtier nu (sans compter les cartes CFexpress, on y viendra), faut-il vraiment craquer pour le R5, ou bien le Canon R6 ou le R5 Mark II (à comparer entre IPLN, Camara, MN Photo et Amazon) ne seraient-ils pas plus malins pour votre pratique et votre budget ? J’ai comparé les trois de très près, et la réponse n’est pas celle que vous croyez…

Pic épeiche frappant un tronc de hêtre, extraction photo d'une séquence vidéo 8K lors du test du Canon R5.
En bref
  • Le Canon R5 surchauffe uniquement en vidéo extrême (8K RAW ou 4K 120 im/s en continu), jamais en photo, même en rafales sous le soleil
  • Pour filmer la faune en 4K 25/50 im/s avec des plans de 10 à 30 secondes, aucun problème de chauffe sur le terrain
  • Filmez des plans courts, coupez le boîtier entre deux séquences et évitez de le laisser au soleil : 95 % du problème est réglé
  • La vraie pépite vidéo : extraire des images fixes de 35 mégapixels depuis une vidéo 8K, idéal pour les instants impossibles à anticiper en photo
  • Pour un animal très rapide en mouvement latéral, préférez le 4K classique, plus indulgent que la 8K (rolling shutter)
Chapitre 06

Canon R5, R6 ou R5 Mark II : quel choix face au prix et aux besoins réels ?

C’est LA question que je reçois le plus souvent par e-mail, souvent après des semaines de hésitation : à ce niveau de tarif, on n’a pas le droit de se tromper.

Et je vais vous répondre franchement d’entrée de jeu : le bon choix ne dépend ni des chiffres du constructeur, ni du dernier avis lu sur un forum consacré au Canon R5, mais de votre pratique réelle sur le terrain. Un photographe qui passe ses dimanches en affût derrière un camouflage n’a tout simplement pas besoin du même boîtier qu’un randonneur qui arpente les crêtes à la recherche de bouquetins.

Alors passons les trois candidats au crible, un par un, chiffres à l’appui.

6.1

Canon R5 ou Canon R6 : le recadrage contre le budget

Commençons par le duel familial, car c’est celui qui concerne le plus de monde.

Sous le capot, les deux boîtiers partagent presque tout : le même autofocus redoutable qui colle au regard de l’animal, la même stabilisation 5 axes, la même poignée creusée qui repose l’avant-bras. La différence se résume au capteur : 45 mégapixels pour le R5, contre 20 à 24 mégapixels pour le Canon R6.

Et cette différence, elle vous coûte (ou vous fait économiser) entre 1 500 et 1 800 euros selon les périodes. C’est énorme.

Pourquoi ? Car avec cette économie, vous vous offrez un excellent téléobjectif comme le Sigma 150-600mm f/5-6.3 DG OS HSM Contemporary avec sa bague d’adaptation, et il vous reste de quoi équiper un sac de randonnée complet. Vaut-il mieux un boîtier à 45 Mpx avec un objectif médiocre, ou un R6 avec une optique qui mord ? Pour moi, la réponse ne fait aucun doute : l’objectif, toujours.

Mais alors, qui a besoin du R5 ? Hé bien, posez-vous une seule question : faites-vous surtout de l’affût, ou de la billebaude et de la montagne ?

Si vous patientez des heures à un poste de nourrissage ou devant une mare, avec une longue focale et un sujet qui vient à vous, le cadre est rempli et les 20 Mpx du R6 suffisent largement pour de beaux tirages. En revanche, si vous marchez le long des lisières et des crêtes, vos sujets restent souvent à des distances frustrantes. L’an dernier, en Haute-Savoie, j’ai observé un groupe de bouquetins au fond d’une combe, bien trop loin pour une image publiable en l’état. De retour à la maison, j’ai recadré la moitié de la photo, et il me restait encore plus de 20 Mpx exploitables, chaque corne nette, chaque pelage détaillé.

Bouquetin des Alpes photographié à longue distance lors d'un test terrain du Canon EOS R5 avec le RF 100-500mm

Avec un capteur de 20 Mpx, cette photo partait directement à la corbeille (ou dans le dossier « souvenirs personnels », ce qui revient au même).

Bref, le R6 est le choix raisonnable de l’affûteur, le R5 celui du marcheur : à vous de vous situer honnêtement.

6.2

Faut-il passer au Canon R5 Mark II ou garder son Canon R5 ?

Depuis la sortie du Canon R5 Mark II, la question s’est inversée : faut-il payer le prix fort pour la nouvelle génération, ou profiter de la baisse du prix de l’ancien ?

Le Mark II apporte trois avancées réelles, vérifiées par mes collègues qui l’utilisent :

  • un capteur rétroéclairé empilé, qui lit l’image tellement plus vite que le rolling shutter devient quasi inexistant en obturateur électronique (finies les ailes vrillées) ;
  • une cadence portée à 30 images par seconde ;
  • le pré-déclenchement, une fonction qui enregistre dans la mémoire tampon les demi-secondes qui précèdent votre appui sur le déclencheur : le retard de réflexe du photographe, le boîtier s’en moque désormais.
Tableau comparatif des caractéristiques des Canon R5, R6 et R5 Mark II : capteur, rafale, rolling shutter et prix pour la photo animalière.

Impressionnant sur le papier, hé oui. Mais posons-nous la vraie question : à quel point utilisez-vous ces fonctions ?

Personnellement, je vous l’ai dit au chapitre 2 : je travaille en obturateur mécanique à 12 images par seconde la majorité du temps, sur des oiseaux posés ou des mammifères calmes. Or, sur cette pratique-là, le premier R5 offre selon moi 90 % des prestations utiles du Mark II, pour un coût nettement inférieur, surtout depuis que son prix a dégringolé à la sortie du petit frère (et encore davantage sur le marché de l’occasion, où l’on trouve des boîtiers très peu utilisés, souvent achetés par des photographes qui photographiaient moins qu’ils ne l’espéraient).

Attention par contre, car certains d’entre vous m’écrivent pour savoir s’il vaut mieux attendre un hypothétique R5 Mark III : à l’heure où j’écris ces lignes, Canon n’a rien annoncé, et attendre indéfiniment la génération suivante, c’est le meilleur moyen de ne jamais photographier. Le meilleur boîtier, c’est celui que vous avez dans les mains.

Bref, si votre budget le permet et que vous vivez en électronique sur l’action rapide, le Mark II se justifie. Pour un amateur de nature en sortie dominicale, le premier R5 reste à mon sens une affaire remarquable sur le marché actuel.

6.3

Les coûts cachés du Canon R5 : cartes CFexpress et puissance informatique

On arrive au point que les vendeurs oublient systématiquement de mentionner, et c’est pourtant celui qui peut gâcher vos premières sorties.

Le boîtier embarque un double logement particulier : un emplacement SD UHS-II classique, et un emplacement qui exige une carte CFexpress Type B. Pourquoi ce format ? Car pour encaisser le débit des 45 Mpx en rafale, il faut des vitesses d’écriture qu’une SD classique ne peut tout simplement pas fournir.

Je l’ai appris à mes dépens, et je vous raconte la scène pour que vous ne la viviez pas. Un matin, au bord d’une rivière, un martin-pêcheur s’est posé sur son perchoir habituel. J’avais laissé ma CFexpress à la maison et travaillais sur une vieille SD. L’oiseau s’est lancé en plongeon, j’ai déclenché ma rafale… et au bout de deux secondes, le boîtier s’est étouffé. Voyant rouge clignotant, mémoire tampon pleine, appareil bloqué pendant qu’il vidait ses entrailles. Le martin-pêcheur, lui, était déjà revenu secouer sa proie sur la branche.

Martin-pêcheur en plongeon au-dessus d'une rivière, photo animalière capturée lors du test du Canon R5

Résultat : deux photos de l’action, sur les vingt que le boîtier était capable de prendre.

Mon conseil : prévoyez d’entrée une carte rapide comme la SanDisk Extreme Pro CFexpress Type B en 128 ou 256 Go. Comptez entre 180 et 300 euros selon la capacité, plus le petit lecteur USB spécifique pour transférer vos fichiers le soir. C’est une dépense invisible à intégrer dans le calcul du prix du Canon R5, sous peine de brider la machine dès la première sortie (et si vous comparez les tarifs, regardez autant les spécialistes photo que les grandes enseignes comme la Fnac, les écarts sont parfois surprenants).

Boîtier Canon EOS R5 équipé d'un téléobjectif posé à côté d'une carte CFexpress Type B et d'une carte SD

Dernier coût caché, et non des moindres : votre ordinateur. Des fichiers de 45 Mpx, même en C-RAW, pèsent facilement 25 à 30 Mo pièce, et une série de 500 photos en rafale represente vite 15 Go. Un vieil ordinateur portable avec 4 Go de RAM mettra des minutes à afficher chaque image dans Lightroom, et vous abandonnerez le développement au bout d’une semaine. Si votre machine date de plus de six ou sept ans, prévoyez au minimum 16 Go de mémoire vive et un disque SSD, sinon le plaisir d’achat se transforme en corvée.

Bref, le budget réel, ce n’est pas le boîtier nu : c’est le boîtier, la carte CFexpress, le lecteur, et éventuellement un coup de neuf sur l’ordinateur. Faites le total avant de cliquer sur « commander », pas après.

Et il me reste justement un dernier point à vous donner avant de sortir la carte bleue : le réglage à faire dès le déballage pour ne pas gâcher vos cent premières photos, celui que je corrige systématiquement chez les stagiaires qui arrivent avec un hybride flambant neuf…

En bref
  • Objectif lourd (1,93 kg), prévoyez un monopode ou un trépied si vous n’êtes pas très stable
  • Excellente qualité d’image pour son prix, surtout entre 150 et 400 mm
  • Focale 150-600 mm idéale pour débuter en photo animalière
  • Stabilisation efficace qui aide bien à main levée
  • Rapport qualité/prix très difficile à battre dans cette gamme

Fiche technique complète : Canon EOS R5

Caractéristique Détails techniques
Type de capteur CMOS 36 × 24 mm
Nombre de pixels effectifs Environ 45 millions de pixels
Nombre total de pixels Environ 47,1 millions de pixels
Processeur d’image DIGIC X
Monture d’objectif RF/RF-S (objectifs EF et EF-S compatibles via adaptateur)
Stabilisation d’image Décentrement du capteur (IBIS) jusqu’à 8 vitesses
Système autofocus Dual Pixel CMOS AF II
Plage de fonctionnement AF -6 à 20 IL (à 23 °C et ISO 100)
Suivi AF Personnes, animaux (chiens, chats et oiseaux) ou véhicules (voitures de course ou motos)
Sensibilité ISO en photo Auto : 100 à 51.200 (extensible à L : 50, H1 : 102.400)
Sensibilité ISO en vidéo Auto : 100-6400, H : 51200 ; Manuel : 100-25600, H1 : 51200
Vitesse d’obturation 30-1/8000 s (par paliers de 1/3 ou de 1/2), pose longue
Prise de vue en continu Jusqu’à environ 12 im./s (obturateur mécanique) ou 20 im./s (obturateur électronique)
Type de viseur Viseur électronique couleur OLED de 0,5 pouce
Résolution du viseur 5,76 millions de points (1600 × 1200)
Couverture du viseur Environ 100 %
Fréquence de rafraîchissement du viseur 59,94 im./s (économie d’énergie) / 119,98 im./s (fluidité)
Écran LCD Écran tactile Clear View LCD II orientable de 8,01 cm (3,15 pouces), environ 2,1 millions de points
Formats de fichier photo JPEG, RAW / C-RAW 14 bits, HEIF 10 bits
Résolution d’image max. 8192 × 5464 pixels (rapport 3:2)
Résolution photo haute résolution IBIS JPEG : 24.576 × 16.384 pixels
Formats vidéo MP4 (8K DCI/UHD, 4K DCI/UHD, Full HD) et CRM (RAW 8K 12 bits)
Résolution vidéo max. RAW DCI 8K (8192 × 4320) jusqu’à 29,97 im./s
Fréquence vidéo élevée 4K DCI/UHD 4K jusqu’à 119,9 / 100 im./s (ralenti 4x)
Profils couleur vidéo Canon Log 1 et Canon Log 3
Échantillonnage couleur interne 8K / 4K / Full HD : YCbCr 4:2:0 8 bits ou YCbCr 4:2:2 10 bits
Sortie HDMI Enregistrement RAW ProRes 5K recadré ou 8K via HDMI, 4:2:2 non compressé 8 ou 10 bits
Microphone Microphone mono intégré (48 kHz, 16 bits × 2 canaux)
Emplacements de stockage Double emplacement : 1x CFexpress type B (jusqu’à 2 To) et 1x SD/SDHC/SDXC UHS-II
Connectique USB USB-C SuperSpeed Gen 2 (USB 3.1)
Connectique audio / vidéo Sortie micro HDMI (type D), entrée microphone stéréo 3,5 mm, prise casque 3,5 mm
Connectivité sans fil Wi-Fi (IEEE 802.11a/b/g/n/ac 5 GHz / 2,4 GHz) et Bluetooth 4.2
Batterie compatible Batterie lithium-ion rechargeable LP-E6NH (incluse) / LP-E6N
Autonomie de la batterie Env. 490 clichés avec LCD / env. 320 clichés avec viseur (à 23 °C)
Matériaux du boîtier Alliage de magnésium avec composants en polycarbonate et fibre de verre
Protection environnementale Résistance à la poussière et à l’humidité
Dimensions (L × H × P) 138,5 × 97,5 × 88 mm
Poids Environ 650 g (boîtier seul) / 738 g (avec batterie et carte)
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Avis final

À vous de jouer

Une fois la carte bleue sortie et le colis déballé, mon dernier conseil tient en une phrase : n’emmenez pas le Canon R5 directement en montagne.

Passez plutôt une semaine dans votre jardin, sur les mésanges du nourrissage, à répéter les gestes jusqu’à ce qu’ils deviennent automatiques : l’œil au viseur, le pouce sur le bouton AF-ON, la molette des ISO du bout des doigts. Sans la pression d’un chamois qui ne repassera pas de la journée, ces réflexes s’installent tout seuls en quelques séances.

Attention par contre : ne gardez JAMAIS la découverte des menus pour le jour de la grande sortie, car c’est le meilleur moyen de rater vos cent premières photos (je sais ce que je dis, je l’ai fait, hé oui !).

Ensuite, sur le terrain, vous verrez que ce boîtier disparaît des mains : un outil transparent qui laisse toute la place à l’animal, c’est le plus beau compliment que je puisse faire au terme de ce test Canon R5.

Bref, prenez le temps d’apprivoiser la bête, elle vous le rendra au centuple.

Et vous, où en êtes-vous avec le Canon R5 ? Vous hésitez encore face au R6 ou au R5 Mark II, vous venez de craquer, ou vous le connaissez déjà par cœur ? Je suis sincèrement curieux de lire votre avis, donc racontez-moi tout en commentaire sous l’article !

Je vous souhaite de très belles photos et je vous dis à bientôt pour un nouvel article.

Adrien.

Canon EOS R5
Qualité des photos
Autofocus
Montée en iso
Capteur Plein format CMOS, 45 Mpx
Rafale Jusqu’à 20 im/s en électronique
Stabilisation Jusqu’à 8 vitesses de gain
LE CANON EOS R5 EN BREF :

Avec son capteur plein format de 45 millions de pixels, le Canon EOS R5 est selon moi l’un des boîtiers les plus impressionnants du marché pour la faune sauvage et le paysage.

Vous cherchez un autofocus qui ne décroche pas ?

Son suivi Dual Pixel CMOS AF II verrouille le regard des animaux avec une efficacité redoutable (notamment sur les oiseaux en vol), ce qui évite de gâcher une prise quand l’action démarre sans prévenir.

Vous profitez en plus d’une rafale silencieuse grimpant à 20 images par seconde et d’une stabilisation interne atteignant 8 vitesses, idéale pour déclencher à main levée en sous-bois très sombre.

Attention par contre, car des fichiers de 45 Mpx remplissent les cartes à toute vitesse : prévoyez de gros disques durs et une carte CFexpress rapide pour suivre la cadence.

Bref, un boîtier d’une précision chirurgicale si vous souhaitez recadrer largement vos images SANS sacrifier le moindre détail.

Ressources complémentaires

Envie d’aller plus loin ? Voici les ressources que je vous conseille de consulter pour approfondir le sujet.

Réponses à vos questions

Quel est le prix du Canon R5 actuellement ?

Le prix du Canon R5 se situait autour de 4 000 euros le boîtier nu à sa sortie en 2020. Depuis l’arrivée du Canon R5 Mark II, il a nettement baissé, aussi bien neuf qu’en occasion.
Attention par contre : prévoyez en plus une carte CFexpress Type B (180 à 300 euros) et éventuellement un lecteur spécifique, sinon vous bridez la machine dès la première rafale.

Quel est le prix du Canon R6 par rapport au R5 ?

Le prix du Canon R6 est inférieur d’environ 1 500 à 1 800 euros à celui du Canon R5, selon les périodes et les enseignes.
Mon conseil : avec cette économie, vous pouvez vous offrir un excellent téléobjectif comme le Sigma 150-600mm. Un bon objectif sur un R6 vaut selon moi mieux qu’un objectif médiocre sur un R5.

Canon R5 ou Canon R6 : lequel choisir pour la photo animalière ?

Tout dépend de votre pratique. Le Canon R6 et ses 20 à 24 Mpx suffisent largement si vous faites surtout de l’affût avec une longue focale, car votre sujet remplit déjà le cadre.
Le Canon R5 et ses 45 Mpx s’imposent pour la billebaude et la montagne, où les animaux restent loin : en recadrant la moitié de la photo, il vous reste plus de 20 Mpx exploitables pour un tirage A3.

Quel est le prix du Canon R3 et à qui s’adresse-t-il ?

Le Canon R3 est positionné nettement plus cher que le R5, autour de 6 000 euros le boîtier nu à son lancement. C’est un boîtier de reportage et de sport, avec un capteur empilé de 24 Mpx seulement.
Pour la photo animalière amateur, le R3 ne se justifie selon moi pas : le R5 offre plus de pixels pour recadrer, et le R5 Mark II reprend le capteur empilé pour moins cher.

Le Canon R5 surchauffe-t-il vraiment ?

Non, pas en photo. J’ai enchaîné les rafales de 20 images par seconde sous le soleil de juillet devant des marmottes sans le moindre message d’alerte.
La surchauffe ne concerne que la vidéo extrême : en 8K RAW ou 4K 120 im/s en continu, le boîtier coupe au bout de 20 à 30 minutes. Pour filmer la faune en 4K 25 ou 50 im/s avec des plans courts, aucun problème.

Qu’est-ce que le rolling shutter du Canon R5 ?

Le rolling shutter est une déformation qui apparaît en obturateur électronique : le capteur lit l’image ligne par ligne, et un sujet très rapide, comme un oiseau qui bat des ailes, ressort avec les ailes vrillées ou pliées.
Pour toute l’action rapide, privilégiez donc l’obturateur mécanique à 12 im/s. Réservez le mode silencieux à 20 im/s aux animaux posés derrière la végétation. Le R5 Mark II, lui, a quasiment éliminé ce défaut grâce à son capteur empilé.

Faut-il acheter le Canon R5 ou le Canon R5 Mark II ?

Le Canon R5 Mark II apporte trois avancées réelles : capteur empilé qui supprime presque le rolling shutter, rafale à 30 im/s et pré-déclenchement.
Mais si vous travaillez surtout en obturateur mécanique sur des sujets calmes, comme moi la majorité du temps, le premier R5 offre 90 % des prestations utiles pour un coût nettement inférieur. Selon moi, il reste une affaire sur le marché actuel.

Peut-on utiliser ses objectifs reflex EF sur le Canon R5 ?

Oui, et c’est un vrai point fort du R5 Canon. La bague d’adaptation officielle EF-EOS R (environ 200 euros) ne contient aucune lentille : aucune perte de lumière, aucune altération optique.
Mieux encore, l’autofocus de mon ancien EF 100-400mm y est plus rapide que sur mon 5D Mark IV, et la stabilisation du capteur redonne une seconde jeunesse à vos anciennes focales non stabilisées. Pas besoin de racheter tout votre parc d’objectifs.

Quelle est l’autonomie de la batterie du Canon R5 ?

Comptez entre 350 et 450 photos par charge avec la batterie LP-E6NH, soit environ moitié moins qu’un reflex. C’est le prix à payer pour un viseur électronique aussi fin.
Astuce : mode éco activé, viseur baissé à 60 Hz pendant les affûts, Bluetooth coupé, et deux batteries de plus gardées au chaud dans une poche intérieure en hiver. Vos anciennes batteries LP-E6N restent compatibles, mais elles brident la rafale maximale.

Quelle carte mémoire faut-il pour le Canon R5 ?

Le boîtier possède deux logements : un pour carte SD UHS-II et un qui exige une carte CFexpress Type B.
Je vous le déconseille formellement, une SD classique sature la mémoire tampon en pleine rafale : j’ai perdu un plongeon de martin-pêcheer à cause de ça (deux photos sur vingt possibles). Mon conseil : une SanDisk Extreme Pro en 128 ou 256 Go, entre 180 et 300 euros.

Jusqu’à combien d’ISO peut-on monter avec le Canon R5 ?

De 100 à 6 400 ISO, le bruit reste parfaitement contenu et homogène : c’est la plage où je travaille en sous-bois sans réfléchir.
Jusqu’à 12 800 ISO, le grain devient visible mais se corrige facilement dans Lightroom. Au-delà de 25 600 ISO, je vous le déconseille, car la saturation des couleurs se dégrade nettement.

Où acheter le Canon R5 au meilleur prix ?

Comparez les spécialistes photo (IPLN, Camara, MN Photo) et les grandes enseignes comme Amazon ou la Fnac : les écarts de prix sur le Canon R5 sont parfois surprenants d’un vendeur à l’autre.
Pensez aussi au marché de l’occasion depuis la sortie du R5 Mark II : on y trouve des boîtiers très peu utilisés, souvent achetés par des photographes qui photographiaient moins qu’ils ne l’espéraient.

Nikon Z5 II test : le meilleur rapport qualité/prix ?

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Adrien Coquelle

Qui est l'auteur

Adrien Coquelle

Photographe animalier professionnel

Photographe animalier professionnel depuis 2016, je parcours la Savoie à la recherche d'ambiances particulières, pour immortaliser les animaux emblématiques des Alpes.

Je forme également tous les mois de nombreux photographes voulant progresser rapidement en photo animalière et de nature grâce à mes stages et formations.

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