On voit passer beaucoup d’éloges sur les objectifs très lumineux, et cette optique conçue pour nos hybrides fait couler beaucoup d’encre. Avec sa très grande ouverture, les professionnels ne jurent que par lui pour isoler parfaitement un sujet dans un décor naturel. Les fiches techniques sont flatteuses, mais les promesses des constructeurs ne reflètent pas toujours notre réalité sur le terrain.
Lors d’une simple balade en forêt ou pour photographier ses petits-enfants dans le jardin, l’usage d’un tel outil de loisir pose vite des questions pratiques. Entre son tarif important, son poids qui frôle le kilo autour du cou et sa zone de netteté millimétrique, l’enthousiasme du début peut vite se transformer en déception.
Dans ce Test Sigma 85mm f/1.2 DG Art, je vous partage donc un bilan honnête, sans jargon technique ni calculs rébarbatifs. Mon intention est simplement de vous aider à réussir vos photos de proximité et à vous décider sereinement, sans risquer de voir un bel investissement finir au fond d’un placard.
LE SIGMA 85MM F/1.2 DG ART EN BREF :
Le Sigma 85mm f/1.2 DG Art est une optique d’exception conçue pour sublimer le portrait. Avec son ouverture record de f/1.2, il délivre un bokeh d’une douceur remarquable et une séparation des plans saisissante, tout en conservant une netteté chirurgicale dès la pleine ouverture grâce à sa formule intégrant des verres SLD et des lentilles asphériques.
Doté de la motorisation Dual HLA (High-response Linear Actuator) associée à un système de mise au point flottant, cet objectif assure une mise au point ultra-rapide, silencieuse et d’une précision millimétrique, particulièrement adaptée au suivi de l’œil.
Pensé pour les professionnels, il intègre des commandes complètes avec une bague de diaphragme décliquable, deux boutons AFL personnalisables et une protection complète contre les intempéries (poussière et éclaboussures).
En résumé : l’arme absolue pour les portraitistes en quête d’une signature visuelle unique et d’un piqué sans concession.
Pourquoi s’intéresser à l’objectif Sigma 85mm f/1.2 pour la nature ?
Quand on part se promener sur un chemin de terre ou en lisière de forêt, on a plutôt l’habitude de penser aux gros téléobjectifs pour photographier un chevreuil ou un pinson perché sur une branche. Alors, pourquoi diable aller s’encombrer d’un objectif à focale fixe comme ce 85 mm ?
En fait, la réponse tient en grande partie dans cette fameuse valeur gravée sur le fût : f/1.2. Derrière ce chiffre un peu mystérieux quand on reprend la photo après des années de pause, il n’y a pas besoin de calculs compliqués. Il faut simplement comprendre que l’ouverture de l’objectif fonctionne exactement comme la pupille de votre œil. Plus le chiffre après le « f/ » est petit, plus le diaphragme s’ouvre grand pour laisser entrer la lumière. Et avec une valeur de f/1.2, l’ouverture est tout simplement gigantesque.
Sur le terrain, quand vous marchez sous le couvert épais des arbres en fin d’après-midi, la lumière tombe très vite. Là où un objectif classique vous obligerait à monter dans des sensibilités ISO très élevées au risque de dégrader vos photos, ce modèle avale littéralement la lumière ambiante. En vissant cet imposant caillou sur le boîtier et en tournant la bague de diaphragme jusqu’au repère 1.2, on sent immédiatement sous les doigts que l’on tient un outil d’exception, conçu pour transformer une lumière banale en quelque chose de très doux.

Le charme des arrière-plans très flous
La véritable magie de cette très grande ouverture réside dans la séparation des plans. Avec les objectifs de kit vendus d’office avec les appareils photo (comme un 24-70mm f/4 ou les zooms de base), tout paraît souvent net sur la photo, depuis le premier plan jusqu’au dernier arbre en arrière-plan. Le résultat ? Une image qui manque cruellement de relief, surtout dans la nature où le décor est souvent fouillis.
Dans un bois ou au milieu d’un sous-bois, vous avez en permanence des branchages morts, des ronces ou des herbes sèches qui viennent parasiter votre composition. En ouvrant à f/1.2, la zone de netteté devient si étroite que tout ce qui se trouve derrière votre sujet disparaît complètement pour se fondre dans un flou crémeux.

Imaginez un instant la scène : vous êtes en balade avec votre chien ou vous profitez d’un dimanche après-midi avec votre petit-fils dans un jardin public. Avec un objectif classique, les bancs en bois, la clôture du voisin ou les promeneurs en arrière-plan attirent l’œil et gâchent l’image. Ici, le sujet se détache avec une netteté chirurgicale, et tout le décor secondaire est balayé, transformé en une véritable peinture aux teintes douces. C’est ce rendu si particulier qui rend ce Test Sigma 85mm f/1.2 DG Art si séduisant pour quiconque souhaite apporter une touche artistique immédiate à ses images de famille et de nature de proximité.

Une bonne distance pour ne pas déranger le sujet
L’autre grand atout de ce modèle, c’est sa focale de 85 millimètres. Beaucoup de débutants ont tendance à utiliser des focales courtes, comme le 35 mm ou le 50 mm, pour faire des portraits. Le problème sur le terrain, c’est qu’il faut se coller littéralement à quelques dizaines de centimètres de la personne ou de l’animal. Résultat garanti : votre petit-fils fait la grimace parce qu’il se sent surveillé, et votre chien tourne la tête ou vient renifler la lentille frontale.
À 85 mm, la perspective change complètement. Vous pouvez vous installer tranquillement à trois ou quatre mètres de distance, sans envahir l’espace vital de votre sujet. Vous vous faites oublier, vous discutez tranquillement, et c’est là que vous capturez des sourires sincères, des regards naturels et des attitudes détendues.
Attention toutefois à ne pas vous méprendre sur son utilisation en extérieur. Ne comptez absolument pas sur cet objectif pour faire de la photographie d’oiseaux ou chasser du grand gibier à l’orée d’un champ. Pour ce type de pratique, j’utilise un zoom puissant comme le Sigma 150-600mm Contemporary, car à 85 mm, un passereau ne représentera qu’un minuscule point perdu au milieu de votre cadre. Ce 85 mm est une optique de proximité et d’ambiance, taillée pour magnifier ce qui se trouve à portée de main.
Mais si les images obtenues font rêver sur le papier, emmener une telle pièce d’optique en bandoulière durant plusieurs heures de promenade réserve parfois quelques surprises physiques de taille…
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Une ouverture géante à f/1.2 qui capte un maximum de lumière en sous-bois pour vous éviter de monter inutilement dans les hauts ISO.
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Un arrière-plan totalement flouté pour isoler nettement votre sujet et faire disparaître les branchages parasites du décor.
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Une focale de 85 mm idéale pour photographier à quelques mètres de distance sans intimider vos proches ou votre animal.
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Un outil parfait pour le portrait et l’ambiance de proximité, totalement inadapté à la photographie d’oiseaux sauvages ou de gibier lointain.
Mon avis sur la prise en main et le confort d’utilisation
Dès la sortie de la boîte, on comprend tout de suite à quel genre de matériel on a affaire. En posant la main sur ce 85 mm, on n’a pas l’impression d’avoir un jouet en plastique entre les doigts. C’est froid, c’est dense, et les finitions inspirent immédiatement confiance. Mais entre une belle impression sur la table du salon et deux heures de marche sur un sentier caillouteux, il y a un monde. Voyons concrètement ce que ça donne quand on l’utilise sur le terrain.
Une qualité de fabrication rassurante contre les intempéries
Sur le plan de la construction, Sigma a fait un travail remarquable sur cette gamme Art. Le fût mélange du métal et des plastiques de très haute qualité qui ne craquent pas sous la paume. Pour nous qui aimons photographier dehors, c’est un point capital : l’objectif est entièrement équipé de joints d’étanchéité au niveau de la monture et des bagues. Concrètement, si une petite bruine d’automne vous surprend au fond d’un vallon ou que le vent soulève un nuage de poussière sur un chemin sec, vous n’avez pas besoin de paniquer et de tout ranger en catastrophe dans votre sac. La lentille frontale dispose aussi d’un traitement hydrofuge et oléofuge : l’eau glisse dessus sans former de grosses gouttes collantes, et les traces de doigts s’essuient d’un simple coup de chiffon microfibre.

Ce que j’apprécie tout particulièrement lors de mes sorties, c’est l’ergonomie générale des commandes. Vous n’avez pas besoin de quitter votre sujet des yeux ni de farfouiller dans les sous-menus complexes de votre appareil pour changer un paramètre. Tout se passe sous les doigts.
Sur le côté gauche, vous trouvez deux boutons AFL personnalisables. Lorsque je monte cet objectif sur mon Sony Alpha 7 IV (disponible chez IPLN, Camara, MN Photo ou Amazon), j’attribue par exemple à l’un de ces boutons le verrouillage de la mise au point sur l’œil. Mon pouce gauche tombe naturellement dessus sans faire le moindre effort de contorsion. Juste à côté, vous avez le commutateur pour basculer instantanément entre mise au point manuelle et autofocus, ainsi qu’un petit levier pour rendre la bague de diaphragme fluide ou crantée. Si vous préférez entendre et sentir chaque tiers de valeur d’ouverture sous les doigts, vous laissez le clic activé. C’est rassurant, précis, et ça évite de dérégler son ouverture par inadvertance en marchant.
Attention au poids dans votre sac à dos
Maintenant, il faut être totalement lucide sur le revers de la médaille, et c’est un point sur lequel je veux vraiment insister dans ce Test Sigma 85mm f/1.2 DG Art. Avec 905 grammes sur la balance, cet objectif pèse son poids. C’est presque un kilo de verre et de métal pur, sans compter le boîtier qui vient se visser derrière.

Pour vous donner une idée très concrète de la situation : une fois vissé sur un boîtier hybride plein format avec sa batterie et sa carte mémoire, vous tenez dans les mains un ensemble qui dépasse facilement 1,6 kg. Quand on a 25 ans et qu’on reste debout en studio pendant une heure, ce n’est pas un sujet. Mais quand on part se balader un dimanche après-midi pendant deux ou trois heures en forêt, la musique n’est plus du tout la même.
Si vous portez l’appareil avec la simple sangle de cou fournie d’origine, vous allez ressentir une traction continue sur les vertèbres cervicales au bout de quarante minutes de marche. L’objectif a tendance à basculer vers l’avant à cause de la taille de sa lentille frontale, ce qui cogne contre le ventre à chaque enjambée.

Voilà pourquoi je vous mets en garde : si vous avez des douleurs régulières aux épaules, au cou ou au dos, ou si votre plaisir est de marcher léger en glissant un petit boîtier dans une sacoche en bandoulière, cet encombrement va vite devenir une corvée. Et croyez-moi, l’erreur la plus triste avec un objectif de cette valeur, c’est de finir par le laisser au placard parce qu’on a la flemme de le porter. Pour profiter pleinement d’une telle optique sans vous ruiner le dos, il faut impérativement prévoir une courroie large en travers du buste (de type Sling) ou un harnais de poitrine qui répartit correctement la charge.
On voit donc que le confort physique demande une vraie concession sur le terrain. Mais qu’en est-il une fois qu’on porte le viseur à l’œil pour déclencher ? Est-ce que la promesse d’une netteté exceptionnelle à f/1.2 est réellement au rendez-vous dès la première photo ? C’est exactement ce que nous allons vérifier.
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Une fabrication robuste et rassurante en métal, dotée de joints d’étanchéité efficaces pour continuer à photographier sereinement sous une petite bruine ou dans la poussière.
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Une ergonomie pensée pour le terrain, avec deux boutons AFL personnalisables et une bague d’ouverture crantée pour ajuster vos réglages sans quitter votre sujet des yeux.
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Un poids très conséquent de 905 grammes qui bascule vers l’avant et tire lourdement sur les vertèbres cervicales avec une simple sangle de cou fournie d’origine.
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L’utilisation indispensable d’une courroie large de type Sling ou d’un harnais de poitrine pour soulager votre dos et éviter de laisser ce bel objectif dormir au placard.
Qualité d’image et mise au point : le verdict sur le terrain
Sur les anciennes générations d’objectifs très lumineux, ouvrir au maximum voulait souvent dire accepter un compromis assez frustrant. On obtenait certes un flou d’arrière-plan très marqué, mais l’image manquait cruellement de piqué au centre, avec des détails un peu pâteux et des contours baveux qu’il fallait rattraper en fermant le diaphragme d’un ou deux crans.
Ici, nous sommes sur une formule moderne et complexe, bourrée de verres spéciaux. Alors, que donne ce Test Sigma 85mm f/1.2 DG Art une fois qu’on quitte la théorie pour regarder les photos brutes sur un grand écran d’ordinateur ?
Une netteté remarquable dès la pleine ouverture
Je vous rassure tout de suite : vous n’avez pas besoin de visser le diaphragme à f/2 ou f/2.8 pour obtenir une image exploitable. Dès f/1.2, le piqué au centre est tout simplement bluffant.
Lors d’une sortie en fin de journée, j’ai fait le test sur mon chien assis sagement à l’ombre d’un sous-bois. En zoomant à 100 % dans le viseur électronique de mon Sony Alpha 7 IV, le niveau de détail saute aux yeux. Chaque poil autour des babines se détache avec une netteté chirurgicale, et le reflet du ciel dans la pupille est net au millimètre près.
Il faut savoir que Sigma a intégré deux verres SLD et trois lentilles asphériques dans ce fût. En pratique, cela permet d’éliminer presque totalement les franges pourpres ou verdâtres, ce qu’on appelle les aberrations chromatiques, que l’on retrouve si souvent sur les branchages à contre-jour avec des objectifs d’entrée de gamme. Les contrastes restent francs, les couleurs sont douces et naturelles, sans cet aspect voilé qui gâche parfois les prises de vue en sous-bois. Sur le plan de la qualité pure, cette optique n’a absolument rien à envier aux modèles deux fois plus chers des grands constructeurs.
L’erreur classique de la zone de netteté trop courte
C’est ici que se trouve le piège numéro un pour tous ceux qui reprennent la photo avec ce genre de matériel. Quand vous ouvrez à f/1.2 avec une focale de 85 mm, la profondeur de champ devient extrêmement étroite. À deux mètres de distance, votre zone de netteté ne mesure que quelques millimètres.

Voilà une situation classique qui arrive à tout le monde au début : vous photographiez votre chien ou votre petit-fils légèrement de trois-quarts. Si votre collimateur accroche le bout du museau ou le nez, les yeux se retrouvent déjà dans la zone de flou. Vous appuyez sur le déclencheur en pensant avoir réussi une photo magnifique, et au visionnage, le regard est complètement flou. C’est l’erreur typique, et elle ne pardonne pas à cette ouverture.
Heureusement, la motorisation autofocus Dual HLA fait des merveilles. En calant votre appareil sur la détection automatique de l’œil, le moteur réagit instantanément et verrouille la mise au point pile sur la pupille, même si le sujet fait un léger mouvement de tête d’avant en arrière. C’est un vrai soulagement sur le terrain, car faire une mise au point manuelle précise à f/1.2 sans aide électronique relève presque du coup de chance.
La limite frustrante pour photographier les petites fleurs
Il y a un autre détail très concret que les fiches commerciales oublient souvent de préciser, et qui m’a sauté aux yeux en me promenant dans les sous-bois. Cet objectif impose une distance minimale de mise au point d’environ 85 centimètres.

Ça n’a l’air de rien dit comme ça, mais sur le sentier, cela change beaucoup de choses. Si vous apercevez une jolie fleur sauvage au bord du chemin, une primevère ou un champignon qui pousse sur une souche de mousse, votre réflexe naturel est de vous accroupir et d’approcher l’appareil tout près pour remplir le cadre. Et là, c’est le blocage complet : l’appareil patine, refuse de déclencher ou cherche la mise au point dans le vide.
Pour réussir votre photo, vous êtes obligé de reculer de deux grands pas en arrière. À cette distance, la fleur apparaît alors toute petite au centre de votre image. Il faut donc être très clair : ce modèle n’est absolument pas pensé pour la macrophotographie. Si votre passion est de photographier les bourgeons, les insectes ou les pétales de très près, vous serez bien plus à l’aise avec une vraie optique dédiée comme le Sony FE 90mm f/2.8 Macro G OSS (disponible chez IPLN, Camara, MN Photo ou Amazon). Ce 85 mm Art est taillé pour les portraits et les sujets d’au moins cinquante centimètres de haut, pas pour l’infiniment petit.
Maintenant que vous connaissez ses forces optiques et ses vraies limites de cadrage, il reste une question fondamentale à trancher avant de sortir la carte bancaire : ce bijou mécanique justifie-t-il vraiment son tarif face aux autres alternatives qui existent sur le marché ?
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Un piqué remarquable dès la pleine ouverture à f/1.2, qui vous permet de photographier sereinement sans devoir fermer le diaphragme, avec un niveau de détail saisissant au centre et une excellente maîtrise des aberrations chromatiques en sous-bois.
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Une profondeur de champ millimétrique qui ne tolère aucune approximation sur le terrain : à cette très grande ouverture, le moindre décalage sur le nez ou le museau bascule instantanément les yeux de votre sujet dans un flou total.
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Un autofocus Dual HLA particulièrement réactif avec la détection de l’œil, un allié précieux et rassurant pour vous éviter le piège d’une mise au point manuelle presque impossible à réussir sans aide électronique.
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Une distance minimale de mise au point limitée à 85 centimètres, ce qui vous bloque totalement face aux petites fleurs sauvages ou aux champignons et réserve clairement cette optique aux portraits d’au moins cinquante centimètres.
Le rapport qualité/prix face aux autres alternatives du marché
Quand on commence à regarder les tarifs de ce genre d’optique haut de gamme, on a vite fait d’avoir un petit coup de chaud. Investir une somme pareille dans un objectif photo ne se fait pas à la légère, surtout si la photographie reste avant tout pour vous un plaisir du week-end ou une activité de loisir pour profiter de la retraite.
Alors, est-ce que ce gros caillou vaut réellement son pesant d’or par rapport à ce que propose la concurrence ? Pour y voir clair, il faut poser les chiffres sur la table et comparer ce qui est comparable, sans langue de bois commerciale.
Une belle économie face aux objectifs des constructeurs
Le premier réflexe quand on cherche une optique ultra-lumineuse, c’est généralement de se tourner vers la marque de son propre boîtier. Si vous photographiez chez Canon ou Nikon, vous avez probablement déjà aperçu les fameux 85mm ouvrant à f/1.2 au catalogue officiel, comme le Canon RF 85mm f/1.2L USM (disponible chez IPLN, Camara, MN Photo ou Amazon) ou le Nikon Z 85mm f/1.2 S.
Le problème, c’est la facture. Chez ces constructeurs historiques, ce genre de bijou technologique dépasse souvent allègrement la barre des 2 800 à 3 200 euros. C’est un budget colossal. En comparaison directe, le positionnement tarifaire de ce Sigma dans ce Test Sigma 85mm f/1.2 DG Art fait l’effet d’une vraie bouffée d’air frais, puisqu’il s’affiche généralement plusieurs centaines d’euros, voire un bon millier d’euros en dessous de ces sommes stratosphériques.
Et rassurez-vous : acheter une marque tierce comme Sigma aujourd’hui ne signifie absolument pas faire un compromis au rabais sur la qualité. Quand on prend cet objectif en main, qu’on manipule sa bague de diaphragme en métal bien crantée et qu’on regarde le piqué chirurgical dès la pleine ouverture, on se rend vite compte qu’il n’a rien à envier aux modèles officiels. Vous profitez d’une formule optique d’exception et d’un autofocus moderne avec moteur linéaire sans payer la taxe supplémentaire liée au logo de la marque de votre appareil. Pour se faire plaisir avec du très beau matériel sans vider complètement son livret d’épargne, c’est donc un choix particulièrement intelligent.
Le duel face aux objectifs ouvrant à f/1.4
C’est ici que le débat devient vraiment intéressant pour nous, amateurs de nature et de balades tranquilles. Avant de craquer pour ce modèle, posez-vous honnêtement la question : avez-vous un besoin impérieux de cette ouverture à f/1.2, ou est-ce qu’un modèle ouvrant à f/1.4 ne ferait pas tout aussi bien l’affaire ?
Il faut savoir que Sigma fabrique déjà une optique remarquable dans cette catégorie : le Sigma 85mm f/1.4 DG DN Art (disponible chez IPLN, Camara, MN Photo ou Amazon). Et quand on compare les deux sur le terrain, les différences physiques sautent aux yeux.
| Caractéristiques | Sigma 85mm f/1.2 DG Art | Sigma 85mm f/1.4 DG DN Art | Sony FE 85mm f/1.4 GM II |
|---|---|---|---|
| Ouverture maximale | f/1.2 | f/1.4 | f/1.4 |
| Poids | 905 g | 630 g | 642 g |
| Diamètre du filtre | 82 mm | 77 mm | 77 mm |
| Longueur | ~121 mm | 94 mm | 107 mm |
| Encombrement ressenti | Très lourd, pique du nez | Équilibré et compact | Équilibré |
| Tarif indicatif | Haut de gamme accessible | Bien plus abordable | Tarif constructeur élevé |
Regardez bien la ligne du poids dans ce tableau : il y a près de 275 grammes d’écart entre la version f/1.2 et la version f/1.4 de chez Sigma. Une fois vissé sur l’appareil et porté autour du cou, je peux vous garantir qu’on sent immédiatement la différence. Le f/1.4 est beaucoup plus court, ne bascule pas vers l’avant et se glisse sans forcer dans n’importe quel sac de randonnée classique.

Sur le plan visuel, la différence de flou d’arrière-plan entre f/1.2 et f/1.4 est minime. Pour un œil qui ne passe pas sa vie à scruter des agrandissements à 200 % sur un écran d’ordinateur, les arrière-plans restent magnifiquement fondus dans les deux cas. Vos portraits de famille et vos photos de sous-bois auront un relief superbe, que vous soyez à 1.2 ou à 1.4.
Voilà mon conseil de bon sens : si vous cherchez l’exclusivité absolue, le flou le plus crémeux possible et que porter un kilo de verre ne vous fait pas peur, ce 85mm f/1.2 est une optique sensationnelle qui comblera toutes vos attentes.

En revanche, si vos cervicales ou votre dos commencent à vous rappeler à l’ordre après deux heures de marche, la version ouvrant à f/1.4 reste un choix infiniment plus raisonnable. Vous ferez de belles économies au passage, et surtout, vous aurez un matériel beaucoup plus agréable à emmener régulièrement avec vous sur les sentiers.
Mais avant de prendre votre décision finale, il reste un dernier point crucial que beaucoup de photographes découvrent trop tard une fois sur le terrain, et cela pourrait bien changer totalement votre avis…
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Un tarif bien plus abordable que chez Canon ou Nikon, vous permettant d’économiser près de 1 000 euros pour une formule optique d’exception et une finition tout aussi irréprochable.
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Une différence de flou d’arrière-plan très subtile avec un modèle ouvrant à f/1.4, qui offre déjà des transitions magnifiquement douces pour vos portraits ou vos ambiances de sous-bois.
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Un embonpoint de plus de 900 grammes qui commence vite à tirer sur les cervicales et à faire piquer l’appareil du nez lors d’une longue sortie en pleine nature.
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Un choix de raison évident en faveur de la version f/1.4 si vous marchez beaucoup, plus légère de 275 grammes et nettement plus agréable à porter tout au long de la journée.
Fiche technique complète : Sigma 85mm f/1.2 DG Art
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Type d’objectif | Standard |
| Type de focale | Focale fixe |
| Focale | 85 mm |
| Ouverture maximale | f/1.2 |
| Compatibilité capteur | Plein format |
| Montures disponibles | Sony E, Monture L |
| Motorisation autofocus | Dual HLA |
| Système de mise au point | Flottant |
| Verres SLD (faible dispersion) | 2 |
| Lentilles asphériques | 3 |
| Traitement de la lentille frontale | Hydrofuge et oléofuge |
| Boutons AFL (verrouillage autofocus) | 2 |
| Bague d’ouverture (diaphragme) | Oui (décliquable) |
| Commutateur de clic de diaphragme | Oui |
| Sélecteur de mode de mise au point | Oui |
| Réduction du focus breathing | Oui |
| Stabilisation optique | Non |
| Résistance aux intempéries | Poussière et éclaboussures |
| Diamètre | 87,2 mm |
| Longueur en monture L | 119,7 mm |
| Longueur en monture Sony E | 121,7 mm |
| Poids | 905 g |
| Garantie | 3 ans |
| Référence fabricant | 323965 |
| Code EAN | 85126323653 |

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À vous de jouer
Une fois sur le sentier, vous verrez vite que le piège avec une telle optique consiste à vouloir tout photographier à f/1.2. On est tellement séduit par ce flou d’arrière-plan qu’on en oublie les petits mouvements imprévus.
Mon conseil pratique sur le terrain : face à un sujet vivant qui bouge un peu la tête, fermez d’un petit cran à f/1.4. Vous garderez cette faculté d’isoler magnifiquement votre sujet, tout en vous offrant la marge nécessaire pour garantir des yeux parfaitement nets.
Ce Test Sigma 85mm f/1.2 DG Art montre bien qu’on peut s’offrir une formule optique d’exception sans payer le prix fort des marques historiques, à condition d’assumer ce gros kilo de verre sur l’épaule au fil des kilomètres.
Ce compromis entre la fatigue physique et le plaisir pur de déclencher reste très personnel, et je suis sincèrement curieux de connaître votre avis là-dessus :
Et pour vous, quel est le poids maximal acceptable pour un seul objectif lors d’une balade de deux heures en forêt avant que le plaisir ne devienne une corvée ? Donnez-moi votre chiffre en grammes dans les commentaires !
Je vous souhaite de très belles photos et je vous dis à bientôt pour un nouvel article.
Adrien.
LE SIGMA 85MM F/1.2 DG ART EN BREF :
Le Sigma 85mm f/1.2 DG Art est une optique d’exception conçue pour sublimer le portrait. Avec son ouverture record de f/1.2, il délivre un bokeh d’une douceur remarquable et une séparation des plans saisissante, tout en conservant une netteté chirurgicale dès la pleine ouverture grâce à sa formule intégrant des verres SLD et des lentilles asphériques.
Doté de la motorisation Dual HLA (High-response Linear Actuator) associée à un système de mise au point flottant, cet objectif assure une mise au point ultra-rapide, silencieuse et d’une précision millimétrique, particulièrement adaptée au suivi de l’œil.
Pensé pour les professionnels, il intègre des commandes complètes avec une bague de diaphragme décliquable, deux boutons AFL personnalisables et une protection complète contre les intempéries (poussière et éclaboussures).
En résumé : l’arme absolue pour les portraitistes en quête d’une signature visuelle unique et d’un piqué sans concession.
Réponses à vos questions
Le Sigma 85mm f/1.2 DG Art vaut-il le coup face à la version f/1.4 ?
Dans ce Test Sigma 85mm f/1.2 DG Art, le constat est très clair : la version f/1.2 offre une séparation des plans spectaculaire, mais la différence visuelle avec un modèle ouvrant à f/1.4 reste très subtile sur le terrain.
Si vous marchez régulièrement, le modèle à f/1.4 pèse 275 grammes de moins et préserve vos vertèbres tout en coûtant bien moins cher.
Réservez ce modèle f/1.2 à votre pratique uniquement si vous recherchez le flou d’arrière-plan le plus crémeux sans regarder au poids.
Le poids de cet objectif n’est-il pas trop pénible en promenade ?
C’est un élément déterminant à prendre en compte avant l’achat.
Avec 905 grammes sur la balance, l’ensemble dépasse facilement 1,6 kilo une fois fixé sur votre boîtier hybride.
Si vous le portez avec une simple sangle autour du cou, vous ressentirez une vraie fatigue sur les cervicales après une heure de sentier.
Pour marcher confortablement en pleine nature, je vous recommande d’utiliser une courroie large en bandoulière qui répartit le poids sur votre épaule.
Est-il difficile de réussir la mise au point avec une ouverture de f/1.2 ?
À cette très grande ouverture, la profondeur de champ est millimétrique et la moindre imprécision se remarque tout de suite.
Si vous faites le point sur le museau d’un animal de compagnie, ses yeux seront irrémédiablement flous.
Pour obtenir des photos d’une netteté parfaite, activez sans hésiter la détection de l’œil sur votre appareil : l’autofocus Dual HLA de ce Sigma est ultra-réactif et accrochera le regard avec précision.
Peut-on faire de la photo rapprochée de fleurs avec le Sigma 85mm f/1.2 ?
Non, ce n’est absolument pas un objectif pensé pour la flore minuscule ou les insectes.
Avec une distance minimale de mise au point de 85 centimètres, vous devez rester à bonne distance de votre sujet sous peine de ne pas pouvoir déclencher.
Si vous aimez photographier les détails des petites plantes sauvages au ras du sol, une optique macro dédiée conviendra bien mieux à vos sorties.
Pourquoi privilégier Sigma face aux optiques officielles Sony, Canon ou Nikon ?
L’atout majeur se situe au niveau de votre budget.
Ce modèle permet d’économiser jusqu’à 1 000 euros par rapport aux téléobjectifs f/1.2 des marques de boîtiers, sans faire de concession sur le résultat.
Le niveau de piqué au centre est chirurgical dès la pleine ouverture et la protection contre la poussière ou l’humidité est exemplaire pour vos balades en extérieur.

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Qui est l'auteur
Adrien Coquelle
Photographe animalier professionnel
Photographe animalier professionnel depuis 2016, je parcours la Savoie à la recherche d'ambiances particulières, pour immortaliser les animaux emblématiques des Alpes.
Je forme également tous les mois de nombreux photographes voulant progresser rapidement en photo animalière et de nature grâce à mes stages et formations.
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