Ouverture du diaphragme : comprendre son fonctionnement

Suite du guide  sur le triangle d’exposition. Après avoir vu la vitesse d’obturation, nous allons maintenant aborder le deuxième pilier, à savoir l’ouverture du diaphragme. Notion fondamentale de la photographie, elle n’est cependant pas la plus simple à comprendre ni à maîtriser pour le débutant car, elle provoque indirectement un phénomène un peu abstrait : la profondeur de champ. Mais nous en parlerons en détails dans un article séparé. Alors prenez bien le temps de comprendre ce qui est abordé ici, car l’ouverture du diaphragme est tout simplement le réglage qui vous permettra le plus d’augmenter votre créativité.

 

fonctionnement-appareil-photo

 

QU’EST-CE QUE L’OUVERTURE DU DIAPHRAGME ?

Le diaphragme est un mécanisme qui se trouve à l’intérieur de votre objectif. Il permet d’ajuster la quantité de lumière reçue par le capteur en augmentant ou en diminuant le diamètre de son ouverture. C’est la « pupille » de l’appareil photo.

Sa valeur s’exprime de la façon suivante : F/nombre. Elle est modifiable directement sur le boîtier et  évolue par crans, selon l’échelle suivante :

 

f/1 – f/1,4 – f/2 – f/2,8 – f/4 – f/5,6 – f/8 – f/11 – f/16 – f/22 – f/32 – f/45 – f/64 

Diamètre grand <—————————————–> Diamètre petit

=

ouverture du diaphragme

 

 

L’augmentation du nombre d’ouverture a pour conséquence la fermeture du diaphragme, ce qui entraîne en toute logique une exposition moins importante du capteur par la lumière. Par convention et facilité d’utilisation, il a été convenu que le passage à chaque cran suivant diminue la quantité de lumière reçue par deux et inversement. Vous aurez par exemple deux fois plus de lumière à f/2 qu’à f/2,8, mais deux fois moins qu’à f/1.4…. Vous êtes complètement perdu ? PAS…DE…PANIQUE !

Je l’étais aussi à mes débuts et c’est totalement normal de ne rien comprendre à tous ces nouveaux termes techniques, on passe tous par là, rassurez-vous. Prenez bien le temps de relire tout ceci et de tester directement sur votre boîtier la conséquence du changement de l’ouverture sur l’exposition de la photo. Si vous ne comprenez pas tout de suite toutes ces histoires d’échelle et de “f/machin”, ce n’est pas grave, cela viendra avec l’expérience. Pour le moment, si vous ne devez retenir qu’une seule chose au delà de ces termes barbares, c’est que: 

  • Plus vous ouvrez le diaphragme et plus vous laissez entrer de  la lumière. Et inversement.

 

Grenouille
Ghislaine n’y comprend pas grand chose…

 

Pour finir voici une petite histoire pour comprendre concrètement le fonctionnement de l’ouverture du diaphragme :

Observez attentivement votre chat Hector sur le canapé du salon (ou votre copine Josiane, mais elle risque de trouver ça bizarre que vous la fixiez d’un coup…). Hector, outre le fait d’avoir un poil très soyeux, a la particularité de posséder des yeux bleus magnifiques, avec des pupilles noires bien larges et bien rondes (comme Josiane d’ailleurs… les yeux, pas le poil !). Hector est un chat qui, dans la vie, aime principalement deux choses : les croquettes et recevoir énormément de caresses (comme Josiane ???).

Mais ce qu’Hector préfère par dessus tout, c’est recevoir des caresses affalé sur le rebord de la fenêtre, à se dorer le ventre en plein soleil. Avez-vous remarqué que les pupilles d’Hector, au moment de passer à la lumière, se sont complètement fermées et ressemblent maintenant à des yeux de serpent prêt à vous mordre dans votre sommeil ?

 

pupille chat
http://perception.visuelle.free.fr/IV-4.php

 

Que s’est-il passé ? Et bien pour compenser le surplus de lumière apporté par le soleil et pour ne pas se cramer les nerfs optiques, Hector a dû diminuer sensiblement l’ouverture de ses pupilles, afin de laisser passer beaucoup moins de lumière, tout simplement.  L’ouverture du diaphragme sur un appareil photo fonctionne exactement comme les pupilles d’Hector (ou de votre copine, mais c’est moins visible chez les humains…) : plus il y a de lumière et plus il faut diminuer l’ouverture du diaphragme pour ne pas se retrouver avec une photo cramée.

 

COMMENT CHANGER L’OUVERTURE ?

 

50 mm f1.4
Canon EF 50 mm f/1.4 USM

 

Tout d’abord, il est utile de savoir à quelle ouverture maximale un objectif peut ouvrir. Les fabricants indiquent quasiment toujours la pleine ouverture de l’objectif sur la partie frontale ou sur le côté. Cherchez la bien, elle est souvent notée à côté de la longueur focale de la façon suivante “50mm 1:1.4”, ce qui signifie qu’on a dans les mains un 50mm ouvrant au maximum à f/1.4.

Plus ce nombre est petit, plus l’objectif est lumineux et… cher ! En effet, la recherche de la luminosité maximale est un critère très important dans la qualité et la construction d’un objectif et peut à elle seule faire flamber les prix. Jugez un peu : quelle est selon vous la différence entre un Sigma 300 mm f/4 et un Sigma 300mm f/2.8 ? Pas grand chose sur le papier, seulement un diaphragme en moins qui laisse entrer 2 fois plus de lumière… Oui mais dans les faits, il y a entre les deux objectifs 2 000€ de différence, rien que ça … !

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Pour changer la valeur de l’ouverture il suffit de tourner la molette à l’arrière du boitier : un coup vers la droite et vous diminuez l’ouverture, un coup vers la gauche et vous augmentez l’ouverture, c’est aussi simple que cela.

 

canon 7D

 

 

LA PROFONDEUR DE CHAMP

Nous y voilà, la fameuse profondeur de champ  ! Cette notion est difficile à comprendre car il s’agit d’un phénomène optique assez abstrait qui varie en fonction de nombreux paramètres, dont l’ouverture du diaphragme. Un article entier lui sera consacré tant elle est complexe à expliquer et à maîtriser. Mais pour le moment, voyons ce que Wikipédia a à nous dire là-dessus :

“Pour un réglage et une utilisation donnés d’un appareil photographique, la profondeur de champ correspond à la zone de l’espace dans laquelle doit se trouver le sujet à photographier pour que l’on puisse en obtenir une image que l’œil (ou un autre système optique) acceptera comme nette.”

 

Afin de comprendre ceci, prenons à nouveau un exemple concret (Pose Nature se dédouane de toute moquerie si vous faites cela dans un lieu public)  :

  • Collez l’index de votre main gauche sur le bout de votre nez, tendu vers le haut
  • Tendez l’index de votre main droite de la même manière mais le plus loin possible de vous
  • Fixez votre index droit et focalisez votre attention uniquement dessus.

Prenez alors conscience de tout l’environnement qui vous entoure : la chaise, la plante, Josiane, la tasse de café posée sur la table, … Vous pouvez voir facilement que votre index gauche, ainsi que les objets qui se trouvent derrière votre index droit, vous apparaissent floutés. Vous pouvez également observer que, plus un objet se trouve loin de vous, plus il est fortement flouté, n’est-ce pas ? Et bien la profondeur de champ en photographie c’est exactement la même chose: il s’agit de la zone où le sujet apparaît net et cette zone est “coincée” entre deux zones floues (une avant le sujet et l’autre après le sujet).

Il est également intéressant de noter que ce phénomène sera beaucoup plus prononcé plus un objet sera éloigné (en avant ou en arrière) de cette zone. Pour observer ce phénomène, rapprochez lentement votre index gauche vers le droit, vous constaterez que plus il se rapproche et moins il apparaît flou, jusqu’à devenir complètement net.

Pour finir, une image valant mieux que des mots :

 

ClothesPin

© GreyScaleGorilla – Evolution de la profondeur de champ

 

EN QUOI L’OUVERTURE INFLUENCE T-ELLE LA PROFONDEUR DE CHAMP ?

Tout simplement parce que plus l’ouverture est grande, plus la profondeur de champ est petite et inversement. Retenez-donc simplement ceci :

 

  • Plus l’ouverture est grande, plus la profondeur de champ est petite
  • Plus l’ouverture est petite, plus la profondeur de champ est grande

 

En quoi cela peut bien nous servir ? Nous verrons tout cela en détail dans un article consacré au bokeh, mais pour le moment considérez juste qu’une faible profondeur de champ est beaucoup plus intéressante dans 90% des cas. Elle permet en effet de noyer votre sujet dans un flou artistique et de le mettre beaucoup plus en valeur (excepté pour les paysages, où généralement on cherche la plus grande profondeur possible). C’est donc pour cela que les objectifs ayant une très grande ouverture sont très prisés par les photographes cherchant à donner un rendu artistique à leurs photos (outre le fait qu’ils sont aussi très lumineux et donc plus pratiques d’utilisation).

Rappelez-vous en quand vous craquerez le portefeuille pour vous payer un Sigma 500 mm f/4

 

f/2.8
Ouverture à f/2.8, le fond est complètement flou, on ne distingue pas la bibliothèque.
f/22
Ouverture à f/22, le fond est beaucoup plus net, et on commence à percevoir les formes

 


CONCLUSION

C’est tout pour aujourd’hui, j’espère que vous avez appris des choses et que les explications étaient assez claires. Si vous n’avez pas compris certaines choses n’hésitez pas à relire l’article et à poser des questions en commentaire. Nous verrons bientôt le dernier pilier du triangle d’exposition, à savoir la sensibilité ISO. En attendant je vous invite à (re)lire celui sur la vitesse d’obturation pour apprendre à suggérer le mouvement ou pour avoir des photos bien nettes.

Sur ce, bonnes photos !