Test Canon R5 Mark II : la référence absolue chez Canon

par Adrien Coquelle

Le test du Canon R5 Mark II que je partage avec vous aujourd’hui part d’un constat bien réel sur le terrain. On passe parfois deux heures immobiles dans le froid pour apercevoir un animal, et au moment fatidique, on rate son image à cause d’un bouton mal placé ou d’une mise au point qui patine.

Je vous rassure tout de suite, nous allons laisser les fiches techniques d’ingénieurs au placard. Mon but est simplement de vérifier si ce boîtier vous aide à réussir vos photos d’animaux sauvages plus facilement lors de vos sorties.

Nous allons d’abord examiner son confort et son poids pour vos balades, avant de nous pencher sur cet autofocus réputé pour accrocher le regard des oiseaux sans effort. Nous verrons ensuite comment il se comporte dans la pénombre des sous-bois, sans cacher ses vrais défauts comme sa batterie gourmande et le surcoût de ses cartes mémoire.

Commençons sans plus attendre par sa prise en main une fois sur le terrain.

Canon EOS R5 Mark II

LE CANON EOS R5 MARK II EN BREF :

Le Canon EOS R5 Mark II franchit un cap majeur avec l’intégration d’un nouveau capteur plein format rétroéclairé empilé de 45 millions de pixels épaulé par un double processeur DIGIC Accelerator et DIGIC X pour des cadences et un traitement ultra-rapides.

Doté d’un autofocus boosté par le Deep Learning et du système innovant de pilotage par l’œil, il assure un suivi prédictif sans faille sur les animaux et sujets rapides, couplé à une rafale atteignant 30 images par seconde.

En résumé : un boîtier hybride professionnel complet, alliant haute résolution, réactivité fulgurante et polyvalence extrême sur le terrain.

Qualité des photos
Autofocus
Montée en iso
Capteur Plein format rétroéclairé empilé (Stacked BSI)
Définition 45 Mpx
Rafale Jusqu’à 30 im/s avec suivi AF/AE
Vidéo 8K RAW 60p / 4K 120p
Chapitre 01

Prise en main : le Canon R5 Mark II est-il facile à utiliser ?

Quand on prend pour la première fois en main un appareil photo de ce calibre, la première crainte qui vient en tête est tout à fait normale : est-ce qu’on n’est pas en train d’acheter une usine à gaz réservée aux ingénieurs ? À plus de 4000 euros le boîtier nu, vous avez parfaitement le droit de vous demander si vous allez réussir à l’utiliser dès votre prochaine sortie sans devoir vous arracher les cheveux sur le terrain.

Je vous le dis tout de suite : pour ce test Canon R5 Mark II, j’ai voulu voir ce qu’il donnait sous la pluie, dans le froid et avec des gants, là où l’ergonomie fait toute la différence entre une photo réussie et un sujet qui s’envole pendant qu’on cherche la bonne molette.

1.1

Le poids et la taille pour vos longues balades en nature

Si vous avez l’habitude de randonner sur plusieurs kilomètres avec un sac à dos déjà chargé d’une gourde, d’une polaire et parfois d’un affût pliable, chaque centaine de grammes compte pour vos cervicales. Le boîtier seul pèse environ 740 grammes avec sa batterie et sa carte mémoire. Dès qu’on le prend en main, la poignée est remarquablement profonde : vos quatre doigts trouvent naturellement leur place sans que l’auriculaire ne glisse dans le vide en dessous.

Gros plan sur le boîtier Canon EOS R5 Mark II avec un téléobjectif lors d'un test de photographie de nature en forêt humide.

Mais sur le terrain, vous n’allez jamais vous promener avec un boîtier nu. Pour ma part, j’ai monté le téléobjectif Canon RF 100-500mm f/4.5-7.1L IS USM (disponible chez IPLN, Camara, Amazon ou MN Photo) dessus pour faire mes essais en montagne. L’ensemble flirte alors avec les 2,1 kilos. C’est un poids bien réel, c’est certain, mais l’équilibre général est tellement bien pensé que le nez de l’objectif ne plonge pas vers l’avant. Quand vous marchez pendant trois heures en sous-bois en tenant l’ensemble d’une seule main le long de la jambe, la courbure de la poignée soulage vraiment les avant-bras.

Pour les personnes qui ont un peu d’arthrose ou qui craignent la fatigue musculaire en fin de journée, c’est un point capital : vous pouvez garder l’appareil à la main prêt à déclencher sans ressentir cette douleur désagréable au poignet après seulement une demi-heure de marche.

Éléments en balade Poids mesuré Sensation après 2h de marche
Boîtier R5 Mark II nu (avec batterie) ~740 g Très compact en main
Avec objectif Canon RF 100-500mm ~2,1 kg Bien équilibré, poignée très reposante
Ensemble complet en bandoulière ~2,3 kg Confortable avec une sangle large

Illustration pédagogique expliquant la configuration du bouton AF-ON pour la mise au point arrière sur un Canon EOS R5 Mark II, séparant le déclenchement de l'autofocus.

1.2

Faut-il avoir peur des menus Canon ?

On ne va pas se mentir : la première fois qu’on allume l’écran arrière et qu’on appuie sur la touche Menu, on se retrouve face à des dizaines d’onglets colorés. Il y a de quoi prendre peur et refermer l’écran aussitôt. Pourtant, la réalité du terrain est beaucoup plus simple. Vous n’avez besoin de toucher qu’à une infime partie de ces réglages pour obtenir des images parfaitement nettes.

Le grand secret sur ce boîtier, c’est de personnaliser deux ou trois boutons pour ne plus jamais avoir à ouvrir les menus une fois dehors. Par exemple, au lieu de déclencher et de faire le point avec la même touche à mi-course, j’ai assigné l’autofocus directement sur le bouton arrière AF-ON.

En pratique, voilà comment ça se passe : vous repérez un chevreuil au bord d’un chemin, vous appuyez avec votre pouce droit sur ce bouton arrière pour verrouiller la netteté sur l’animal, et votre index ne sert plus qu’à déclencher au moment opportun. C’est d’une simplicité totale et cela vous évite de pomper la mise au point par erreur quand l’animal bouge légèrement derrière des branchages.

De plus, Canon propose un onglet vert intitulé « Mon Menu ». Vous y glissez vos cinq réglages favoris, comme le formatage de carte ou le choix de la cadence de rafale, et vous oubliez définitivement le reste de la machine.

Photo de chevreuil en forêt brumeuse réalisée lors du test du Canon EOS R5 Mark II avec un objectif RF 600mm f/4L IS USM.

L’ergonomie générale s’avère donc très rassurante dès la première heure d’utilisation. Mais le vrai choc avec ce boîtier arrive au moment précis où un animal sauvage surgit devant vous et que vous portez l’œilleton à votre œil…

En bref
  • Une poignée profonde et très confortable qui soulage la main et évite les douleurs au poignet, même après des heures de marche.
  • Un poids maîtrisé d’environ 2,1 kg avec le zoom 100-500mm, grâce à un équilibre remarquable qui ne tire pas sur les bras.
  • Une interface vite apprivoisée en plaçant vos cinq réglages essentiels dans l’onglet « Mon Menu » pour ne plus jamais vous perdre.
  • L’astuce du bouton arrière AF-ON pour verrouiller la netteté au pouce et photographier les animaux sans risquer le moindre flou.
Chapitre 02

L’autofocus du R5 Mark II face aux animaux sauvages

C’est exactement là que la magie commence à opérer. Si vous venez d’un reflex traditionnel ou d’un hybride plus ancien, vous avez certainement l’habitude de vous battre avec votre collimateur central. Vous deviez caler ce petit carré au milieu de la tête de l’animal, mémoriser la mise au point à mi-course, puis recadrer doucement en retenant votre souffle avant d’oser déclencher. En photographie de nature, c’était le meilleur moyen d’obtenir une branche d’épicéa parfaitement nette et un oiseau totalement flou juste derrière.

Avec ce boîtier, cette corvée appartient au passé.

Photographe tenant le boîtier Canon EOS R5 Mark II lors d'un test en forêt alpine humide avec brume matinale.

2.1

La détection des yeux : un piège à netteté redoutable pour oiseaux et mammifères

Pour ce test Canon R5 Mark II, je suis parti marcher en sous-bois très tôt le matin, à l’heure où les chevreuils broutent encore à la lisière et où les passereaux s’activent dans les branches basses. J’avais monté pour l’occasion le téléobjectif Canon RF 200-800mm f/6.3-9 IS USM (disponible chez IPLN, Camara, MN Photo ou Amazon), une optique idéale pour aller chercher les petits sujets timides sans les effrayer.

Il faut savoir que l’autofocus ne se contente plus de chercher une zone de contraste. Il a été programmé pour reconnaître les formes vivantes. Concrètement, dès qu’une grive ou un renard pointe le bout de son museau entre deux fougères, un petit cadre blanc apparaît sur son corps, puis se resserre immédiatement en un minuscule carré bleu posé sur sa pupille. Même si l’animal remue la tête pour surveiller les alentours, le point reste rivé sur son regard avec une précision incroyable.

La semaine dernière, j’observais une sittelle torchepot qui descendait le long d’un tronc de chêne à toute vitesse, au milieu d’un fouillis de brindilles mortes. Avec mes anciens boîtiers, le point sautait systématiquement sur l’écorce rugueuse au premier plan. Ici, le système ignore les brindilles pour garder l’œil de l’oiseau d’une netteté chirurgicale. Pour nous, quand la vue commence à fatiguer un peu après une longue journée dehors, c’est un confort inestimable : vous n’avez plus besoin d’écarquiller les yeux dans le viseur pour vérifier si le point est bon, l’appareil s’en charge pour vous à 100%.

Schéma pédagogique comparatif de l'autofocus intelligent du Canon R5 Mark II vs autofocus classique sur un oiseau en forêt.

2.2

Suivre un oiseau en plein vol sans réflexes d’athlète

L’autre grande angoisse quand on débute ou qu’on reprend la photo animalière, ce sont les sujets en mouvement rapide. Combien de fois avez-vous vu un héron décoller brusquement ou un chevreuil détaler à travers une clairière sans réussir à garder la netteté dessus pendant sa course ? On panique, on essaie de bouger le point manuellement, et la scène est déjà terminée.

Sur le terrain, quand vous tenez l’appareil bien calé contre votre visage, les coudes serrés près du corps et la paume gauche calée sous le fût du téléobjectif pour assurer la stabilité, la sensation est bluffante. Vous visez simplement la zone où se trouve le sujet, vous pressez votre touche de mise au point, et le boîtier prend le relais. Il verrouille la cible sur l’ensemble du capteur. L’oiseau peut traverser tout votre champ de vision, monter, descendre : le cadre de netteté colle à ses plumes sans jamais décrocher vers l’arrière-plan.

Canon a également intégré le pilotage de l’autofocus par l’œil dans le viseur électronique. En gros, de minuscules capteurs infrarouges détectent l’endroit précis où votre regard se pose dans l’œilleton. Si deux canards s’envolent ensemble sur un étang, vous n’avez pas besoin de manipuler une quelconque molette : vous regardez simplement le canard qui vous intéresse, et le collimateur saute dessus instantanément pour le verrouiller. Une fois la calibration faite avec vos lunettes de vue ou vos yeux nus, c’est d’un naturel déconcertant.

Mésange huppée aux ailes déployées sur une branche de pin, illustrant la précision de l'autofocus lors du test du Canon R5 Mark II en photographie de nature.

Régler la netteté en plein vol par une belle matinée dégagée devient donc presque un jeu d’enfant. Mais obtenir une mise au point parfaite ne fait pas tout : que se passe-t-il quand la lumière vient à manquer cruellement au cœur d’une forêt dense ? C’est ce que nous allons vérifier tout de suite avec le prochain point.

En bref
  • La détection intelligente accroche l’œil des oiseaux et des mammifères au millimètre près, en ignorant naturellement les branches et le feuillage.
  • Le suivi en continu verrouille les sujets en plein vol sur tout le capteur, sans jamais décrocher vers l’arrière-plan.
  • Le pilotage par votre regard dans le viseur permet de choisir votre sujet en un simple coup d’œil, y compris avec des lunettes de vue.
  • Vous gagnez un confort visuel inestimable qui soulage la fatigue des yeux et supprime la corvée du recadrage à mi-course.
Chapitre 03

La qualité d’image dans les conditions difficiles

On a tous vécu cette situation délicate en forêt : le jour se lève à peine, l’ambiance est magnifique avec cette brume légère entre les troncs d’arbres, mais sous le feuillage, il fait encore sombre. C’est l’instant précis où les animaux sortent de leur cachette, mais c’est aussi le pire moment pour notre matériel. Pendant ce test Canon R5 Mark II, j’ai voulu pousser ce boîtier dans ses retranchements là où la plupart des appareils montrent vite leurs limites, au cœur de la pénombre glaciale d’un sous-bois alpin à six heures du matin.

3.1

Gérer le manque de lumière en sous-bois au petit matin sans bruit excessif

Quand la lumière manque sous les arbres, on n’a pas d’autre choix que de monter la sensibilité du capteur, les fameux ISO. Sur beaucoup d’anciens appareils, dès qu’on monte un peu dans les chiffres, l’image se couvre d’un vilain voile granuleux qu’on appelle le bruit numérique. Les fins détails des plumes ou des poils se noient dans cette purée de pois, et la photo finit bien souvent à la corbeille.

Il faut savoir que le nouveau capteur rétroéclairé de ce boîtier encaisse remarquablement bien ce problème. Lors d’un affût matinal, j’avais monté mon fidèle Sigma 150-600mm f/5-6.3 Contemporary avec la bague d’adaptation EF-EOS R. Cet objectif reste une référence très économique pour débuter en animalier, mais son ouverture à f/6.3 demande beaucoup de lumière pour figer le mouvement d’un animal sans risquer de flou de bougé.

Test Canon R5 Mark II : prise en main du boîtier avec téléobjectif en forêt à l'aube pour la photo animalière

Accroupi au pied d’un grand épicéa, j’ai vu surgir une chevrette à moins de vingt mètres. La lumière était si faible que pour garder une vitesse de sécurité au 1/500e de seconde, le boîtier est monté tout seul à 6400 ISO. En faisant tourner la molette arrière avec mon pouce pour affiner l’exposition tout en gardant l’œil bien calé dans le viseur, j’avais peur de découvrir une image inexploitable sur l’ordinateur. Et bien, pas du tout. Les poils fins du museau et les gouttes de rosée sur son pelage restent parfaitement nets et lisibles. Le grain existe, évidemment, mais il est très fin, très doux, et ne gâche pas la texture naturelle du sujet.

Illustration comparative de la gestion du bruit ISO en forêt entre le Canon R5 Mark II et un ancien capteur pour la photo animalière.

3.2

Le grand avantage des 45 mégapixels pour recadrer vos sujets lointains

En balade nature, l’autre grand casse-tête reste la distance. Même avec une longue focale, on se retrouve souvent trop court. Ce rouge-gorge posé tout au bout d’un buisson ou ce renard qui traverse le champ d’en face paraît minuscule dans le cadre. Avec un capteur classique de 20 ou 24 mégapixels, si vous essayez de couper dans l’image sur l’ordinateur pour agrandir l’animal, la photo perd toute sa netteté et devient vite inutilisable.

C’est là que les 45 millions de pixels de ce boîtier changent la donne : ils vous offrent un véritable filet de sécurité. Vous enregistrez une telle quantité d’informations à chaque déclenchement que vous pouvez tranquillement recouper la photo chez vous pour combler le manque de portée de votre objectif.

Type de recadrage Résolution conservée Résultat pour vos tirages
Photo d’origine brute (sans recadrage) 45 Mpx Tirage géant d’exposition (format A2 ou supérieur) avec des détails extrêmes
Recadrage moyen (sujet un peu éloigné) ~24 Mpx Grand tirage d’art A3 sans aucune dégradation visible
Recadrage important (zoom x1.6 simulé) ~17 Mpx Tirage net pour votre livre photo A4 ou partage sur écran

Gros plan détaillé d'une chevrette dans la brume matinale, illustrant la précision de l'autofocus lors du test Canon R5 Mark II.

Concrètement, même en coupant plus de la moitié de votre image pour isoler un petit oiseau un peu timide, le fichier conserve largement assez de piqué pour un magnifique tirage dans votre salon. Voilà qui compense largement le fait de ne pas avoir sur soi une optique géante et hors de prix.

Cette qualité d’image bluffante au lever du jour et cette grande réserve de détails ont de quoi faire rêver n’importe quel passionné d’animaux. Mais pour faire tourner une telle mécanique sur le terrain pendant des heures, il existe deux contraintes pratiques bien réelles dont la notice ne parle presque jamais…

En bref
  • Une montée en sensibilité remarquable dans les sous-bois sombres : le capteur rétroéclairé encaisse 6400 ISO en gardant un grain très fin qui préserve la texture naturelle du pelage et des plumes.
  • Une excellente nouvelle pour les téléobjectifs accessibles comme le Sigma 150-600mm f/5-6.3, dont la petite ouverture est parfaitement compensée par la propreté du boîtier.
  • Les 45 mégapixels agissent comme un véritable filet de sécurité, vous permettant de recadrer franchement sur votre ordinateur pour combler le manque d’allonge face à un animal distant.
  • Une réserve de détails impressionnante qui vous permet d’obtenir de magnifiques tirages d’exposition, même après avoir coupé plus de la moitié de votre photo d’origine.
Chapitre 04

Les vrais défauts constatés lors de notre essai

Après avoir passé des journées entières sur les sentiers avec ce boîtier entre les mains, il serait malhonnête de vous dresser un tableau idyllique sans aborder ce qui fâche. Un test Canon R5 Mark II digne de ce nom doit aussi mettre le doigt sur les vrais points de friction, ceux qu’on ne voit jamais sur la fiche technique en magasin, mais qui vous sautent au visage dès que vous vous retrouvez dehors à attendre le passage des animaux.

Parce qu’entre les promesses sur le papier et la réalité d’une matinée glaciale en forêt, il y a des détails qui changent totalement l’expérience. Et pendant mes sorties, deux contraintes majeures m’ont sauté aux yeux.

4.1

Une autonomie de batterie qui fond à vue d’œil en plein hiver

Il faut savoir qu’animer un capteur de 45 millions de pixels, deux processeurs ultra-rapides et un viseur électronique haute définition qui rafraîchit l’image en continu, cela demande une quantité phénoménale d’énergie. Canon a d’ailleurs conçu une nouvelle batterie spécifique pour ce modèle : la LP-E6P.

Sur le papier, l’autonomie officielle annonce environ 380 à 400 photos par charge. Mais sur le terrain, en pleine nature, la réalité est bien différente.

Je me souviens très bien d’un matin de novembre au bord d’une clairière. Il faisait à peine deux degrés au thermomètre. Après deux heures à guetter l’orée du bois, l’œil régulièrement collé au viseur et le système de détection des yeux en veille active, j’ai vu l’indicateur de batterie passer de trois barres pleines au symbole rouge clignotant après seulement 220 déclenchements. Avec des gants légers aux doigts, j’ai dû ouvrir en urgence la trappe sous la semelle du boîtier, extraire la batterie chaude et glisser une batterie de rechange en essayant de ne pas la faire tomber dans la boue et les aiguilles de pin.

Gros plan d'un photographe insérant une batterie LP-E6P dans le boîtier Canon EOS R5 Mark II lors d'un test en forêt brumeuse.

Si vous possédez d’anciennes batteries de type LP-E6NH provenant d’un précédent boîtier Canon, vous pourrez certes les insérer pour dépanner. Cependant, l’appareil bride immédiatement plusieurs fonctions de pointe, comme les rafales les plus rapides ou certains modes vidéo très gourmands.

Pour une longue matinée de balade sans stresser devant un chevreuil ou un renard, vous devez impérativement glisser au moins deux batteries supplémentaires bien au chaud dans la poche intérieure de votre veste polaire. Le froid reste le pire ennemi de ces accumulateurs chimiques, et c’est un coût à prévoir dès l’achat.

4.2

Le budget caché des cartes mémoire CFexpress Type B

Le deuxième point de friction concerne le stockage. On a tendance à l’oublier au moment de casser sa tirelire pour le boîtier nu : comment allez-vous enregistrer ces énormes images ?

Le boîtier propose deux fentes distinctes sur le côté droit. La première accueille une carte classique au format SD, tandis que la seconde exige une carte au format CFexpress Type B. Et là, il ne faut surtout pas faire l’erreur classique du débutant qui consiste à vouloir recycler ses vieilles cartes SD lentes.

Infographie pédagogique comparant le goulot d'étranglement d'une carte SD (90 Mo/s) face à la rapidité d'une carte CFexpress Type B (1500 Mo/s) pour le tampon du Canon EOS R5 Mark II en photo animalière.

Avec une cadence qui grimpe jusqu’à 30 images par seconde en obturateur électronique et des photos brutes très lourdes, l’appareil produit un torrent de données (plus de 1,2 Go par seconde de rafale). Si vous utilisez une carte SD ordinaire, le boîtier s’étouffe au bout de deux secondes à peine : le voyant rouge d’écriture reste allumé en continu, le boîtier se bloque pour vider sa mémoire tampon, et vous vous retrouvez impuissant à regarder un rapace s’envoler sans pouvoir déclencher.

Type de carte mémoire Vitesse d’écriture réelle Comportement en rafale animalière Prix moyen constaté
Carte SD standard (UHS-I) ~70 à 90 Mo/s Boîtier bloqué après 1 à 2 secondes, vidage très lent 25 € à 40 €
Carte SD rapide (UHS-II V90) ~250 à 280 Mo/s Dépanne bien mais sature vite sur les longues rafales 110 € à 160 €
Carte CFexpress Type B (ex: SanDisk Extreme Pro) 1200 à 1700 Mo/s Rafale ininterrompue, vidage instantané du tampon 180 € à 350 €

Pour utiliser ce boîtier sans aucune frustration, l’achat d’une bonne carte CFexpress Type B, comme une SanDisk Extreme Pro ou une ProGrade, devient tout simplement indispensable, sans oublier le lecteur de carte adapté pour brancher sur votre ordinateur de maison. C’est une dépense supplémentaire non négligeable de plusieurs centaines d’euros à rajouter à la facture globale.

Cerf élaphe majestueux dans une forêt givrée au lever du soleil, illustrant les performances de l'autofocus lors du test du Canon EOS R5 Mark II.

Quand on pose le boîtier sur son sac à dos lors d’une pause au milieu des fougères, qu’on referme la double trappe latérale bien étanche et qu’on fait les comptes, l’addition matérielle peut faire hésiter.

Pourtant, malgré ces deux défauts bien réels sur le terrain, ce modèle apporte des nouveautés tellement marquantes qu’il mérite qu’on se pose la question : est-il vraiment l’appareil parfait pour votre pratique personnelle ? C’est ce que nous allons trancher ensemble dans le Chapitre n°5.

En bref
  • Une autonomie réelle bien inférieure aux promesses de la fiche technique dès que le froid s’installe, avec une batterie LP-E6P qui peut facilement rendre l’âme après seulement deux cents déclenchements lors d’un affût matinal en hiver.
  • Deux batteries supplémentaires conservées bien au chaud dans la poche intérieure de votre veste polaire restent totalement indispensables pour partir l’esprit tranquille et ne pas vous retrouver impuissant face à un superbe sujet.
  • Vos anciennes batteries Canon LP-E6NH peuvent vous dépanner en cas d’urgence, mais sachez qu’elles brident immédiatement les cadences de rafale les plus véloces et les fonctions vidéo les plus avancées du boîtier.
  • Une carte CFexpress Type B s’impose obligatoirement pour encaisser le flux titanesque des photos de quarante-cinq millions de pixels et éviter que le boîtier ne se fige bêtement en pleine action animalière avec une carte SD classique.
  • Un surcoût matériel de plusieurs centaines d’euros à anticiper dès le départ pour financer ces accumulateurs neufs, une carte mémoire professionnelle ultra-rapide ainsi qu’un lecteur externe adapté pour décharger vos images sur votre ordinateur.
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Avis final

À vous de jouer

Une fois sur les sentiers, vous vous rendrez vite compte d’une chose : un appareil photo reste un simple outil, et il ne remplacera jamais votre patience ni le plaisir d’une belle lumière matinale.

Au terme de ce test Canon R5 Mark II, mon conseil le plus pratique pour débuter sereinement est très simple. Ne cherchez surtout pas à maîtriser tous les réglages dès la première semaine. Contentez-vous d’activer le suivi du regard, choisissez une vitesse suffisante pour figer le mouvement, et commencez par vous exercer sur des passereaux au jardin ou des canards sur un étang près de chez vous. C’est la façon la plus sûre de réussir vos photos d’animaux et de prendre vos repères sans stress.

Avec quelques sorties régulières, la technique finit par s’effacer complètement pour laisser place au pur plaisir de la rencontre en forêt.

Je suis d’ailleurs très curieux de connaître votre expérience sur le terrain.

Dites-moi en commentaire : quel est pour vous le plus grand obstacle aujourd’hui ? La complexité des menus ou le poids du matériel lors de vos balades ?

Je vous souhaite de très belles photos et je vous dis à bientôt pour un nouvel article.

Adrien.

Canon EOS R5 Mark II

LE CANON EOS R5 MARK II EN BREF :

Le Canon EOS R5 Mark II franchit un cap majeur avec l’intégration d’un nouveau capteur plein format rétroéclairé empilé de 45 millions de pixels épaulé par un double processeur DIGIC Accelerator et DIGIC X pour des cadences et un traitement ultra-rapides.

Doté d’un autofocus boosté par le Deep Learning et du système innovant de pilotage par l’œil, il assure un suivi prédictif sans faille sur les animaux et sujets rapides, couplé à une rafale atteignant 30 images par seconde.

En résumé : un boîtier hybride professionnel complet, alliant haute résolution, réactivité fulgurante et polyvalence extrême sur le terrain.

Qualité des photos
Autofocus
Montée en iso
Capteur Plein format rétroéclairé empilé (Stacked BSI)
Définition 45 Mpx
Rafale Jusqu’à 30 im/s avec suivi AF/AE
Vidéo 8K RAW 60p / 4K 120p
FAQ

Réponses à vos questions

Le Canon R5 Mark II est-il facile à prendre en main quand on n’aime pas la technique ?

Oui, tout à fait. Même si les menus Canon paraissent très denses au premier allumage, vous n’avez pas besoin d’être un spécialiste pour réussir vos photos.

Sur le terrain, je vous conseille simplement de placer vos cinq réglages essentiels dans l’onglet Mon Menu.

En configurant la mise au point sur le bouton arrière AF-ON, vous séparez le déclenchement du suivi du sujet : vous gagnez un confort immense et vous évitez les mauvaises manipulations lors de vos sorties en nature.

L’autofocus du Canon R5 Mark II fonctionne-t-il bien avec les oiseaux en plein vol ?

C’est la véritable révélation de ce test Canon R5 Mark II sur le terrain.

L’appareil repère et accroche immédiatement l’œil des oiseaux et des mammifères, même lorsqu’ils passent derrière des brindilles ou des herbes hautes.

Pour un oiseau en vol, l’autofocus colle à ses plumes sur l’ensemble du viseur sans jamais décrocher vers l’arrière-plan.

Vous n’avez plus besoin de réflexes exceptionnels pour réussir vos photos d’animaux sauvages en plein mouvement.

Peut-on réutiliser ses anciennes batteries Canon sur le R5 Mark II ?

Oui, vos anciennes batteries LP-E6NH peuvent vous dépanner, mais avec des limites importantes.

Ce boîtier a besoin de la nouvelle batterie LP-E6P pour fonctionner à pleine puissance.

Avec les anciens modèles, l’appareil bloque les cadences de rafale maximales et désactive certaines fonctions avancées.

Pour un affût matinal en plein hiver sans risquer la panne sèche, prévoyez impérativement au moins deux batteries supplémentaires adaptées au fond de votre sac.

Quelle carte mémoire faut-il acheter pour ne pas bloquer le boîtier ?

Pour profiter de la vitesse de l’appareil sans blocage, l’achat d’une carte CFexpress Type B est indispensable.

Le flux d’informations généré par les 45 millions de pixels en rafale est tout simplement trop lourd pour une carte SD classique.

Avec une carte SD ordinaire, la mémoire tampon sature en deux secondes et le boîtier se fige pour enregistrer.

C’est un investissement supplémentaire à intégrer dès le départ pour ne rater aucune belle rencontre.

Pourquoi les 45 mégapixels sont-ils utiles pour les animaux lointains ?

Cette haute définition représente une vraie sécurité pour vos balades en forêt.

Quand un chevreuil ou un rapace reste trop loin de vous, vous manquez parfois de grossissement, même avec un bon téléobjectif.

Grâce à la grande réserve de détails du Canon EOS R5 Mark II, vous pouvez recouper largement dans l’image sur votre ordinateur tout en conservant un piqué exceptionnel.

Cela vous permet d’obtenir de superbes tirages nets sans devoir transporter des objectifs géants et trop lourds pour votre dos.

Le Canon R5 Mark II est-il le meilleur choix pour un passionné de nature ?

Si votre budget le permet, c’est indéniablement l’un des boîtiers les plus confortables et valorisants à utiliser aujourd’hui.

Ce test Canon R5 Mark II démontre qu’il efface les difficultés de mise au point, gère très bien le manque de lumière à l’aube et offre une prise en main très reposante pour les mains sensibles.

Il vous redonne une confiance totale sur le terrain en garantissant un taux de réussite spectaculaire devant les animaux sauvages.

Nikon Z5 II test : le meilleur rapport qualité/prix ?

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Adrien Coquelle

Qui est l'auteur

Adrien Coquelle

Photographe animalier professionnel

Photographe animalier professionnel depuis 2016, je parcours la Savoie à la recherche d'ambiances particulières, pour immortaliser les animaux emblématiques des Alpes.

Je forme également tous les mois de nombreux photographes voulant progresser rapidement en photo animalière et de nature grâce à mes stages et formations.

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