Comment photographier des oiseaux : le guide complet

par Adrien Coquelle

Photographier des oiseaux, c’est souvent la même histoire : vous appuyez sur le déclencheur, et l’oiseau est déjà parti. Ou pire, il est là, parfait, et la photo ressort floue.

La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas une question de talent. C’est en effet une question de méthode.

Dans cet article, vous allez trouver un chemin simple et balisé pour réussir vos premières belles photos d’oiseaux, sans dépenser une fortune en matériel.

Voici donc ce que nous allons voir ensemble : le matériel vraiment indispensable, sans se ruiner ni se perdre dans les fiches techniques. Les réglages qui changent tout, notamment la vitesse d’obturation, expliquée simplement. Comment photographier les oiseaux de votre jardin, sans vous déplacer d’un mètre. Les techniques pour capturer un oiseau en vol, même en débutant. Et enfin un réglage méconnu que très peu de photographes utilisent, et qui pourrait transformer votre pratique du tout au tout.

Ce dernier point, en particulier, surprend à chaque fois ceux qui le découvrent. Et c’est bien normal !

Photographier les oiseaux : l’essentiel en 30 secondes
  • Un téléobjectif de 400mm minimum est indispensable pour photographier des oiseaux sans les effrayer en s’approchant trop près.
  • Le réglage qui change tout : le mode priorité vitesse à 1/1000ème de seconde pour figer chaque mouvement et obtenir des photos nettes.
  • La mise au point sur l’œil de l’oiseau donne du caractère et de la vie à vos images.
  • Pas besoin de partir en forêt pour débuter : une mangeoire bien placée dans votre jardin suffit largement pour faire de belles photos.
  • Pour photographier des oiseaux en vol, activez le mode rafale et apprenez à anticiper le décollage.
  • Les appareils récents disposent d’un mode pré-déclenchement très utile pour ne plus jamais rater le bon moment.
Chapitre 01

Quel matériel est indispensable pour photographier Des oiseaux ?

Commençons par là, parce que c’est souvent le premier blocage.

Beaucoup de gens pensent qu’il faut un équipement professionnel à plusieurs milliers d’euros pour photographier des oiseaux correctement. C’est faux. Mais il y a quand même quelques réalités techniques à connaître, sinon vous allez vous retrouver frustré dès la première sortie.

Et la première réalité, c’est celle-ci : l’objectif compte bien plus que le boîtier.

Un boîtier d’entrée de gamme avec un bon téléobjectif donnera toujours de meilleurs résultats qu’un boîtier haut de gamme équipé d’un objectif inadapté. C’est le genre de chose que j’aurais voulu qu’on me dise au départ, ça m’aurait évité quelques achats inutiles.

Alors, qu’est-ce qui est vraiment indispensable ?

Gros plan d'une mésange charbonnière sur une branche enneigée, illustrant la technique pour photographier des oiseaux avec netteté.

1.1

L’importance d’un téléobjectif de 400mm minimum pour photographier les oiseaux

L’oiseau a une peur instinctive de tout ce qui s’approche trop près.

C’est câblé dans son ADN depuis des millénaires. Dès que vous franchissez une certaine distance, appelée “distance de fuite”, l’animal s’envole. Et cette distance est souvent bien plus grande qu’on ne l’imagine : plusieurs dizaines de mètres pour beaucoup d’espèces sauvages. Pour ne jamais la franchir et réussir vos portraits d’oiseaux, l’approche discrète et la bonne focale font toute la différence.

Voilà pourquoi un téléobjectif puissant est non négociable.

Un objectif de 400mm minimum, c’est l’effet loupe qui vous permet de rester à bonne distance tout en obtenant un sujet suffisamment grand dans le cadre. Concrètement, avec un 400mm monté sur un boîtier à capteur APS-C (c’est le cas de la plupart des reflex d’entrée et de milieu de gamme), vous obtenez un grossissement équivalent à un 640mm.

C’est considérable.

Avec ça, vous pouvez photographier une mésange à 10 ou 15 mètres, elle occupera une bonne partie du cadre, et surtout, elle ne vous aura pas vu venir.

  • Un objectif 100-400mm est un excellent compromis polyvalent pour débuter
  • Un objectif fixe 500mm ou 600mm donnera des résultats supérieurs, mais à un tarif plus élevé
  • Les téléconvertisseurs (x1.4 ou x2) permettent d’augmenter la focale d’un objectif existant, avec quelques compromis sur la luminosité

Ce qu’il faut absolument éviter, en revanche, c’est de penser qu’un smartphone ou un bridge suffisent pour ce type de photographie.

Un smartphone n’a tout simplement pas la longueur focale nécessaire, et son minuscule capteur produit des images qui s’effondrent dès qu’on agrandit. Un bridge, lui, peut afficher des focales impressionnantes sur le papier (2000mm équivalent parfois), mais son tout petit capteur et son autofocus lent le rendent inefficace face à un sujet aussi imprévisible qu’un oiseau vivant.

Infographie pédagogique comparant un smartphone, un bridge et un reflex avec téléobjectif 400mm pour photographier des oiseaux selon la distance de sécurité.

1.2

Choisir un boîtier reflex ou hybride plutôt qu’un compact pour la photographie d’oiseaux

On parle souvent de mégapixels, de plages dynamiques, de résolution. Tout ça est secondaire quand on débute en photographie d’oiseaux.

Ce qui compte vraiment dans un boîtier, c’est la réactivité de l’autofocus.

Un oiseau ne prévient pas. Il saute d’une branche à l’autre en une fraction de seconde, tourne la tête brusquement, ou s’envole sans crier gare. Votre boîtier doit être capable de suivre ce mouvement en temps réel, de verrouiller la mise au point et de déclencher avant que vous ayez eu le temps de réfléchir. Pour tirer le meilleur parti de votre matériel, il peut être utile de rendre votre autofocus plus rapide grâce à quelques réglages simples.

C’est précisément ce que font bien les reflex et les hybrides modernes. Leurs systèmes autofocus sont conçus pour ça.

Voici les caractéristiques à privilégier dans un boîtier pour débuter en photo d’oiseaux sauvages :

  • Un autofocus à suivi de sujet (le boîtier accroche un sujet en mouvement et le suit automatiquement)
  • Une vitesse de rafale d’au moins 6 à 8 images par seconde
  • Une bonne gestion des hautes sensibilités ISO pour shooter en sous-bois ou par temps couvert
  • Un viseur réactif, optique pour un reflex, électronique pour un hybride récent

Les boîtiers hybrides récents ont pris un avantage net sur les reflex en matière d’autofocus, notamment grâce à la détection des yeux et au suivi d’oiseau intégré sur certains modèles de Canon, Sony ou Nikon.

Mais un bon reflex d’entrée de gamme, un Canon EOS 90D ou un Nikon D500 par exemple, reste tout à fait capable de produire d’excellentes images.

Il faut savoir que le budget moyen pour un kit complet et fonctionnel (boîtier + téléobjectif 100-400mm) se situe généralement entre 1 500 et 3 000 euros en occasion. C’est un investissement, certes, mais bien loin des 10 000 euros qu’on imagine souvent.

Photographe équipé d'un téléobjectif Nikon accroupi dans une prairie au lever du soleil pour photographier des oiseaux avec discrétion.

Et voilà, vous avez maintenant une vision claire de ce dont vous avez réellement besoin pour démarrer.

Mais posséder le bon matériel ne suffit pas.

Parce que même avec un téléobjectif à 400mm et un boîtier réactif, si vous n’utilisez pas le bon réglage au moment de déclencher, vos photos ressortiront floues. Et il y a un réglage en particulier, un seul, qui fait toute la différence entre une photo ratée et une image qui donne vraiment envie de l’encadrer.

En bref : quel matériel est indispensable pour photographier les oiseaux

En bref
  • L’objectif est plus important que le boîtier : commencez par investir dans un bon téléobjectif avant de penser au reste
  • Un 400mm minimum est indispensable pour rester à distance de fuite et obtenir un sujet net et bien cadré
  • Sur un boîtier APS-C, un 400mm équivaut à un 640mm : c’est un avantage concret pour débuter
  • Le smartphone et le bridge sont à éviter : focale insuffisante, capteur trop petit, autofocus trop lent
  • Dans un boîtier, ce qui compte vraiment c’est la réactivité de l’autofocus et la vitesse de rafale
  • Les hybrides récents (Canon, Sony, Nikon) ont pris l’avantage grâce à la détection des yeux et au suivi d’oiseau
  • Un bon reflex d’entrée de gamme reste tout à fait efficace pour débuter
  • Un kit complet et fonctionnel en occasion se situe entre 1 500 et 3 000 euros, bien loin des idées reçues
Chapitre 02

Le réglage d’appareil photo pour la photo d’oiseaux qui change tout

Vous avez donc le matériel.

Un bon téléobjectif, un boîtier réactif. Tout est en place.

Et pourtant, les premières photos reviennent floues. L’oiseau est là, bien cadré, bien éclairé, mais il y a ce voile, cette impression de bougé qui gâche tout. C’est l’une des frustrations les plus courantes chez les débutants — et si vous voulez comprendre toutes les raisons pour lesquelles vos clichés manquent de piqué, je vous renvoie à cet article dédié aux causes des photos floues en animalier. Mais pour l’instant, concentrons-nous sur la cause précise.

Il y a en réalité deux types de flou qui sabotent vos photos d’oiseaux, et il faut bien les distinguer.

Le premier, c’est le flou de bougé : c’est vous qui tremblez légèrement au moment de déclencher, votre corps qui respire, vos mains qui ne sont jamais totalement immobiles.

Le second, c’est le flou de mouvement : c’est l’oiseau lui-même qui bouge pendant l’exposition. Une tête qui pivote, une aile qui bat, une patte qui griffe la branche.

La vitesse d’obturation règle les deux problèmes d’un seul coup.

Infographie pédagogique expliquant la différence entre le flou de bougé et le flou de mouvement pour photographier des oiseaux, avec une échelle de vitesse d'obturation.

2.1

Utiliser le mode priorité vitesse pour figer le mouvement lors du réglage appareil photo pour photo oiseaux

La première chose à faire, c’est de changer de mode de prise de vue.

Si vous êtes en mode Auto, ou même en mode Programme (P), vous abandonnez la décision la plus importante à votre appareil. Et l’appareil, lui, n’a aucune idée que vous photographiez un être vivant capable de disparaître en un centième de seconde.

Le mode à utiliser s’appelle mode priorité vitesse, noté Tv sur les boîtiers Canon et S sur les Nikon et Sony. Pour bien comprendre comment chaque mode de prise de vue fonctionne et lequel choisir selon la situation, je vous invite à lire notre guide sur les modes créatifs en photographie de nature.

Son principe est simple : vous choisissez la vitesse d’obturation, et l’appareil s’occupe automatiquement du reste (l’ouverture, notamment).

C’est le réglage idéal pour débuter, parce qu’il vous donne le contrôle sur ce qui compte le plus, sans vous noyer dans les paramètres.

La valeur à viser pour photographier des oiseaux correctement, c’est 1/1000ème de seconde minimum.

Voilà ce que ça signifie concrètement : le rideau de votre appareil s’ouvre et se referme en un millième de seconde. En ce laps de temps infime, même un oiseau en train de battre des ailes sera figé net sur l’image.

  • 1/500s : suffisant pour un oiseau posé, absolument immobile
  • 1/1000s : le bon compromis pour un oiseau actif, qui tourne la tête ou griffe sa branche
  • 1/2000s ou plus : indispensable dès que vous voulez photographier des oiseaux en vol

Pour régler ça, sur la plupart des boîtiers, il suffit de tourner la molette principale tout en étant en mode Tv ou S. La valeur s’affiche dans le viseur et sur l’écran. C’est tout.

Photographe de nature utilisant un téléobjectif de 400mm dans une prairie à l'aube pour photographier des oiseaux.

2.2

La mise au point sur l’œil pour un regard vif

Il y a une règle non écrite en photographie animalière que j’applique systématiquement, quelle que soit l’espèce.

Si l’œil n’est pas net, la photo est ratée.

Ce n’est pas une question d’esthétisme. C’est une question de connexion. Quand l’œil d’un oiseau est parfaitement net, avec ce petit point blanc de lumière dedans qu’on appelle le “catchlight”, l’image prend une dimension complètement différente. On a l’impression que l’animal vous regarde. Que vous avez saisi quelque chose de vivant.

En revanche, quand le bec est net mais que l’œil est légèrement flou, ça ne fonctionne tout simplement pas. L’image paraît froide, inerte.

Comment assurer cette netteté sur l’œil en pratique ?

Si votre boîtier est récent, hybride notamment, il intègre probablement une fonction “détection des yeux” ou “suivi d’oiseau”. Activez-la. C’est une technologie remarquable qui fait exactement ce que son nom indique : elle détecte et suit l’œil de l’oiseau automatiquement dans le cadre.

Si votre boîtier est plus ancien, ou si vous n’avez pas cette fonction, voici la technique simple que je recommande :

Passez en mode autofocus à un seul collimateur, et placez ce collimateur au centre du viseur.

Voilà, c’est tout.

Cadrez l’oiseau de façon à ce que l’œil soit dans la zone centrale, faites la mise au point en appuyant à mi-course sur le déclencheur, puis recadrez si nécessaire avant de déclencher complètement. C’est moins sophistiqué que la détection automatique, mais ça marche parfaitement bien sur un oiseau posé.

L’avantage du collimateur central, c’est qu’il est généralement le plus précis et le plus sensible de tous les points autofocus disponibles. Sur un sujet aussi petit qu’un oiseau, cette précision compte énormément.

Gros plan d'une mésange charbonnière perchée sur une branche avec mise au point nette sur l'œil, illustrant l'art de photographier des oiseaux avec précision.

2.3

La gestion des ISO pour garder de la lumière quand on règle son appareil photo pour photographier les oiseaux

Il y a un effet secondaire à surveiller quand on monte en vitesse.

Une vitesse rapide, c’est un rideau qui s’ouvre très peu de temps. Et qui dit peu de temps, dit peu de lumière qui entre dans le capteur. Le résultat : votre photo peut devenir sombre, voire complètement noire.

C’est là qu’interviennent les ISO.

Pour simplifier : les ISO, c’est la sensibilité de votre capteur à la lumière. Plus vous montez les ISO, plus le capteur est capable de “voir” dans des conditions sombres. L’équivalent de dilater sa pupille la nuit pour mieux voir.

Il faut savoir que monter les ISO a un coût : à partir d’une certaine valeur, des petits points colorés apparaissent dans l’image. On appelle ça du bruit numérique. C’est l’ennemi de la qualité d’image, même si les boîtiers modernes le gèrent de mieux en mieux.

Voici comment je procède concrètement sur le terrain :

  • En plein soleil, dans un jardin : ISO 400 à 800 suffisent largement
  • Par temps nuageux ou à l’ombre : ISO 1600 à 3200 sont nécessaires
  • En sous-bois ou en début de matinée : ISO 6400 ne sont pas rares

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe une façon simple de ne pas avoir à y penser en permanence.

C’est la fonction ISO automatique (ou “Auto ISO”), disponible sur quasiment tous les reflex et hybrides actuels. Vous définissez une valeur maximale à ne pas dépasser (3200 ou 6400 selon votre boîtier), et l’appareil ajuste seul en fonction de la lumière disponible.

Combinée au mode priorité vitesse, cette option vous permet de vous concentrer sur ce qui compte vraiment : observer l’oiseau, anticiper son comportement, et déclencher au bon moment.

C’est le trio gagnant pour débuter sans prise de tête :

  • Mode Tv ou S (priorité vitesse)
  • Vitesse réglée à 1/1000s minimum
  • Auto ISO activé avec une valeur plafond

Illustration pédagogique expliquant le triangle ISO pour photographier des oiseaux : réglages conseillés de ISO 400 à 6400 selon la luminosité.

Avec ces trois réglages en place, la grande majorité des photos floues que vous faites actuellement disparaîtront.

C’est aussi simple que ça.

Et maintenant que vous avez les bons réglages en tête, la vraie question devient : où aller pour mettre tout ça en pratique, sans avoir besoin d’un équipement d’affût lourd ni de partir en forêt à l’aube ?

En bref - Le réglage d'appareil photo pour la photo d'oiseaux qui change tout

En bref
  • Deux types de flou sabotent vos photos d’oiseaux : le flou de bougé (vous tremblez) et le flou de mouvement (l’oiseau bouge). La vitesse d’obturation règle les deux.
  • Passez en mode priorité vitesse (Tv sur Canon, S sur Nikon/Sony) pour garder le contrôle sur ce qui compte vraiment.
  • Réglez la vitesse à 1/1000s minimum pour un oiseau actif, et à 1/2000s ou plus dès qu’il est en vol.
  • L’œil doit être net en priorité absolue. Utilisez la détection automatique des yeux si votre boîtier le permet, ou le collimateur central sinon.
  • Montez les ISO en conséquence : 400-800 en plein soleil, 1600-3200 par temps couvert, 6400 en sous-bois ou à l’aube.
  • Activez l’Auto ISO avec un plafond à 3200 ou 6400 pour ne plus y penser sur le terrain.
  • Le trio gagnant pour débuter : Mode Tv/S + vitesse à 1/1000s + Auto ISO activé.
Chapitre 03

Comment photographier les oiseaux du jardin sans bouger de chez soi

Voilà une bonne nouvelle pour commencer.

Vous n’avez pas besoin d’un affût en bois, d’une combinaison de camouflage ou de vous lever à 4h du matin pour faire de belles photos. Votre jardin, même modeste, est déjà un terrain de chasse extraordinaire.

La plupart des photographes qui débutent pensent que les “vraies” photos d’oiseaux se font forcément en pleine nature, loin de chez soi. C’est une idée reçue. En réalité, certaines de mes images préférées, des mésanges charbonnières, des rouges-gorges, des pinsons, ont été prises à moins de cinq mètres de ma porte d’entrée.

Le jardin offre un avantage que la forêt ne peut pas vous donner : vous contrôlez l’environnement.

Vous choisissez où les oiseaux vont se poser. Vous choisissez l’arrière-plan. Vous décidez de l’angle de la lumière. C’est presque de la photographie de studio, en plein air, avec des sujets sauvages.

Il suffit de savoir comment organiser tout ça intelligemment.

Une mésange charbonnière perchée sur une branche moussue, illustrant comment photographier des oiseaux avec une mise au point nette sur l'œil.

3.1

Installer une mangeoire stratégique pour photographier les oiseaux du jardin avec la bonne lumière

La mangeoire, c’est l’élément central du dispositif. Mais il y a une erreur que presque tout le monde fait au début.

On installe la mangeoire où c’est pratique pour soi. Près d’une fenêtre, sous un arbre, dans un coin du jardin. Et on se retrouve avec des photos d’oiseaux mangeurs de graines sur fond de seau de jardin en plastique vert, en contre-jour total.

La lumière, c’est le premier paramètre à régler avant même de penser à déclencher.

Voici la règle simple que j’applique systématiquement :

  • La lumière doit arriver de face ou de côté par rapport à votre position de prise de vue
  • Jamais de dos, c’est-à-dire jamais entre vous et la mangeoire, sinon l’oiseau sera en silhouette sombre sur fond lumineux
  • La lumière de côté est souvent la plus belle : elle sculpte les plumes, révèle les détails, crée des ombres douces

Pour trouver le bon emplacement, faites le test à l’heure où vous comptez photographier habituellement. Levez-vous, sortez dans le jardin, et regardez simplement d’où vient le soleil. Placez la mangeoire de façon à ce que cette lumière éclaire votre côté, pas celui de l’oiseau.

En pratique, si vous photographiez le matin, orientez-vous vers l’est. Si vous préférez l’après-midi, tournez-vous vers l’ouest. La mangeoire se place alors devant vous, dans l’axe de la lumière.

Il faut aussi penser à la distance. Avec un 400mm, une distance de 5 à 8 mètres entre vous et la mangeoire est idéale. L’oiseau occupera bien le cadre, et vous serez suffisamment loin pour ne pas le déranger.

Un dernier point souvent négligé : l’arrière-plan. Placez la mangeoire de façon à ce que derrière elle se trouve quelque chose de propre visuellement. Une haie, un massif de plantes, un mur de végétation. Avec votre téléobjectif et sa faible profondeur de champ, cet arrière-plan va se transformer en un beau flou doux et uniforme, ce qu’on appelle le bokeh.

Schéma pédagogique expliquant comment positionner une mangeoire et un affût par rapport au soleil pour photographier des oiseaux avec une lumière optimale.

3.2

Créer un perchoir naturel pour photographier les oiseaux du jardin avec des images esthétiques

C’est l’astuce que je partage à chaque fois que quelqu’un me demande pourquoi ses photos de jardin manquent de caractère.

La mangeoire, c’est bien pour attirer les oiseaux. Mais photographier un oiseau directement sur une mangeoire en plastique jaune, c’est rarement beau. L’image fait penser à une documentation, pas à un portrait de nature.

La solution, c’est le perchoir naturel.

Le principe est simple : vous fixez une belle branche naturelle à proximité immédiate de la mangeoire. Les oiseaux, avant de descendre manger, ont l’habitude de marquer une pause. Ils observent, vérifient que la zone est sûre. Ce comportement instinctif, vous pouvez l’utiliser à votre avantage.

Si vous placez une jolie branche moussue à 30 ou 40 centimètres de la mangeoire, à la bonne hauteur et dans l’axe de votre lumière, les oiseaux vont s’y poser naturellement. Et là, vous avez quelques secondes pour déclencher sur un sujet dans un cadre parfaitement naturel.

Ce que je recommande pour un perchoir efficace :

  • Une branche assez épaisse, avec de la mousse, des lichens, des petites aspérités. Le rendu visuel est infiniment plus agréable qu’une branche lisse
  • Une hauteur à peu près équivalente à la mangeoire, ou légèrement au-dessus. Les oiseaux aiment avoir un point de vue surélevé
  • La branche doit être stable. Un oiseau qui sent un mouvement sous ses pattes s’envole immédiatement
  • Idéalement, plantez-la dans un petit pot de terre ou coincez-la solidement entre deux supports

Un rouge-gorge familier posé sur une branche moussue dans un jardin, illustrant comment photographier des oiseaux avec une mise au point nette sur l'œil.

J’ai utilisé cette technique un matin de décembre pour photographier des oiseaux rouges-gorges dans mon jardin. J’avais posé une branche de pommier taillée, encore couverte de petits lichens gris-vert, juste à côté de la mangeoire. En une heure, j’avais eu trois passages différents, dont un rouge-gorge qui était resté immobile pendant presque vingt secondes en regardant dans ma direction. La lumière rasante du matin créait un éclairage chaud sur ses plumes. C’est cette image-là que j’ai encadrée, pas celles prises à la mangeoire.

Il faut savoir que vous pouvez aller encore plus loin dans la personnalisation du décor :

  • Ajoutez des baies rouges artificielles ou naturelles sur la branche en automne pour attirer certaines espèces
  • Pensez à placer une petite vasque d’eau propre à proximité. L’eau attire autant les oiseaux que la nourriture, surtout en été. Pour aller plus loin sur ce sujet, découvrez comment aménager un point d’eau pour attirer les oiseaux
  • Variez les perchoirs selon les saisons pour renouveler vos images

Photographe naturaliste utilisant un téléobjectif Canon près d'une fenêtre pour photographier des oiseaux dans son jardin.

La vraie force de cette approche, c’est qu’elle vous permet de répéter le même cadre jour après jour, tout en ayant des sujets différents à chaque fois. Vous connaissez la lumière, vous connaissez la distance, vous connaissez l’arrière-plan. Il ne vous reste plus qu’à attendre l’oiseau.

C’est une pratique douce, très efficace, qui convient parfaitement pour progresser sereinement.

Et une fois que vous aurez maîtrisé ce protocole du jardin, une envie va naturellement apparaître. Celle de photographier un oiseau en plein élan, ailes déployées, dans la lumière. Ce moment suspendu entre deux battements. C’est précisément là que les choses deviennent vraiment exaltantes, et il y a quelques techniques très précises pour y arriver.

En bref - Comment photographier les oiseaux du jardin sans bouger de chez soi

En bref
  • Votre jardin est un terrain de chasse à part entière : pas besoin d’aller loin pour réaliser de belles images
  • Placez la mangeoire en tenant compte de la lumière en premier : de face ou de côté, jamais dans le dos
  • Le matin, orientez-vous vers l’est. L’après-midi, vers l’ouest
  • Avec un 400mm, une distance de 5 à 8 mètres entre vous et la mangeoire est idéale
  • Choisissez un arrière-plan propre (haie, végétation) pour obtenir un bokeh doux et uniforme
  • Ajoutez un perchoir naturel près de la mangeoire : une branche moussue, stable, à hauteur de la mangeoire ou légèrement au-dessus
  • Les oiseaux marquent une pause naturelle avant de manger : c’est ce moment qu’il faut capturer
  • Une vasque d’eau propre à proximité renforce l’attractivité du dispositif, surtout en été
  • Ce protocole est reproductible : même cadre chaque jour, sujets différents à chaque fois
Chapitre 04

Apprendre à photographier des oiseaux en vol

Voilà le moment où tout s’accélère.

Un oiseau posé sur une branche, c’est déjà exigeant. Mais un oiseau en plein vol, ailes déployées, traversant le cadre à toute vitesse, c’est une autre dimension. Et je vous rassure tout de suite : ce n’est pas réservé aux photographes expérimentés avec du matériel hors de prix.

C’est en revanche une discipline qui demande deux choses précises : anticiper, et accepter de déclencher beaucoup.

La bonne nouvelle, c’est que les oiseaux que vous avez déjà attiré près de votre mangeoire sont des sujets parfaits pour débuter sur ce terrain-là. Vous connaissez leur comportement. Vous savez où ils se posent, d’où ils viennent, où ils repartent. Ce contexte familier est un avantage considérable.

Mésange charbonnière en plein vol au-dessus d'une branche moussue, illustrant comment photographier des oiseaux avec une vitesse d'obturation rapide pour figer le mouvement.

4.1

Anticiper le décollage en observant le comportement des oiseaux sauvages

Il faut savoir une chose fondamentale : les oiseaux ne décollent jamais sans prévenir.

Ils envoient des signaux. Des signaux très clairs, une fois qu’on sait les lire. Et apprendre à les reconnaître, c’est la compétence numéro un pour photographier des oiseaux en vol avec succès.

Voici les signaux que j’observe systématiquement avant chaque envol :

  • L’accroupissement : juste avant de décoller, l’oiseau fléchit légèrement les pattes pour se propulser. C’est un mouvement bref, souvent imperceptible au premier abord, mais très visible une fois qu’on s’y habitue
  • La fiente : cela peut surprendre, mais les oiseaux font fréquemment leurs besoins juste avant de s’envoler. C’est un réflexe de l’organisme pour alléger le corps avant l’effort. Sur le terrain, quand je vois ça, je suis déjà en train d’appuyer à mi-course sur le déclencheur
  • L’agitation des plumes : un oiseau qui se redresse brusquement, qui gonfle ses plumes d’un coup avant de les rabattre, prépare souvent son départ
  • Le regard en alerte : quand l’oiseau cesse de manger et commence à tourner la tête rapidement dans tous les sens, l’envol est imminent

Ces signaux vous donnent une à deux secondes d’avance. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est suffisant.

En pratique, voilà ce que je fais : dès que je perçois l’un de ces signaux, je colle le viseur à l’œil si ce n’est pas déjà fait, je fais la mise au point sur l’oiseau, et j’attends. Je ne déclenche pas encore. J’attends le début du mouvement, puis je pars en rafale dès que les ailes s’ouvrent.

Cette demi-seconde d’anticipation change absolument tout. Sans elle, vous serez toujours en train de déclencher sur un cadre vide.

Schéma pédagogique expliquant les 5 signaux comportementaux pour photographier des oiseaux au décollage : accroupissement, fiente, agitation des plumes et regard en alerte.

Il faut aussi adapter ses réglages pour cette situation spécifique.

Pour photographier des oiseaux en vol, la vitesse d’obturation doit monter. On quitte le 1/1000s pour aller vers 1/2000s, voire 1/3200s pour les espèces les plus rapides comme les hirondelles ou les martinets. Les battements d’ailes sont extrêmement rapides : sans cette vitesse élevée, les ailes ressortiront systématiquement en flou, même si le corps de l’oiseau est net. Pour aller plus loin sur les causes de flou et comment les éviter, vous pouvez consulter notre guide sur l’influence du matériel sur la qualité de vos images.

L’autofocus, lui, doit passer en mode suivi continu (noté AF-C chez Nikon et Sony, ou AI Servo chez Canon). Ce mode maintient la mise au point active en permanence sur le sujet pendant que vous suivez son déplacement. C’est indispensable dès que le sujet bouge. Pour configurer votre boîtier de manière optimale pour ce type de scène, jetez un œil à notre article sur les meilleurs réglages pour la photo animalière.

4.2

Activer le mode rafale pour photographier les oiseaux en vol sans rater le bon moment

Je vais vous dire quelque chose que beaucoup de photographes débutants n’osent pas s’avouer.

Même les professionnels aguerris ne réussissent pas chaque photo d’oiseau en vol au premier déclenchement. Personne ne le fait. C’est physiquement impossible. Un oiseau en vol traverse le cadre en une fraction de seconde, change de direction, monte, descend, pivote. Le timing parfait est une question de probabilité autant que de technique.

Et c’est exactement pour ça que le mode rafale existe.

Le principe est simple : au lieu de déclencher une seule photo à la fois, votre appareil prend une série de photos en continu tant que vous maintenez le doigt appuyé. Sur un boîtier d’entrée de gamme, on parle de 5 à 8 images par seconde. Sur un hybride récent, cela peut monter à 20 ou 30 images par seconde.

Sur une rafale de 15 images couvrant deux secondes d’envol, il y en a souvent une à trois qui sont vraiment excellentes. Ailes parfaitement déployées, regard net, composition équilibrée. Et c’est tout ce dont vous avez besoin.

Comment activer le mode rafale sur votre boîtier :

  • Sur Canon : appuyez sur le bouton en haut à gauche du boîtier (souvent symbolisé par une pile de rectangles), puis sélectionnez le mode rafale haute vitesse
  • Sur Nikon : tournez le sélecteur de cadence de prise de vue jusqu’au symbole CH (Continuous High)
  • Sur Sony : accédez au menu de prise de vue et sélectionnez la cadence continue haute

Une chose importante à avoir en tête : prendre beaucoup de photos, ce n’est pas tricher. Ce n’est pas non plus une marque de débutant. C’est une méthode professionnelle, utilisée par tous les photographes animaliers sérieux.

Ce qui compte à la fin, c’est l’image encadrée sur votre mur. Personne ne vous demandera combien de déclenchements il a fallu pour l’obtenir.

Photographe naturaliste allongé dans l'herbe à l'aube avec un téléobjectif 400mm sur sac de billes pour photographier des oiseaux au jardin.

Il y a quand même une limite pratique à bien gérer.

Avec la rafale, les fichiers s’accumulent très vite sur la carte mémoire. Une session d’une heure peut facilement produire plusieurs centaines d’images. Prévoyez donc des cartes mémoire rapides et de grande capacité (64 Go minimum, en format SD UHS-I Speed Class 3 ou supérieur). La vitesse d’écriture de la carte est importante pour que le tampon de l’appareil ne se sature pas en plein milieu d’une rafale.

Et pour la sélection des images après la session, voilà la méthode que j’applique :

  • Regardez d’abord la netteté de l’œil : si l’œil est flou, la photo est éliminée sans discussion
  • Cherchez ensuite la position des ailes : complètement déployées en haut ou en bas est généralement plus graphique qu’à mi-chemin
  • Vérifiez l’espace devant le bec dans le cadre : l’oiseau doit “regarder vers” le centre de l’image, pas vers le bord

Ces trois critères suffisent à trier rapidement une série de plusieurs centaines de photos en moins de dix minutes.

Infographie pédagogique expliquant comment utiliser le mode rafale pour photographier des oiseaux en plein vol avec succès.

En combinant l’anticipation du comportement et la puissance du mode rafale, vous allez commencer à obtenir des images que vous n’espériez même pas il y a encore quelques heures.

Des ailes figées. Un regard perçant. Un mouvement suspendu dans le temps.

Mais il existe un réglage encore plus puissant pour ne plus jamais rater ce genre de moment. Un réglage discret, présent sur les appareils récents, que très peu de photographes connaissent vraiment. Et son principe va vous surprendre : il permet littéralement d’enregistrer des photos avant même que vous appuyiez sur le déclencheur.

En bref
  • Photographier des oiseaux en vol n’est pas réservé aux experts : c’est une question d’anticipation et de méthode
  • Les oiseaux envoient des signaux avant de décoller : accroupissement, fiente, agitation des plumes, regard en alerte
  • Ces signaux donnent une à deux secondes d’avance : largement suffisant pour se préparer à déclencher
  • Montez la vitesse à 1/2000s minimum, voire 1/3200s pour les espèces rapides comme les hirondelles
  • Passez l’autofocus en mode suivi continu (AF-C ou AI Servo) pour maintenir la mise au point sur un sujet en mouvement
  • Activez le mode rafale : sur une série de 15 images, une à trois seront vraiment excellentes
  • Déclencher en rafale n’est pas tricher : c’est la méthode utilisée par tous les photographes animaliers professionnels
  • Pour trier rapidement : netteté de l’œil en priorité, position des ailes, espace devant le bec dans le cadre
  • Prévoyez des cartes mémoire rapides de 64 Go minimum pour encaisser le volume de fichiers en rafale
Chapitre 05

Le réglage magique : le pré-déclenchement

Vous venez de voir comment anticiper le décollage d’un oiseau et comment la rafale multiplie vos chances d’obtenir une image parfaite.

Mais même avec tout ça, il reste un problème que beaucoup de photographes rencontrent sans jamais vraiment comprendre pourquoi.

Vous observez l’oiseau. Vous repérez le signal. Vous appuyez sur le déclencheur. Et malgré tout, sur les premières images de la rafale, l’oiseau est encore posé, en train de finir son accroupissement. Les meilleures images, celles avec les ailes au maximum de leur ouverture, elles arrivent deux ou trois photos trop tard dans la série.

Ce n’est pas un problème de réflexes. C’est un problème physique.

Entre le moment où votre cerveau envoie l’ordre à votre doigt et le moment où le déclencheur s’active, il s’écoule environ deux à trois dixièmes de seconde. C’est imperceptible dans la vie quotidienne, mais face à un oiseau qui décolle, c’est une éternité.

Infographie pédagogique expliquant le délai de réaction humaine de 0,2 à 0,3 seconde lors de l'action de photographier des oiseaux en plein envol.

C’est précisément pour contourner ce problème qu’un réglage très discret a été intégré dans les appareils photo récents.

Il s’appelle le pré-déclenchement, ou selon les marques, la “prise de vue pré-déclenchement” ou encore “pre-burst”. Et une fois qu’on comprend son principe, on se demande comment on pouvait s’en passer.

5.1

Comment fonctionne le pré-déclenchement pour photographier les oiseaux en vol

Le principe est aussi simple que surprenant.

Quand ce mode est activé, votre appareil commence à enregistrer des images en arrière-plan dès que vous appuyez à mi-course sur le déclencheur. C’est-à-dire dès que vous faites la mise au point. Ces images sont stockées temporairement dans la mémoire interne du boîtier, en boucle continue, sans être sauvegardées sur la carte mémoire.

Ensuite, quand vous appuyez complètement sur le déclencheur pour déclencher la rafale, l’appareil sauvegarde non seulement les photos prises après votre appui, mais aussi les images enregistrées en arrière-plan dans les secondes qui ont précédé.

Concrètement, selon les réglages, vous récupérez entre une demi-seconde et trois secondes de photos avant le moment où vous avez déclenché.

Schéma pédagogique expliquant le mode pré-capture sur un appareil hybride pour photographier des oiseaux en plein envol.

Voici ce que ça change sur le terrain, de façon très concrète :

  • Vous faites la mise au point sur un oiseau posé, en appuyant à mi-course. L’appareil enregistre en silence, en arrière-plan
  • L’oiseau s’accroupit. Vous percevez le signal. Vous appuyez à fond
  • Dans votre série finale, vous retrouvez des images de l’oiseau posé, puis le début du décollage, puis l’envol complet, et enfin le vol
  • Le tout, sans avoir eu besoin de réflexes surhumains

C’est en fait une façon élégante de compenser le délai humain incompressible entre la perception d’un événement et l’action physique.

Il faut savoir que cette fonction est exclusive aux appareils hybrides récents. Les reflex optiques, même de très haut niveau, ne peuvent pas la proposer, car le miroir doit se relever avant chaque exposition, ce qui empêche l’enregistrement continu en fond. Si vous hésitez encore entre les deux technologies, ce comparatif reflex vs hybride pour la photo animalière vous aidera à y voir plus clair.

5.2

Où trouver le réglage pré-déclenchement sur les boîtiers récents pour la photographie d’oiseaux

Chaque marque a donné un nom légèrement différent à cette fonction, et les menus varient d’un modèle à l’autre.

Voici les informations pratiques pour les principales marques :

  • Canon (EOS R7, R5, R6 Mark II et versions ultérieures) : cherchez “Prise de vue pré-rafale” dans le menu de prise de vue. Vous pouvez paramétrer une durée de zéro à 0,5 seconde avant le déclenchement. Retrouvez le Canon EOS R7 chez MN Photo ou Camara
  • Nikon (Z8, Z9) : la fonction s’appelle “Prise de vue avant déclenchement”. Elle est accessible dans le menu i (menu rapide) ou dans les menus personnalisés. La durée peut aller jusqu’à une seconde. Retrouvez le Nikon Z8 chez IPLN, MN Photo ou Camara, et le Nikon Z9 chez IPLN, MN Photo ou Camara
  • Sony (A1, A9 II et III, A7R V) : la fonction se nomme “Pre-Capture” et se trouve dans les réglages de prise de vue continue. Sony permet jusqu’à une seconde de pré-capture sur les modèles haut de gamme. Retrouvez le Sony A1 chez MN Photo, le Sony A9 II chez IPLN, et le Sony A9 III chez IPLN, MN Photo ou Camara
  • OM System (OM-1) : la marque propose une des implémentations les plus avancées du marché, avec jusqu’à 35 images enregistrées avant le déclenchement, soit environ 1,5 seconde à 25 images par seconde. Retrouvez l’OM System OM-1 Mark II chez MN Photo, Amazon ou Camara

Photographe animalier avec téléobjectif 400mm accroupi dans un jardin à l'aube pour photographier des oiseaux.

Je me souviens très bien de la première fois que j’ai utilisé cette fonction sur un Canon EOS R7, face à une mangeoire dans mon jardin.

J’avais une mésange charbonnière dans le viseur, mise au point faite, doigt à mi-course. L’oiseau a décollé. J’ai appuyé à fond une demi-seconde après, ce qui dans d’autres circonstances m’aurait donné une série commençant sur un cadre déjà à moitié vide. Et là, en triant les images le soir, j’ai trouvé dans la série les trois photos prises avant mon déclenchement. Dont une où les ailes venaient tout juste de s’ouvrir, corps encore en appui sur la branche, regard tourné vers le ciel. C’était exactement le moment que je ratais depuis des mois.

Voilà à quoi sert ce réglage. Pas à faire du travail à votre place. À effacer cette fraction de seconde incompressible qui vous séparait du bon moment.

5.3

Les limites du pré-déclenchement à connaître pour photographier des oiseaux efficacement

Ce réglage est puissant. Mais il faut connaître ses contraintes pour l’utiliser intelligemment.

La première, c’est la consommation de batterie. Enregistrer en continu en arrière-plan, même silencieusement, sollicite le processeur et le capteur en permanence. Prévoyez une batterie de rechange pour une session de plus d’une heure avec ce mode actif.

La seconde, c’est le volume de fichiers généré. Avec le pré-déclenchement actif sur une session intensive, les séries de photos sont plus longues qu’en rafale classique. Sur une carte de 64 Go en format RAW, on peut atteindre la saturation plus vite qu’on ne le pense. En JPEG, ce problème est beaucoup moins présent.

La troisième limite, souvent méconnue : le pré-déclenchement ne fonctionne qu’en obturateur électronique sur la plupart des boîtiers. L’obturateur mécanique ne permet pas cet enregistrement en arrière-plan continu. Or l’obturateur électronique peut, dans certaines conditions, créer ce qu’on appelle un “rolling shutter”, une légère distorsion des lignes sur les sujets très rapides. Pour en savoir plus sur les différences concrètes entre les deux modes, cette explication sur le shutter shock et l’obturateur électronique est particulièrement éclairante. Ce phénomène s’est considérablement réduit sur les modèles récents, mais il mérite d’être mentionné.

Illustration pédagogique sur le mode pré-capture pour photographier des oiseaux : conseils sur la batterie, le stockage et l'usage de l'obturateur électronique.

En résumé, voici les points essentiels à retenir sur cette fonction :

  • Elle compense le délai humain incompressible entre la perception d’un événement et l’action physique sur le déclencheur
  • Elle s’active dès l’appui à mi-course, pendant la phase de mise au point
  • Elle est réservée aux hybrides récents : Canon, Nikon, Sony et OM System proposent chacun leur version
  • Elle consomme plus de batterie et génère plus de fichiers : préparez-vous en conséquence
  • Elle ne remplace pas l’observation du comportement : elle l’amplifie. Les deux vont de pair

Avec ce réglage dans votre boîte à outils, vous avez maintenant tout ce qu’il faut pour capturer des images d’oiseaux que vous n’osiez même pas imaginer quelques heures plus tôt.

Du matériel adapté. Des réglages précis. Une stratégie de jardin éprouvée. La lecture du comportement. La rafale. Et maintenant, le pré-déclenchement.

Mais il reste encore un aspect que beaucoup de photographes négligent complètement au départ, et qui pourtant fait une différence visible sur chaque image.

Ce n’est ni un réglage, ni une technique de terrain. C’est quelque chose que vous faites après la prise de vue, et qui peut transformer une bonne photo en une image vraiment remarquable.

En bref - Le réglage magique : le pré-déclenchement

En bref
  • Le pré-déclenchement enregistre silencieusement des images en arrière-plan dès l’appui à mi-course sur le déclencheur.
  • Ces images sont sauvegardées rétroactivement quand vous appuyez à fond, vous permettant de récupérer entre 0,5 et 3 secondes avant votre déclenchement.
  • Cette fonction compense le délai humain incompressible de 0,2 à 0,3 seconde entre la perception du signal et l’action physique.
  • Elle est réservée aux hybrides récents : Canon (Prise de vue pré-rafale), Nikon (Prise de vue avant déclenchement), Sony (Pre-Capture) et OM System.
  • Elle fonctionne uniquement en obturateur électronique.
  • Elle consomme davantage de batterie et génère des séries de fichiers plus longues : prévoyez une batterie de rechange et une carte mémoire de grande capacité.
  • Elle ne remplace pas la lecture du comportement de l’oiseau : elle amplifie ce que vous avez déjà observé.
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Avis final

L’observation avant le déclencheur

Une fois sur le terrain avec tout ça en main, vous allez vous rendre compte d’une chose que personne ne vous dit vraiment au départ : photographier des oiseaux, c’est avant tout apprendre à observer. Les réglages deviennent vite automatiques. Ce qui reste, c’est ce fameux moment suspendu où vous et l’oiseau, vous vous regardez.

Un dernier conseil que je donne souvent, n’hésitez vraiment pas à tenir un petit carnet de terrain. Notez l’heure, la météo, les espèces vues, ce qui a fonctionné ou pas. En quelques semaines, vous aurez donc une cartographie précise des habitudes de vos visiteurs. C’est ça, la vraie progression.

Alors j’aurais une question pour vous.

Dites-moi, d’après votre expérience, quel est l’oiseau le plus difficile à approcher dans votre région : le timide Martin-pêcheur ou la vive Mésange ? Je suis sincèrement curieux d’avoir votre avis, et je pense que votre réponse pourrait en inspirer plus d’un. N’hésitez pas à la partager en commentaire juste en dessous, ça fait toujours avancer la conversation.

Je vous souhaite de très belles photos et je vous dis à bientôt pour un nouvel article.

Adrien.

Quel objectif pour photographier les oiseaux ?

Un téléobjectif de 400mm minimum est indispensable pour photographier les oiseaux sans franchir leur distance de fuite. Sur un boîtier APS-C, un 400mm donne un grossissement équivalent à 640mm, ce qui est un avantage concret pour débuter. Un zoom 100-400mm est le meilleur compromis polyvalent. Un objectif fixe 500mm ou 600mm donne de meilleurs résultats, mais à un tarif plus élevé.

Quel appareil photo pour photographier les oiseaux ?

Un reflex ou un hybride est le minimum requis pour photographier des oiseaux correctement. Ce qui compte vraiment dans le boîtier, c’est la réactivité de l’autofocus et la vitesse de rafale (6 à 8 images par seconde minimum). Les hybrides récents de Canon, Sony et Nikon ont pris l’avantage grâce à la détection des yeux et au suivi d’oiseau intégré. Un bon reflex d’entrée de gamme comme le Canon EOS 90D ou le Nikon D500 reste tout à fait efficace pour débuter. À éviter : le smartphone et le bridge, dont le capteur trop petit et l’autofocus trop lent ne conviennent pas à ce sujet exigeant.

Quel réglage appareil photo pour photographier les oiseaux ?

Le trio gagnant pour régler votre appareil photo pour photographier les oiseaux est simple : passez en mode priorité vitesse (Tv sur Canon, S sur Nikon et Sony), réglez la vitesse à 1/1000s minimum pour un oiseau actif, et activez l’Auto ISO avec un plafond à 3200 ou 6400. Ce réglage supprime les deux types de flou qui sabotent les photos d’oiseaux : le flou de bougé et le flou de mouvement.

Quel mode pour photographier les oiseaux ?

Le mode priorité vitesse, noté Tv sur Canon et S sur Nikon et Sony, est le mode idéal pour photographier les oiseaux. Vous fixez vous-même la vitesse d’obturation, et l’appareil gère automatiquement l’ouverture. Combinez ce mode avec l’Auto ISO et l’autofocus en suivi continu (AF-C ou AI Servo) pour couvrir la grande majorité des situations, de l’oiseau posé à l’oiseau en plein vol.

Quelle vitesse d’obturation pour photographier les oiseaux ?

La vitesse d’obturation est le réglage qui change tout en photographie d’oiseaux. Comptez 1/500s pour un oiseau absolument immobile, 1/1000s pour un oiseau actif qui tourne la tête ou griffe sa branche, et 1/2000s à 1/3200s dès que vous voulez photographier des oiseaux en vol. En dessous de ces valeurs, le flou de mouvement est quasi inévitable.

Comment photographier les oiseaux du jardin ?

Pour bien photographier les oiseaux du jardin, installez une mangeoire en tenant compte de la lumière en priorité : elle doit arriver de face ou de côté, jamais dans le dos. Avec un 400mm, une distance de 5 à 8 mètres est idéale. Ajoutez ensuite une branche moussue et stable à proximité immédiate de la mangeoire : les oiseaux s’y posent naturellement quelques secondes avant de manger, et c’est ce moment qu’il faut capturer. Choisissez un arrière-plan végétal propre pour obtenir un bokeh doux et flatteur.

Où photographier des oiseaux ?

Votre jardin est le meilleur endroit pour débuter la photographie d’oiseaux. Une mangeoire bien placée avec un perchoir naturel à côté suffit pour réaliser de belles images sans se déplacer d’un mètre. Une fois à l’aise, vous pouvez élargir vers les parcs naturels, les zones humides, les lisières de forêts et les bords de rivières. Les zones riches en eau attirent une grande variété d’espèces et offrent souvent de bonnes conditions de lumière le matin.

À quelle heure photographier les oiseaux ?

Les deux meilleures heures pour photographier les oiseaux sont le matin tôt, dans la première heure après le lever du soleil, et en fin d’après-midi avant le coucher. Les oiseaux sont alors très actifs, la lumière est rasante et dorée, et les ombres douces révèlent le moindre détail des plumes. En milieu de journée, la lumière dure et zénithale aplatit les volumes et les couleurs. L’hiver, les oiseaux fréquentent les mangeoires dès l’aube et tout au long de la journée pour compenser le froid.

Comment photographier les oiseaux en vol ?

Pour photographier des oiseaux en vol, montez la vitesse d’obturation à 1/2000s minimum et activez l’autofocus en suivi continu (AF-C ou AI Servo). Passez en mode rafale : sur une série de 15 images, une à trois seront vraiment excellentes. Apprenez à lire les signaux comportementaux avant le décollage : l’accroupissement, la fiente, l’agitation des plumes et le regard en alerte vous donnent une à deux secondes d’avance pour vous préparer. Si votre boîtier hybride le permet, activez le mode pré-déclenchement pour capturer les images avant même d’avoir appuyé à fond.

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Adrien Coquelle

Qui est l'auteur

Adrien Coquelle

Photographe animalier professionnel

Photographe animalier professionnel depuis 2016, je parcours la Savoie à la recherche d'ambiances particulières, pour immortaliser les animaux emblématiques des Alpes.

Je forme également tous les mois de nombreux photographes voulant progresser rapidement en photo animalière et de nature grâce à mes stages et formations.

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