Mémorisation d’exposition : comment bien l’utiliser pour bien composer


Nouveau chapitre du dossier consacré à l’exposition. Nous avons vu dans l’article sur les différents modes de mesure de l’exposition qu’il était possible de dire à l’appareil de n’utiliser qu’une partie de l’image pour faire ses calculs. Aujourd’hui, nous allons aller plus loin grâce à la mémorisation d’exposition. Vous verrez dans cet article que ce simple bouton va nous permettre de donner un impact visuel fort à nos images et surtout que ce réglage, lié pourtant à l’exposition, va nous permettre d’obtenir une meilleure… composition !

 

Avant-Propos

Pour simplifier cet article et ne pas le rendre trop long, je ne donnerai des exemples qu’en mode priorité à l’ouverture, avec la mesure d’exposition spot d’activée, mais cela fonctionne exactement de la même façon avec les autres modes. Bonne lecture à tous.

 

indicateur-de-niveau-d'exposition


Mémorisation d’exposition : cas concret de son utilité

Afin de comprendre son fonctionnement et son utilité, voici un cas classique en macrophotographie, où la mémorisation d’exposition sera quasi-indispensable : le contre-jour. Hier soir, je suis parti à la recherche d’agrions à photographier, avec une idée précise en tête : faire une belle photo d’ambiance, avec un superbe coucher de soleil comme arrière-plan. Il me suffit de marcher quelques secondes autour de l’étang près de chez moi pour trouver mon sujet. Je fais mes réglages habituels : mode priorité à l’ouverture, f/2.8, mesure d’exposition évaluative, etc… Et je me positionne donc afin d’avoir le soleil derrière mon sujet. Ce que je vois dans mon viseur est superbe, mon agrion apparaît limite en ombre chinoise au milieu de toute cette belle lumière orangée et intense.

CLIC ! Voici la photo :

 

mémorisation d'exposition
Adieu l’ambiance coucher de soleil…

 

Outch !!! Que s’est-il passé ? Pourquoi l’image que j’obtiens est-elle complètement différente de ce que je voyais ? Le coupable est… la mesure d’exposition évaluative ! En effet, nous l’avons vu dans l’article précédent, mais son unique boulot est d’analyser l’ensemble de l’image pour calculer les réglages à utiliser afin d’avoir une bonne exposition. Or, dans une situation avec d’aussi forts contrastes, l’appareil est complètement perdu et incapable de reproduire l’ambiance du moment. Il en ressort une image avec des hautes-lumières beaucoup trop cramées et des ombres beaucoup trop claires : la photo est terriblement plate et mal exposée.

La solution ? Vous l’aurez deviné si vous avez lu l’article sur la mesure d’exposition, elle est de passer en mesure spot et de dire à l’appareil que la lumière forte en arrière-plan doit être ce qui est bien exposé dans l’image. Ok, donc je change mes réglages, je remets l’œil dans le viseur, je positionne ma lumière d’arrière-plan au milieu de l’écran afin de faire la mesure d’exposition dessus et… euh… ?!?

Voyez-vous le problème qui se pose ? Non ? Alors je vous rafraîchis un peu la mémoire : nous avons vu dans l’article précédent que la mesure spot utilise uniquement le centre de l’image pour faire son calcul, et qu’il est fait en continu par l’appareil. Cela signifie que, si je bouge mon appareil, mes réglages vont complètement changer. Je suis donc OBLIGÉ de rester avec la zone de lumière au centre de ma photo si je veux que celle-ci soit bien exposée. Ce qui a pour résultat, vous l’aurez compris, que mon sujet ne se trouve plus du tout là où je veux qu’il soit dans ma composition (voir qu’il n’apparaisse plus du tout dans l’image). Et ça, c’est vraiment bête !

Mais comment je fais alors pour bien exposer ma photo, tout en plaçant l’agrion là où je le désire ? Et bien c’est là que la mémorisation d’exposition vient nous sauver la vie, de façon presque… magique !

 


Canon 7D

La mémorisation d’exposition, ou comment bien composer ses photos

Le bouton de mémorisation de l’exposition se situe en général sur la face arrière des appareils photos et est représentée chez Canon par une astérisque * et par les initiales AE-L/AF-L chez Nikon. Elle permet de verrouiller les réglages pendant un temps donné et son utilisation est extrêmement simple :

  • Placez la zone que vous voulez utiliser pour faire votre mesure spot au centre de l’image.
  • Appuyez sur le bouton de mémorisation de l’exposition.
  • Un astérisque * s’affiche alors dans votre viseur, ce qui signifie que la mesure a bien été effectuée.
  • Faites la mise au point sur votre sujet.
  • Recadrez maintenant l’image comme vous le souhaitez.
  • CLIC ! 

 

mémorisation d'exposition
Le point rouge représente l’endroit où a été faite la mesure spot. Avouez que c’est quand même beaucoup mieux comme ça… 🙂

 

Avec cet outil, l’exposition reste donc verrouillée tant que vous ne ré-appuyez pas sur le bouton ou que vous ne prenez pas une photo. Cela signifie concrètement que vos réglages (vitesse, diaph et ISO) ne changeront plus tant que vous ne déclencherez pas. Et c’est là toute la force de la mémorisation d’exposition, car elle permet de dire à l’appareil “c’est cette zone là sur la photo qui doit être bien exposée”, tout en recadrant comme on le veut l’image. C’est magique je vous dis, testez vous-même !

Maintenant voyons un autre cas concret, où la mémorisation d’exposition va nous être vraiment très utile pour nous, photographes animaliers et de Nature.

 


Cas concret : le contre-jour léger

Je dois l’avouer, je suis un très grand fan des légers contre-jours, car je trouve qu’ils permettent d’obtenir des fonds pastels très lumineux et très esthétiques. Il n’est donc pas rare que je me retrouve dans des situations où mon papillon se situe à l’ombre, tandis que l’arrière-plan est baigné de lumière. Généralement, la mesure évaluative donnera un résultat différent de ce que j’imaginais au moment de déclencher, car le sujet sera légèrement trop dans l’ombre. Rien de dramatique, bien évidemment, surtout que ce genre de contre-jour est facilement rattrapable en retouche. Mais pourquoi ne pas régler cela dès la prise de vue et gagner du temps devant l’ordinateur ? Une simple mesure spot sur les ailes du papillon permettra de rehausser très légèrement la luminosité de la photo et donc de bien exposer mon sujet. C’est aussi simple que cela !

 

mémorisation d'exposition
Pensez à surtout bien viser le blanc des ailes pour avoir une bonne mesure, et non le bleu.

 


 

C’est tout pour aujourd’hui, j’espère que vous avez compris l’intérêt d’utiliser la mémorisation d’exposition et pourquoi elle permet de recadrer les photos sans perdre les bons réglages. Si cela est encore flou, je vous invite à poser des questions en commentaire, j’y répondrai volontiers.

Si vous avez aimé cet article n’hésitez pas à le partager autour de vous, afin que d’autres débutants puissent en profiter également. Et en attendant le prochain… Prenez des photos !

  • Karin dit :

    Encore un sujet expliqué clairement et simplement. Bravo

  • Très bon article Adrien, merci !

    Ça va m’être utile lorsque je prendrai des photos de la Lune !

    Une précision qui peut être utile, sur Canon, la mesure spot est bien représentée par la “mesure sélective” ?

  • Karin dit :

    tu remplaces la mesure spot par la selective car tu ne possèdes pas la mesure spot sur ton boitier…

    sinon non la mesure evaluative ne mesure pas que le centre mais en fonction du collimateur que tu désignes mais à 9% au lieu de 3%

  • lio dit :

    Bonjour,

    Merci pour cet article mais je reste avec des questions certainement bêtes…

    De ce je comprend dans le premier exemple vous faite une mémorisation d’expo sur le coucher de soleil puis vous faite la mise au point sur le sujet avec recadrage et puis vous déclenchez ? Mais comment savoir où faire la mémorisation d’expo? Sur le deuxième exemple celle est faite où?

    En photographie animalière il faut également mettre en oeuvre cette technique ou pas? Car suivant la situation le sujet bouge.

    Merci par avance

    • Bonjour,

      Sur la photo du papillon ? Elle a été faite sur les ailes, en visant le blanc de préférence.

      Et pour votre première question, c’est bien comme ça qu’il faut faire ! 🙂

      En photographie animalière il vaut mieux laisser les automatismes de l’appareil si le sujet bouge vraiment très vite, mais à force d’entraînement il est possible de faire la mémorisation très rapidement.

  • laurent h dit :

    Bonjour,

    J’utilise le bouton af-on pour la mise au point et le déclencheur à mi-course pour la mesure d’expo,
    ce qui me permets de verrouiller l’expo là où je veux (en restant à mi-course) et ensuite de cadrer avant de déclencher (et même de refaire la map)

    je découvre ton site, et j’adore
    merci pour ton investissement

    Laurent

  • >
    27 Partages
    Partagez26
    Enregistrer1
    Tweetez