Triangle d’exposition : notion fondamentale à maîtriser en photo

Photographie. Photo-graphie. Pour les plus littéraires d’entre vous, cela signifie littéralement en grec : « peindre avec la lumière ». La lumière, le nerf de la guerre. Tout dépend d’elle en photo et il est très important de la comprendre pour mieux la maîtriser. Alors si vous vous lancez dans la photographie, soyez concentrés et n’hésitez pas à prendre des notes, car vous n’avez pas le choix : il va falloir maîtriser la notion du triangle d’exposition car elle est LA BASE de la photographie, et sans elle rien n’est possible. 

Comment fonctionne un appareil photo ?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il est important de comprendre le fonctionnement d’un appareil photo. Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire un exposé avec des explications hyper-techniques (je ne les connais même pas moi-même). Retenez seulement qu’il existe trois composants qui vont se charger de traiter la lumière et de la transformer en image :

 

  • Le diaphragme de l’objectif : il permet d’ajuster la quantité de lumière traversant l’objectif en augmentant ou en diminuant son diamètre. C’est la “pupille” de l’appareil photo.
  • L’obturateur : Quand on appuie sur le déclencheur de l’appareil, l’obturateur se relève pour laisser passer la lumière, puis se referme. C’est la “paupière” de l’appareil photo.
  • Le capteur : Composé de plusieurs millions de cellules photosensibles, le capteur permet de transformer l’énergie lumineuse en signal électrique, qui sera ensuite convertie pour donner la photographie. C’est le “cerveau” de l’appareil photo.

fonctionnement-appareil-photo

Nous voyons donc sur cette animation que la photographie n’est rien d’autre que des rayons lumineux, qui vont traverser différents éléments chargés de “doser” sa quantité. Cette lumière va ensuite être captée par une surface sensible puis transformée en données numériques. L’image est née.

 

Mais alors, qu’est ce qu’une photo “bien exposée” ?

La question est vague car tout est affaire de sensibilité artistique, mais il est communément admis qu’une photo est bien exposée quand elle retranscrit le plus fidèlement possible la réalité et que l’image ne comporte ni trop de zones sombres, ni trop de zones claires. Bref, une photo équilibrée. Pas facile de s’y retrouver avec cette explication un peu vague, n’est ce pas ? Alors comme rien ne vaut un exemple en images…

 

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Comment modifier l’exposition ?

Heureusement pour le photographe, il est possible de jouer facilement sur l’exposition grâce à trois réglages qui dépendent des trois composants que nous avons vus sur l’animation en début d’article. Je traiterai plus en détails chacun d’eux dans de futurs articles.

 

  • L’ouverture du diaphragme : c’est le diamètre d’ouverture du diaphragme au déclenchement. Sa valeur s’exprime en “f/nombre“, (f/2.8, f/11, f/32 etc…). Nous en reparlerons plus en détails dans un prochain article, mais retenez que plus le nombre est grand, plus l’ouverture du diaphragme est petite.
  • La vitesse d’obturation : cela correspond au temps (exprimé en seconde) où l’obturateur restera relevé au déclenchement, et donc où le capteur de votre appareil sera exposé à la lumière. Plus la vitesse est lente, plus le capteur est exposé à la lumière et inversement.
  • La sensibilité ISO : paramètre un peu plus abstrait, la sensibilité ISO correspond à la façon dont le capteur “absorbe” la lumière. Plus la sensibilité sera élevée, et plus la même quantité de lumière sera analysée de manière “forte”. Pour vous donner un exemple très parlant, imaginez un homme brun (ISO 100) et un homme roux (ISO 1 000) sur la plage. Laissez-les tous les deux 30 minutes au soleil : à votre avis, lequel aura été le plus sensible aux coups de soleil ? 

 

modifications-valeurs
Influence des 3 valeurs sur la quantité de lumière.

 

Le triangle d’exposition

Ces 3 paramètres, nous venons de le voir, sont donc tous modifiables sur votre appareil et auront un impact différent sur l’exposition de votre photo selon la valeur sélectionnée. Utilisez une vitesse d’obturation plus lente  et votre photo sera beaucoup plus exposée. Mais alors comment compenser cette sur-exposition ? Car tout ce que nous voulons, après tout, c’est avoir une belle photo bien exposée. La solution est très simple, il faudra tout simplement diminuer l’ouverture du diaphragme et/ou la sensibilité ISO pour contre-balancer cette quantité de lumière en trop. Si vous décidez, au contraire, d’ouvrir en grand le diaphragme pour avoir une profondeur de champ réduite, il vous faudra alors compenser en changeant la vitesse d’obturation ou la sensibilité ISO…voir les deux !

Vous l’aurez donc compris, ces trois réglages sont étroitement liés entre eux : modifiez un seul des paramètres et il faudra en ajuster un autre pour avoir une photo bien exposée. C’est ce qu’on appelle le triangle d’exposition…

 

Triangle d'exposition

 

Et c’est bien là toute la force de la photographie, car pour une même situation, il existe en fait des dizaines de manières différentes d’obtenir la même exposition. Pour vous montrer ce principe en images, voici, en exemple, trois photos de mon fidèle compagnon, Schtroumpf photographe, exposé de la même manière mais avec des paramètres totalement différents.

Les personnes qui ont aimé cet article ont aussi lu :  Mémorisation d'exposition : comment bien l'utiliser pour bien composer

 

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f/2,8 – 1/160s – ISO 2000 <> f/10 – 1/13s – ISO 2000  <>  f/2,8 – 1/125s – ISO 1600

 

Concrètement à quoi sert le triangle d’exposition sur le terrain ?

A s’adapter à toutes les situations ! Car une fois cette notion assimilée, il est très facile de jouer sur les paramètres pour changer une photo ratée à cause d’une erreur technique en une photo réussie. Voici quelques situations typiques que vous rencontrerez forcément et où le triangle d’exposition vous sauvera :

 

  • En photographie animalière : l’animal que vous avez photographié est flou sur la photo ? C’est parce que vous n’avez pas déclenché avec une vitesse d’obturation assez rapide. Augmentez-la suffisamment pour pouvoir figer son mouvement. Vous devrez alors, pour compenser la perte de lumière, soit ouvrir plus grand le diaphragme, soit augmenter la sensibilité ISO.
  • En macrophotographie : nous le verrons dans un prochain article, mais l’ouverture du diaphragme permet également de jouer sur la profondeur de champ. Retenez juste que plus l’ouverture est grande, plus la profondeur de champ est petite. En macrophotographie, il est courant de vouloir une toute petite profondeur pour noyer le décor dans du flou. Pour obtenir cela ouvrez donc en grand le diaphragme ! Cela aura pour conséquence inévitable de faire rentrer plus de lumière, il faudra donc compenser en augmentant la vitesse d’obturation ou en baissant la sensibilité ISO
  • En paysage : généralement pour immortaliser un magnifique paysage, on souhaite avoir une profondeur de champ très grande pour obtenir le plus possible de zones nettes. Il est donc coutume de fermer énormément le diaphragme, ce qui a pour conséquence inévitable de diminuer énormément la quantité de lumière. Pour corriger ce problème il est donc nécessaire soit de travailler avec une vitesse très lente (et d’utiliser un trépied pour éviter le flou de mouvement), soit d’augmenter énormément la sensibilité ISO.

 

Il existe bien évidemment une infinité de situations et il m’est impossible de tout lister ici. Néanmoins, la pratique reste votre meilleure alliée pour bien maîtriser le triangle de l’exposition, qui est une notion fondamentale en photographie. Il est donc primordial de devenir complètement à l’aise avec tous ces paramètres, afin de pouvoir vous adapter à toutes les situations que vous rencontrerez.

Les débuts sont difficiles, on ne comprend pas grand chose à tous ces termes techniques, on a envie de jeter son appareil car on n’obtient pas ce que l’on veut… Tout cela je l’ai vécu et c’est le cas d’absolument tout le monde. Mais croyez-moi :  persévérez, entraînez-vous, mais surtout ne cédez pas à la tentation de passer en tout automatique car cela ne vous permettra pas de vous démarquer des 99% des photographes qui débutent et abandonnent au bout de 2 mois !

Une fois ces bases acquises, vous pourrez exploiter totalement les réglages de votre appareil. Il sera alors temps pour vous de tenter des choses (pour donner un rendu artistique à vos photos par exemple) puis ensuite de complètement briser ces règles pour obtenir des rendus très particuliers : contre-jour, high-key, low-key, filés, etc…

 

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Vulgarisation : L’eau et le verre

Pour finir, si vous n’avez toujours pas compris le fonctionnement du triangle d’exposition en photographie, j’ai créé une vidéo explicative avec une métaphore simple. Il vous suffit juste d’imaginer que :

  • L’appareil photo = le verre
  • La lumière = l’eau
  • Le diamètre du diaphragme = le diamètre du robinet
  • La vitesse d’obturation = le temps d’écoulement de l’eau
  • La sensibilité ISO = le nombre de glaçons dans le verre

 

 


 

Je profite de cette vidéo pour vous proposer de vous abonner à la chaîne YouTube, vous y trouverez de nombreux tutoriaux sur les logiciels de retouche et plein d’astuces qui ne se trouvent pas forcément sur le blog.

 

Vous pouvez dès à présent continuer votre apprentissage en lisant les articles consacrés aux différents piliers du triangle d’exposition :

 

 

 

N’hésitez pas à partager l’article si vous avez aimé et/ou si vous connaissez des personnes qui veulent se lancer dans la photographie. L’article est volontairement long et dense car j’ai voulu livrer le maximum d’informations de la manière la plus simple possible. Sur ce, bonnes photos !

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