Comment photographier les insectes : le guide complet

par Adrien Coquelle

Photographier les insectes, c’est souvent une première tentative décourageante : l’image est floue, l’insecte s’est envolé avant même que vous n’ayez appuyé sur le déclencheur, et les réglages de l’appareil semblent plus compliqués qu’une notice de machine à laver.

Pourtant, c’est en effet l’une des disciplines les plus accessibles et les plus gratifiantes qui soit, à condition de partir sur de bonnes bases.

Donc cet article vous donne une méthode claire et sans jargon pour réussir vos premières photos macro d’insectes, dès votre prochain passage dans le jardin.

Voici ce que vous allez apprendre : quel matériel choisir pour débuter sans dépenser une fortune inutilement, à quel moment sortir pour trouver des sujets coopératifs et une lumière favorable, quels réglages simples appliquer pour obtenir une image nette dans la majorité des situations, comment s’approcher sans faire fuir votre sujet, et enfin les erreurs classiques à éviter pour que vos images aient enfin l’impact visuel que vous recherchez.

Et le premier point sur le matériel réserve d’ailleurs une belle surprise à ceux qui pensent qu’il faut investir beaucoup pour bien commencer, et vous allez voir que c’est en fait beaucoup plus simple que vous ne l’imaginez !

En bref
  • Photographier les insectes est une activité accessible dès votre jardin, qui révèle un monde invisible à l’oeil nu.
  • Un appareil hybride ou reflex avec un objectif macro (90-105 mm) ou des bagues-allonge suffit largement pour débuter sans dépense excessive.
  • Le petit matin est le meilleur moment : les insectes sont engourdis par la rosée et bougent peu, ce qui facilite énormément la mise au point.
  • Le vent est votre principal obstacle : même une légère brise suffit à ruiner la netteté de vos images.
  • En macrophotographie d’insectes, visez toujours l’œil du sujet et montez votre vitesse d’obturation plus haut que vous ne le pensez.
  • S’approcher lentement, sans geste brusque, fait toute la différence entre un insecte qui reste et un insecte qui disparaît.
  • Se mettre à hauteur de l’insecte et soigner l’arrière-plan transforme une photo banale en une image qui raconte vraiment quelque chose.
Chapitre 01

Quel matériel choisir pour débuter en macrophotographie d’insectes ?

Le matériel, c’est souvent le premier sujet qui paralyse.

On se retrouve face à des dizaines de références, des forums qui se contredisent, des listes interminables d’accessoires “indispensables”. Et au final, on ne sort jamais sur le terrain parce qu’on n’est pas sûr d’avoir le bon équipement.

Voilà ce que j’ai appris après des années à photographier les insectes dans des prairies, des lisières et des jardins : le meilleur matériel est celui que vous maîtrisez suffisamment pour ne plus y penser une fois dans la nature.

Parce que sur le terrain, votre cerveau doit être entièrement focalisé sur l’insecte devant vous, pas sur vos menus de réglage.

Donc l’objectif ici est simple : identifier l’équipement minimum efficace pour démarrer en macrophotographie d’insectes, sans vous ruiner et sans vous perdre dans des considérations techniques qui n’apportent rien de concret à vos images.

Gros plan macro d'un agrion jouvencelle bleu sur un roseau, illustrant la netteté parfaite pour photographier les insectes.
1.1

Pourquoi un appareil photo hybride ou reflex est indispensable pour la photo macro d’insectes

La première question que l’on me pose souvent, c’est : “Est-ce que mon appareil actuel peut faire de la macro ?”

Il faut savoir que la réponse dépend presque entièrement du type de boîtier que vous possédez.

Un appareil hybride ou reflex, c’est une catégorie à part. Ces boîtiers offrent quelque chose que les compacts ne peuvent tout simplement pas égaler : la possibilité de choisir et de monter l’objectif qui correspond exactement à votre usage.

Et en macrophotographie d’insecte, c’est absolument fondamental.

Voici pourquoi ces boîtiers changent tout concrètement :

  • La gestion de la mise au point est précise et rapide, ce qui est essentiel quand un sujet bouge légèrement ou que la profondeur de champ se compte en millimètres.
  • Le capteur de grande taille capte davantage de lumière, ce qui vous permet de travailler dans les conditions du petit matin sans exploser votre niveau de bruit numérique.
  • La visée optique ou électronique vous donne une image fidèle de ce que vous allez capturer, sans décalage qui vous ferait rater le moment décisif.
  • La compatibilité avec les objectifs macro dédiés est totale, contrairement à d’autres types d’appareils qui ne permettent pas ce niveau de personnalisation.

Entre un hybride et un reflex, en 2025, la différence est surtout une question d’habitude et de budget.

Les reflex sont souvent disponibles d’occasion à des prix très accessibles. Les hybrides, plus récents, offrent des systèmes autofocus plus évolués, particulièrement utiles si l’insecte est en mouvement.

Dans les deux cas, vous serez en mesure de faire des photos macro insectes de qualité dès vos premières sorties.

Un photographe naturaliste accroupi dans une prairie avec un objectif macro pour photographier les insectes à la lumière du matin.
1.2

Objectif pour la photo macro d’insectes : le vrai objectif macro ou les bagues-allonge ?

C’est ici que les choses deviennent vraiment intéressantes.

Il existe deux approches pour entrer en macrophotographie d’insectes, et elles ne s’adressent pas tout à fait au même profil.

L’objectif macro dédié : la solution de référence

Un objectif macro 90 mm ou 105 mm est le choix classique des photographes spécialisés dans ce domaine. Il permet d’atteindre un rapport de reproduction 1:1, c’est-à-dire que l’insecte est reproduit sur le capteur à sa taille réelle.

Ce type d’objectif présente plusieurs avantages concrets :

  • Une distance de travail confortable entre l’objectif et l’insecte (souvent 30 à 40 cm), ce qui réduit le risque de faire fuir votre sujet en vous approchant trop près.
  • Une qualité optique supérieure avec une netteté homogène sur toute la plage de mise au point.
  • Une ergonomie pensée pour la macro : la bague de mise au point est progressive et permet des corrections très fines.

Le 105 mm macro de Nikon ou le 100 mm macro de Canon sont deux exemples de valeurs sûres, disponibles depuis de nombreuses années et donc accessibles d’occasion.

Les bagues-allonge : l’entrée économique dans la macrophotographie

Si vous possédez déjà un objectif standard de type 50 mm ou 18-55 mm, les bagues-allonge sont une alternative très sérieuse pour débuter sans investir plusieurs centaines d’euros dans un objectif dédié.

En fait, le principe est simple : ces bagues s’intercalent entre votre boîtier et votre objectif existant, augmentant ainsi la distance entre les lentilles et le capteur. Résultat : vous pouvez vous approcher bien davantage de votre sujet et obtenir un grossissement proche de celui d’un objectif macro.

Le tableau ci-dessous résume les différences essentielles entre les deux options :

Critère Objectif macro 90-105 mm Bagues-allonge
Coût 400 à 800 € (neuf) / 150 à 300 € (occasion) 30 à 80 €
Qualité d’image Excellente Bonne, dépend de l’objectif de base
Distance de travail Confortable (30-40 cm) Très courte (risque de faire fuir)
Autofocus Conservé et précis Parfois limité ou perdu selon la bague
Polyvalence Peut servir en portrait Limitée à la macro
Recommandé pour Usage régulier, progression Premier test, budget serré
Schéma pédagogique comparant un objectif macro de 100mm et des bagues-allonge pour photographier les insectes, détaillant la distance de travail et le rapport de grossissement 1:1.

La bague-allonge a un défaut qu’il faut anticiper : elle rapproche beaucoup votre objectif du sujet. Donc pour une photo macro insecte, vous pouvez vous retrouver à 5 ou 10 cm seulement de votre papillon. Ce qui multiplie les chances de le faire fuir.

C’est gérable, mais cela demande une approche encore plus douce et patiente.

Mon conseil personnel : si vous êtes vraiment débutant et que vous souhaitez tester la discipline avant d’investir, commencez par les bagues-allonge. Si au bout de quelques sorties vous ressentez la même excitation que moi la première fois que j’ai vu un criquet en plein cadre, net comme une épingle, alors investissez dans un vrai objectif macro. Ce sera l’un des meilleurs achats photo de votre vie.

Le matériel est donc posé. Mais avoir le bon boîtier et le bon objectif ne suffit pas.

Il y a un facteur bien plus déterminant que la technologie pour ramener de belles images de macro photo insectes, et la plupart des débutants ne l’ont absolument pas en tête au moment de partir sur le terrain.

En bref : quel matériel choisir pour débuter en macrophotographie d'insectes
En bref
  • Un appareil hybride ou reflex est indispensable : il offre la compatibilité avec les objectifs macro et une gestion précise de la mise au point.
  • Le reflex d’occasion est une porte d’entrée accessible. L’hybride récent apporte un autofocus plus performant sur les insectes en mouvement.
  • L’objectif macro 90-105 mm est la solution de référence : distance de travail confortable, qualité optique irréprochable, autofocus conservé.
  • Les bagues-allonge permettent de débuter pour 30 à 80 €, en utilisant un objectif déjà en votre possession.
  • La principale limite des bagues-allonge est la distance de travail très courte, qui oblige à s’approcher à quelques centimètres du sujet.
  • Pour tester la discipline sans investissement lourd, les bagues-allonge suffisent. Pour progresser sérieusement, un vrai objectif macro s’impose rapidement.
Chapitre 02

Choisir le bon moment pour trouver un insecte coopératif

Vous avez donc le bon boîtier, le bon objectif ou vos bagues-allonge.

Et vous sortez un dimanche après-midi bien ensoleillé, plein d’enthousiasme, direction la prairie ou le jardin.

Résultat : les insectes sont là, mais ils ne tiennent pas en place une seconde. Ils s’envolent dès que vous approchez, ou bougent sans cesse sous l’effet du vent. Vous rentrez avec des dizaines de photos floues et une légère frustration.

Voilà exactement ce qui arrive à la quasi-totalité des débutants. Et ce n’est pas une question de matériel.

C’est une question de moment choisi.

En fait, photographier les insectes avec succès repose sur une connaissance très simple du comportement animal : les insectes sont des organismes à sang froid. Leur niveau d’activité dépend directement de la température ambiante. Plus il fait chaud, plus ils sont rapides, alertes et impossibles à approcher. Plus il fait frais, plus ils sont lents, dociles, presque immobiles.

Ce principe change absolument tout dans votre façon d’organiser vos sorties.

Illustration pédagogique montrant la relation entre la température et l'activité des insectes : le matin avec la rosée est le moment idéal pour photographier les insectes car ils sont léthargiques.
2.1

Le secret du petit matin pour la photographie d’insectes

Le petit matin, c’est le moment d’or pour la photo macro insecte.

Il faut savoir que dans les premières heures après le lever du soleil, deux phénomènes se conjuguent pour vous offrir des conditions idéales que vous ne retrouverez jamais en milieu de journée.

Premier phénomène : la rosée.

Durant la nuit, l’humidité de l’air se condense sur les végétaux, et surtout sur les insectes eux-mêmes. Une libellule couverte de gouttelettes de rosée ne peut tout simplement pas voler. Ses ailes sont trop lourdes, son corps trop froid.

Elle reste donc immobile, souvent accrochée à une tige ou une feuille, pendant parfois une à deux heures après le lever du soleil.

C’est une opportunité exceptionnelle.

Deuxième phénomène : la léthargie thermique.

Même sans rosée marquée, la température basse du matin ralentit considérablement le métabolisme des insectes. Un papillon qui, à 14h, s’envole à la moindre vibration du sol, peut rester parfaitement immobile à 7h du matin pendant que vous faites votre mise au point tranquillement.

Je me souviens d’une sortie en juin, dans une prairie humide en bordure d’étang. Il était environ 6h30, la lumière rasante du soleil levant colorait les herbes d’un orange doux, et j’ai trouvé une dizaine de criquets complètement engourdis sur les tiges de graminées. J’ai pu passer plus d’une heure à les photographier sous tous les angles, sans qu’aucun ne s’enfuie. La même prairie à 13h : plus un insecte accessible.

En plus du comportement des insectes, la lumière du matin a une qualité incomparable pour la macrophotographie insectes.

Elle est rasante, dorée, et crée des textures magnifiques sur les détails des ailes, des pattes articulées, des yeux à facettes. Ce sont ces conditions de lumière qui font la différence entre une photo banale et une image qui saisit vraiment. Pour aller encore plus loin sur ce sujet, les conseils pour sublimer vos macrophotographies vous aideront à exploiter pleinement ces instants.

Gros plan macro d'une libellule commune couverte de gouttes de rosée au lever du soleil, illustrant la netteté indispensable pour photographier les insectes.

Voici un repère pratique pour organiser vos sorties selon la saison :

Saison Heure idéale de départ Durée de la fenêtre favorable
Printemps (avril-mai) 6h30 – 7h30 1h30 à 2h
Été (juin-août) 6h00 – 7h00 1h à 1h30
Automne (septembre-octobre) 7h30 – 8h30 2h à 2h30

L’automne est souvent la meilleure saison pour débuter, justement parce que les températures basses allongent la fenêtre d’activité réduite des insectes, vous donnant plus de temps pour vous installer et faire vos réglages sans précipitation.

2.2

Pourquoi le vent est votre pire ennemi en macro insectes

Vous avez trouvé votre insecte. Il est immobile. La lumière est belle. Vous enclenchez la mise au point.

Et là, une légère brise fait osciller la tige de deux centimètres.

Photo floue. Recommencez.

En macro photo insectes, la profondeur de champ en macrophotographie se mesure en millimètres, parfois moins. Un mouvement infime du sujet suffit à faire sortir la zone nette de l’œil de l’insecte. Et ce n’est pas le tremblement de votre main le coupable le plus fréquent. C’est le vent.

Il faut savoir que même un souffle de vent que vous percevez à peine sur votre visage peut faire bouger une tige de graminée de plusieurs centimètres. À l’échelle d’un insecte de quelques millimètres cadré en gros plan, c’est une oscillation catastrophique.

Voici les stratégies concrètes pour limiter l’impact du vent sur le terrain :

  • Choisissez des sites abrités : une lisière de haie, un talus exposé au sud, un jardin clos. Les zones naturellement protégées du vent existent partout. Il suffit de les repérer avant de sortir.
  • Utilisez votre corps comme brise-vent : placez-vous de façon à ce que votre propre silhouette coupe le flux d’air entre la source du vent et votre sujet. C’est une technique simple et souvent très efficace.
  • Anticipez les accalmies : le vent ne souffle jamais de façon parfaitement continue. Observez le mouvement de la végétation, repérez le rythme des rafales, et déclenchez dans les quelques secondes de calme entre deux bourrasques.
  • Cherchez des insectes sur des supports stables : un insecte posé sur une grosse pierre plate, un tronc ou une feuille épaisse bougera bien moins qu’un sujet accroché à une fine tige de graminée.
  • Montez votre vitesse d’obturation : en rafale courte avec une vitesse élevée, vous multipliez vos chances d’obtenir au moins une image prise dans le bon instant, entre deux oscillations. Ce point mérite d’ailleurs une attention particulière que nous allons aborder juste après.
Photographe naturaliste avec objectif macro accroupi dans une prairie au lever du soleil pour photographier les insectes avec netteté.

Un dernier point sur le vent que la plupart des photographes ignorent au début : le matin calme est souvent la règle, pas l’exception.

Les masses d’air se réchauffent progressivement au fil de la matinée et génèrent des mouvements convectifs qui créent du vent. Très tôt le matin, avant que le sol ne soit chauffé par le soleil, l’atmosphère est naturellement plus stable.

C’est encore une raison de plus, et pas des moindres, pour privilégier le lever du soleil à l’après-midi.

Choisir le bon moment pour trouver un insecte coopératif
En bref
  • Les insectes sont à sang froid : plus la température est basse, plus ils sont lents et faciles à approcher pour les photographier.
  • La rosée du matin immobilise certains insectes pendant une à deux heures après le lever du soleil : un avantage décisif pour la macrophotographie d’insectes.
  • La lumière rasante du petit matin produit des textures et des couleurs bien supérieures à la lumière dure de l’après-midi.
  • Le vent, même faible, est le principal responsable du flou en macro : la profondeur de champ de quelques millimètres laisse zéro tolérance au mouvement.
  • Quatre solutions pratiques contre le vent : sites abrités, corps en bouclier, accalmies anticipées, supports stables pour les insectes.
  • Le matin est aussi le moment où l’atmosphère est naturellement la plus calme, avant que le soleil ne réchauffe les masses d’air.

Vous sortez donc au bon moment, dans un endroit abrité, face à un insecte coopératif.

Reste maintenant à ne pas tout gâcher avec de mauvais réglages. Et justement, il y a une configuration très précise à connaître absolument avant de déclencher la première fois en macro.

Chapitre 03

Les réglages simples pour obtenir une photo macro d’insecte bien nette

La technique, ça fait peur.

Dès qu’on parle de vitesse d’obturation, d’ouverture ou d’ISO, beaucoup de photographes débutants ont l’impression de devoir passer un diplôme avant de pouvoir appuyer sur le déclencheur.

En fait, en macrophotographie d’insectes, il n’y a pas trente paramètres à maîtriser simultanément. Il y en a deux qui font vraiment la différence dans 80 % des situations : la vitesse d’obturation et la mise au point. Si vous n’êtes pas encore à l’aise avec la relation entre ouverture, vitesse et ISO, c’est une bonne base à avoir en tête avant de continuer.

Voilà ce que je vous propose dans ce chapitre : une configuration de base qui fonctionne, que vous pouvez appliquer dès votre prochaine sortie sans avoir besoin de tout comprendre dans les détails.

Infographie pédagogique expliquant comment photographier les insectes avec les réglages de vitesse, ouverture et ISO, illustrant la différence de netteté entre 1/100s et 1/320s.
3.1

La vitesse d’obturation en macro insectes : plus haute que vous ne le pensez

C’est l’erreur que je vois le plus souvent chez les débutants qui se lancent dans la photo macro insecte.

Ils raisonnent comme en photographie classique : l’insecte est immobile, il ne bouge pas, donc une vitesse de 1/100s ou 1/125s est suffisante.

Et ils obtiennent des images floues. Systématiquement.

Le problème ne vient pas du sujet. Il vient de vous.

Il faut savoir qu’en macrophotographie, le grossissement amplifie tout. Y compris le micro-tremblement naturel et invisible de vos mains. Un mouvement de quelques dixièmes de millimètre dans vos doigts, qui ne se verrait absolument pas sur un portrait ou un paysage, devient catastrophique à fort grossissement parce qu’il déplace la zone de netteté hors de l’œil de l’insecte.

La règle que j’applique sur le terrain : au moins 1/250s en conditions calmes, et entre 1/500s et 1/800s dès qu’il y a le moindre frémissement de végétation.

Oui, c’est beaucoup. Et oui, cela oblige à monter l’ISO pour compenser.

Voici donc la configuration que je recommande en point de départ :

  • Mode : Priorité à l’ouverture (Av ou A) pour conserver la maîtrise de la profondeur de champ.
  • Ouverture : f/8 à f/11 pour obtenir une profondeur de champ suffisante sans entrer dans les problèmes de diffraction qui ramollissent l’image.
  • ISO auto avec limite à 1600 ou 3200 : laissez l’appareil gérer, il s’en sort très bien sur les boîtiers récents, même d’occasion.
  • Vitesse minimale forcée à 1/320s si votre boîtier vous permet de définir ce seuil dans les réglages d’ISO auto. C’est le filet de sécurité le plus efficace que je connaisse.

Un bruit de grain modéré à ISO 1600 est toujours préférable à une image nette à ISO 400 mais floue parce que la vitesse était trop basse.

Le grain se gère en post-traitement. Le flou de bougé, lui, est définitif.

Photographe naturaliste accroupi dans une prairie au lever du soleil pour photographier les insectes avec un appareil photo macro

Un autre point technique souvent négligé : le déclencheur.

Même avec une bonne vitesse, appuyer trop fort ou trop brusquement sur le déclencheur introduit un micro-tremblement supplémentaire. Posez le doigt doucement, accompagnez l’appui comme si vous pressiez sur quelque chose de très fragile. Avec un peu de pratique, ce geste devient naturel et améliore sensiblement la netteté de vos images.

Si votre boîtier dispose d’une télécommande filaire ou d’une commande par application mobile, c’est encore mieux pour les situations où l’insecte est absolument immobile et où vous avez le temps de vous installer.

3.2

Où faire la mise au point sur un insecte : la règle d’or du photographe insectes

Une fois la vitesse réglée, reste la question qui fait trébucher absolument tous les débutants en macrophotographie insecte.

Sur quelle partie du sujet faire la mise au point ?

La réponse est simple, constante, et ne souffre d’aucune exception : toujours sur l’œil de l’insecte.

Toujours.

Que vous photographiez une coccinelle de face, un papillon de profil ou une libellule aux ailes déployées, c’est l’œil qui doit être net en priorité absolue. C’est lui qui donne vie à l’image. Un œil net crée une connexion immédiate entre le spectateur et le sujet, même si le reste du corps est dans le flou. Pour aller plus loin sur ce sujet, les conseils sur la mise au point et l’approche en photo d’insectes rapides vous montreront comment adapter cette règle même aux sujets les plus difficiles.

À l’inverse, un insecte dont les pattes et les ailes sont parfaitement nettes mais dont l’œil est légèrement flou donne une impression étrange, presque dérangeante.

L’œil, c’est l’ancre visuelle de votre image.

Photographie macro d'un agrion bleu avec mise au point nette sur l'œil et rosée matinale, illustrant comment photographier les insectes de près.

La mise au point automatique : utile mais à surveiller

Les hybrides récents proposent des modes de détection de sujet très efficaces, capables de reconnaître et de suivre les insectes automatiquement. Si votre boîtier en est équipé, activez cette fonction : elle fait gagner un temps précieux.

Mais il faut savoir que l’autofocus peut parfois se tromper.

En macro, face à un sujet complexe comme un papillon aux motifs très contrastés, l’autofocus peut se fixer sur une aile bien texturée plutôt que sur l’œil, ou pire, sur un brin d’herbe situé au premier plan.

Donc voici comment j’organise ma mise au point sur le terrain :

  • Autofocus spot ou collimateur central pour pointer précisément sur l’œil, plutôt que de laisser l’appareil choisir sa zone librement.
  • Verrouillage de la mise au point (bouton AF-L ou pression à mi-course) puis recomposition légère du cadre si besoin, sans bouger les pieds.
  • Mise au point manuelle en complément : dans les cas où l’autofocus tâtonne, basculez en manuel et effectuez une légère rotation de la bague. C’est souvent plus rapide que d’attendre que l’autofocus se décide.

Il y a une technique que j’utilise fréquemment pour les sujets parfaitement immobiles au petit matin : je place ma mise au point manuellement sur l’œil, je règle mon collimateur dessus, puis je laisse entrer un tout petit peu d’air dans mes poumons et je déclenche dans l’instant de stabilité entre deux respirations.

C’est une technique empruntée aux tireurs de précision. Et elle fonctionne remarquablement bien en macro photo insectes.

Le tableau ci-dessous récapitule les réglages de base à appliquer selon les conditions rencontrées sur le terrain :

Situation terrain Vitesse conseillée Ouverture ISO
Insecte immobile, pas de vent 1/250s f/8 Auto (400-800)
Légère brise, insecte posé 1/500s f/8 à f/10 Auto (800-1600)
Insecte en léger mouvement 1/800s f/8 Auto (1600-3200)
Vol ou déplacement rapide 1/1600s ou + f/6.3 à f/8 Auto (3200 max)
Tableau pédagogique présentant les réglages conseillés (vitesse, ouverture, ISO) pour photographier les insectes selon leur comportement : immobile, avec du vent ou en mouvement.

Ces réglages ne sont pas gravés dans le marbre. Ils sont un point de départ fiable.

Avec quelques sorties, vous commencerez à les ajuster instinctivement selon la luminosité du moment, la taille de votre sujet et la distance à laquelle vous travaillez. C’est cette progression naturelle qui fait tout le plaisir de la discipline.

En bref - Les réglages simples pour obtenir une photo macro d'insecte bien nette
En bref
  • En macro insectes, montez votre vitesse bien plus haut qu’en photo classique : au moins 1/250s même quand le sujet semble immobile.
  • Le micro-tremblement des mains est amplifié par le grossissement de l’objectif : c’est lui, et non l’insecte, le principal responsable du flou.
  • Une ouverture de f/8 à f/11 offre la meilleure profondeur de champ utilisable sans entrer dans la diffraction.
  • Toujours faire la mise au point sur l’œil : c’est la règle absolue qui donne vie à l’image et crée le lien émotionnel avec le spectateur.
  • L’autofocus peut tromper en macro : utilisez un collimateur spot pointé sur l’œil, et vérifiez la netteté sur l’écran en zoomant après chaque série.
  • Déclencher entre deux respirations, comme un tireur de précision, est une technique simple qui améliore immédiatement la netteté des images.

Vous avez maintenant les bons réglages en tête.

Mais il reste un obstacle que personne ne vous dit franchement au début : même avec une vitesse parfaite et une mise au point sur l’œil, tout peut s’effondrer en une fraction de seconde si votre approche n’est pas la bonne.

Chapitre 04

Comment s’approcher sans faire fuir son sujet ?

En photographier les insectes, l’approche est probablement la compétence la plus sous-estimée de toute la discipline.

On parle beaucoup de matériel, de réglages, de lumière. Mais personne ne vous dit vraiment comment poser un pied devant l’autre pour ne pas transformer votre sujet en point fuyant dans le flou de fond.

Et c’est dommage. Parce que c’est ici que se joue réellement la différence entre rentrer avec une belle image et rentrer les mains vides.

Il faut savoir que les insectes n’ont pas de conscience de votre intention. Ils ne savent pas que vous n’êtes pas dangereux. Leur système nerveux est câblé pour une seule chose : détecter tout ce qui ressemble à un prédateur et fuir immédiatement.

Un prédateur, ça se caractérise par trois choses : une ombre qui s’approche rapidement, des vibrations dans le sol, et un mouvement brusque dans le champ de vision périphérique.

Votre mission est donc de ne ressembler à aucun de ces trois signaux.

Gros plan macro d'un agrion bleu couvert de gouttes de rosée sur un roseau au lever du soleil, illustrant la netteté en photographie d'insectes.
4.1

La gestuelle du photographe insectes sur le terrain : lenteur et régularité

Le premier principe est celui qui va à l’encontre de tout ce que l’instinct commande sur le terrain : ralentir bien avant de penser que c’est nécessaire.

La plupart des gens s’approchent normalement jusqu’à environ deux mètres de leur sujet, puis tentent de ralentir. C’est trop tard. L’insecte a déjà enregistré votre présence depuis bien plus loin.

Voici ce que j’applique dès que j’aperçois un sujet intéressant :

  • Je stoppe tout mouvement dès que je le repère, même si je suis encore à quatre ou cinq mètres. Je reste immobile pendant quelques secondes pour laisser l’insecte oublier que quelque chose a bougé dans son environnement.
  • J’avance par séquences courtes : un pas, une pause. Deux pas, une pause. Jamais en déplacement continu. Le mouvement régulier et lent est moins menaçant que le mouvement saccadé, mais la pause reste essentielle.
  • Je pose le pied avec soin, en attaquant par la pointe avant de transférer le poids, pour minimiser les vibrations transmises au sol et donc à la tige sur laquelle repose l’insecte.
  • Je garde les bras le long du corps pendant le déplacement. Agiter les coudes ou les mains pour équilibrer est un signal visuel fort que les insectes perçoivent très bien, surtout les libellules dont les yeux à facettes couvrent presque 360 degrés.
  • Je monte l’appareil à hauteur des yeux très progressivement, pas d’un geste sec. Ce mouvement de bras vers le haut est l’un des plus déclencheurs de fuite.

Ce protocole peut sembler excessif. Il ne l’est pas.

Je me souviens d’une petite demoiselle bleue posée sur un nénuphar, un matin de juillet en Sologne. J’ai mis dix bonnes minutes pour couvrir les trois derniers mètres qui me séparaient d’elle. Dix minutes de mouvement millimétrique, de pauses, de respiration contrôlée. Et j’ai obtenu une série de vingt-deux images dont quatre parfaitement nettes, avec l’œil en point de contact absolument précis. C’est cette patience-là qui fait la différence entre une photo souvenir et une vraie photo macro insecte.

Photographe naturaliste accroupi dans une prairie au lever du soleil utilisant un objectif macro pour photographier les insectes.
4.2

Macrophotographie insectes : comprendre la zone de tolérance de votre sujet

Chaque insecte possède ce que les éthologues appellent une “distance de fuite”. C’est le rayon autour du sujet à partir duquel il considère le danger comme immédiat et réagit en s’échappant.

Cette distance varie considérablement selon l’espèce, la température, et l’état de l’individu.

Type d’insecte Distance de fuite approximative Difficulté d’approche
Criquet, sauterelle 50 cm à 1 m Modérée
Papillon posé 30 cm à 80 cm Modérée à élevée
Libellule en thermorégulation 20 cm à 50 cm Faible si le matin
Abeille ou bourdon en butinage Moins de 10 cm Très faible
Insecte couvert de rosée Quasi nulle Très faible

Ce tableau illustre une chose très utile à retenir : un insecte en activité de butinage est souvent bien plus accessible qu’un insecte au repos.

Une abeille sur une fleur est tellement concentrée sur sa collecte de nectar qu’elle vous laisse approcher à quelques centimètres sans réagir. C’est un excellent point de départ pour s’entraîner à la macrophotographie insecte sans la pression de l’approche silencieuse. Si vous cherchez d’autres sujets accessibles pour débuter, le papillon azuré commun est une excellente école de l’approche terrain.

Un autre point pratique : ne vous découragez pas si l’insecte s’envole. Dans la majorité des cas, il ne part pas très loin. Il se repose quelques dizaines de centimètres ou quelques mètres plus loin. Repérez où il s’est posé, attendez deux minutes qu’il se stabilise, et recommencez votre approche en repartant de plus loin encore.

La patience, en macrophotographie d’insectes, n’est pas une vertu accessoire. C’est la compétence centrale.

Illustration pédagogique expliquant la distance de fuite pour photographier les insectes : zones de détection, trajectoire d'approche idéale en arc et gestion de l'ombre portée.
4.3

Approche macro insectes : les détails qui font toute la différence

Il y a quelques ajustements moins évidents, souvent ignorés, qui changent pourtant radicalement le taux de réussite sur le terrain.

La trajectoire d’approche.

Ne vous approchez jamais directement face à l’insecte. Préférez une approche légèrement de côté, en arc de cercle très doux. Une approche frontale directe est associée, dans le monde animal, au comportement d’un prédateur qui fonce droit sur sa proie. Un mouvement tangentiel est perçu comme moins menaçant.

L’ombre projetée.

Faites attention à la position du soleil par rapport à vous et à votre sujet. Si votre ombre se projette sur l’insecte pendant votre approche, c’est souvent rédhibitoire. La variation soudaine de lumière sur l’insecte déclenche une réaction de fuite quasi-automatique. Positionnez-vous toujours de façon à ce que votre ombre parte dans une direction opposée à votre sujet.

Les vêtements.

Ce détail paraît anecdotique. Il ne l’est pas. Les couleurs vives, et en particulier le blanc, les jaunes et les oranges vifs, attirent l’œil des insectes qui les associent aux fleurs. Résultat : ils se méfient et décampent au moindre mouvement de votre part. Les tons neutres, kaki, vert olive, marron, rendent votre silhouette bien moins perturbante dans l’environnement naturel.

La respiration.

Votre souffle expulsé, surtout par temps froid, forme un nuage de vapeur et une variation d’air perceptible. À très courte distance, certains insectes y réagissent. L’habitude de retenir légèrement son souffle dans les derniers centimètres d’approche est une petite astuce qui peut parfois faire la différence.

Gros plan macro d'une abeille domestique couverte de pollen sur une fleur de chardon violette, illustrant la technique pour photographier les insectes avec netteté.

En résumé, s’approcher d’un insecte pour le photographier, c’est apprendre à devenir invisible.

Pas physiquement, bien sûr. Mais comportementalement. C’est adopter une gestuelle, une vitesse de déplacement et une conscience de votre environnement qui vous font passer de “menace potentielle” à “élément neutre du paysage”. Pour aller plus loin et transformer votre approche en vraies images réussies, découvrez comment photographier un insecte craintif dans son milieu naturel.

Cela s’apprend. Et ça s’améliore à chaque sortie.

En bref : comment s'approcher sans faire fuir son sujet en macrophotographie d'insectes
En bref
  • Ralentissez bien avant de penser que c’est nécessaire : les insectes vous détectent dès quatre à cinq mètres, pas seulement quand vous êtes à portée d’objectif.
  • Avancez par séquences courtes avec des pauses : un pas, une pause. Jamais en déplacement continu.
  • Les trois signaux déclencheurs de fuite sont : une ombre qui avance, des vibrations dans le sol, et un mouvement brusque dans leur champ de vision.
  • Approchez toujours légèrement de côté, jamais frontalement : une approche directe ressemble au comportement d’un prédateur.
  • Veillez à ce que votre ombre ne se projette jamais sur l’insecte : la variation lumineuse soudaine déclenche une fuite quasi-automatique.
  • Un insecte en butinage (abeille, bourdon) est bien plus facile à approcher qu’un insecte au repos : il est concentré sur sa tâche et tolère une très courte distance.
  • Si l’insecte s’envole, ne partez pas : il se repose rarement loin. Attendez deux minutes et recommencez l’approche depuis une distance encore plus grande.

Vous maîtrisez maintenant l’approche. Vous êtes là, à bonne distance, l’insecte est dans le cadre.

Mais il y a une série d’erreurs que même les photographes déjà bien équipés et bien positionnés commettent encore régulièrement, et qui gâchent des images qui auraient pu être vraiment remarquables.

Chapitre 05

Les erreurs fréquentes qui gâchent vos images de macrophotographie

Donc vous êtes là. L’insecte est en face de vous, coopératif, bien éclairé.

Vous déclenchez. Vous vérifiez l’image sur l’écran arrière. Et quelque chose cloche.

L’image est nette, techniquement correcte, mais elle ne dégage rien. Elle est plate. L’insecte ressemble à un sujet d’encyclopédie, pas à un être vivant dans son monde.

C’est l’erreur la plus répandue en macrophotographie d’insectes, et elle n’a rien à voir avec les réglages ou le matériel.

Elle vient de la posture, de l’angle de prise de vue, et de ce qu’il y a derrière le sujet.

Il faut savoir que la majorité des débutants photographient debout, en plongée, depuis leur propre hauteur. C’est naturel : on repère l’insecte au sol ou sur une tige basse, et on pointe l’objectif vers le bas sans y réfléchir.

Résultat : une image en contre-plongée aplatie, avec le sol ou un fouillis de végétation en fond, et un insecte qui ressemble à un objet posé sur une surface plutôt qu’à un animal vivant dans son environnement.

Infographie comparative pour apprendre à photographier les insectes : à gauche une vue en plongée écrasée, à droite une prise de vue à hauteur d'insecte avec un bel arrière-plan flou.

Ces deux erreurs, l’angle de prise de vue et l’arrière-plan négligé, sont liées. Et les corriger simultanément transforme radicalement la qualité émotionnelle de vos images.

5.1

Se mettre à hauteur d’insecte pour une perspective immersive en macro photo insectes

C’est probablement le conseil qui a le plus d’impact immédiat sur la qualité visuelle de vos images, et le moins souvent appliqué.

Descendez.

Pas juste un peu. Vraiment. Mettez un genou à terre, posez les deux coudes dans la prairie, collez votre visage au niveau de la tige sur laquelle repose votre sujet.

Ce changement de perspective fait plusieurs choses à la fois pour votre image :

  • L’objectif est désormais au niveau des yeux de l’insecte, ce qui produit un face-à-face réel, une connexion directe entre le spectateur et le sujet. L’insecte vous regarde, ou du moins le semble. C’est ça qui crée l’émotion.
  • L’arrière-plan change radicalement : au lieu du sol ou d’un amas de végétation rapprochée, vous avez maintenant la végétation lointaine, le ciel, ou un fond de prairie flou qui met le sujet en valeur.
  • La lumière rasante du matin, que vous avez choisie pour sa qualité, joue pleinement son rôle depuis ce niveau. Elle crée un contour lumineux sur les ailes, les poils des pattes, les détails des antennes. Depuis la hauteur debout, vous ne la voyez pas. À hauteur d’insecte, elle sublime tout.
  • La profondeur de champ très courte de la macro devient un atout plutôt qu’une contrainte : depuis ce niveau horizontal, elle isole parfaitement le sujet du fond sans pour autant l’arracher à son environnement.

En fait, je compare souvent ce principe à la différence entre photographier un enfant debout depuis votre propre hauteur et vous accroupir pour être à son niveau. Si vous souhaitez aller plus loin sur ce sujet, j’aborde les techniques pour varier vos angles de vue dans un article dédié.

Dans le premier cas, vous photographiez le dessus de sa tête. Dans le second, vous photographiez son regard.

C’est exactement la même chose avec un insecte.

Photographe naturaliste allongé dans l'herbe avec un objectif macro pour photographier les insectes au ras du sol

Voici un récapitulatif pratique des angles de prise de vue et de leur effet sur l’image :

Angle de prise de vue Effet sur l’image Recommandé
Debout, en plongée Sujet aplati, fond de sol ou végétation dense, aucune profondeur Non
Accroupi, légère plongée Meilleur fond, mais toujours un angle supérieur qui écrase Acceptable
Au sol, niveau de l’insecte Regard en face-à-face, fond dégagé et flou, lumière rasante exploitée Oui, idéal
Légère contre-plongée Sujet mis en valeur sur fond de ciel ou végétation haute, effet dramatique Oui, pour varier

Donc dès votre prochaine sortie, avant même de régler quoi que ce soit sur votre boîtier, posez-vous cette question : suis-je vraiment au niveau de mon sujet ?

Si la réponse est non, descendez. Voilà tout.

5.2

Épurer le fond de l’image pour valoriser le sujet en macrophotographie insecte

La mise en niveau de l’objectif règle une grande partie du problème de fond. Mais pas tout.

Il faut savoir qu’en macrophotographie, même un fond techniquement flou peut devenir visuellement parasitaire si des éléments contrastés s’y trouvent derrière le sujet.

Une brindille sèche traversant le fond. Un reflet de lumière sur une feuille mouillée. Une tige claire qui passe exactement derrière la tête de votre insecte, créant l’illusion d’une “antenne” parasite sur votre image.

Ces éléments cassent la lisibilité de la silhouette. L’œil du spectateur ne sait plus où regarder.

Photographie macro détaillée d'un sympetrum rouge sur un roseau, illustrant la netteté des yeux pour apprendre à photographier les insectes.

Il y a plusieurs façons concrètes de gérer ce problème sur le terrain :

  • Déplacez-vous légèrement sur le côté avant de déclencher. Un petit pas de dix centimètres vers la gauche ou la droite suffit parfois à faire disparaître une brindille gênante du fond, sans perturber votre sujet si le déplacement est lent.
  • Ouvrez davantage le diaphragme : passer de f/11 à f/5.6 réduit la profondeur de champ et noie davantage les éléments du fond dans le flou. Attention toutefois à ne pas perdre la netteté sur l’œil. C’est un équilibre à trouver selon la distance au fond.
  • Cherchez un fond sombre et éloigné : un espace d’ombre dans la végétation, un fond d’eau sombre, ou simplement l’espace ouvert d’une prairie à bonne distance derrière le sujet. Plus le fond est loin et sombre, plus il sera propre et discret sur l’image finale.
  • Analysez le fond avant d’analyser le sujet : c’est une habitude à construire. Avant de faire la mise au point, regardez ce qu’il y a derrière l’insecte. Si le fond est chargé, cherchez un meilleur angle d’abord. Si le fond est propre, alors mettez au point.

La dernière erreur de fond, et peut-être la plus subtile, concerne les couleurs.

Un fond vert uniforme et flou est neutre et fonctionne presque toujours. Un fond parsemé de taches claires et sombres alternées, même très flou, crée un effet visuel qu’on appelle le “bokeh nerveux” : l’œil est perturbé par ces variations et ne se pose pas sur le sujet. Pour comprendre tous les paramètres qui influencent ce résultat, je vous invite à consulter mon article sur la maîtrise de la profondeur de champ et du bokeh.

Donc préférez les fonds tonalement uniformes : un pan de ciel nuageux, une zone d’ombre homogène, une surface d’eau calme. Ces fonds doux et sans contraste fort font ressortir le sujet avec une efficacité redoutable.

Infographie pédagogique comparant un arrière-plan parasite avec bokeh nerveux et un fond épuré uniforme pour valoriser un insecte en macrophotographie.

Je me souviens d’une sortie dans une roselière, où j’avais repéré un très beau sympétrum rouge posé sur une tige. Techniquement irréprochable. Mais derrière lui, une accumulation de tiges de roseaux sèches créait un fond d’une grande nervosité visuelle malgré le flou. J’ai attendu qu’il se déplace de quelques centimètres sur la tige, ce qui a changé l’axe de prise de vue et mis devant lui une étendue d’eau sombre.

L’image suivante était complètement différente. Même insecte, même lumière, même réglage. Juste un fond radicalement épuré.

Voilà la différence entre une photo macro insecte quelconque et une image qui accroche réellement le regard.

En bref - Les erreurs fréquentes qui gâchent vos images de macrophotographie
En bref
  • Photographier en plongée depuis la hauteur debout est l’erreur la plus fréquente : elle écrase le sujet, noie le fond dans la végétation et tue l’impact émotionnel de l’image.
  • Descendez au niveau de l’insecte : genou à terre, coudes au sol si nécessaire. Ce seul changement transforme une image banale en une image qui crée une connexion avec le spectateur.
  • La perspective horizontale exploite pleinement la lumière rasante du matin et produit un fond naturellement dégagé.
  • Analysez le fond avant de faire la mise au point : une brindille, un reflet ou une tige claire derrière le sujet suffisent à casser la lisibilité de l’image.
  • Un léger déplacement latéral de quelques centimètres suffit souvent à épurer le fond sans perturber le sujet.
  • Préférez les fonds tonalement uniformes et sombres : espace d’eau, zone d’ombre, ciel nuageux. Ils isolent le sujet sans créer de bokeh nerveux visuellement perturbant.
  • Ouvrir légèrement le diaphragme (passer de f/11 à f/5.6) noie davantage les éléments de fond, à condition de conserver la netteté sur l’œil du sujet.

Vous avez maintenant en main toutes les clés pour éviter les pièges qui sabotent la grande majorité des images de débutants en macrophotographie d’insectes.

Mais il reste un dernier levier que presque personne n’aborde jamais dans les guides techniques, et qui peut multiplier radicalement le nombre de bonnes images que vous ramenez de chaque sortie.

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Avis final

À vous de jouer sur le terrain

Une fois sur le terrain, vous allez voir que tout ce que vous venez de lire prend une dimension complètement différente. Les conseils se connectent entre eux d’une façon que seule la pratique révèle vraiment.

Et voici un dernier conseil que je n’ai vu mentionné nulle part ailleurs : tenez un carnet de terrain très simple. Notez l’heure, le lieu, la météo, et l’insecte photographié. Après quelques sorties, vous allez identifier vos “spots” personnels, vos meilleures fenêtres horaires, et les espèces qui reviennent régulièrement. Et c’est justement cette connaissance-là, accumulée sortie après sortie, qui fait la vraie différence entre un photographe occasionnel et un photographe insectes qui ramène des images fortes à chaque fois. Donc n’hésitez vraiment pas à vous y mettre dès votre prochaine sortie, car c’est un outil simple et pourtant redoutablement efficace.

Et bien, je suis sincèrement curieux de savoir où vous en êtes. Dites-moi en commentaire : quel est le fameux insecte qui vous donne le plus de fil à retordre et que vous rêvez de capturer cet été ?

Je vous souhaite de très belles photos et je vous dis à bientôt pour un nouvel article.

Adrien.

Quel appareil photo choisir pour photographier les insectes ?

Pour photographier les insectes, un appareil hybride ou reflex est indispensable. Ces boîtiers offrent une gestion précise de la mise au point, un grand capteur qui capte bien la lumière du matin, et surtout la compatibilité avec les objectifs macro dédiés. Un reflex d’occasion est une excellente porte d’entrée à petit budget. Un hybride récent apporte un autofocus plus performant, très utile quand l’insecte bouge légèrement.

Quel objectif choisir pour photographier des insectes ?

Le meilleur choix pour la photographie d’insectes est un objectif macro de 90 mm ou 105 mm. Il permet un rapport de reproduction 1:1, une distance de travail confortable de 30 à 40 cm (ce qui évite de faire fuir le sujet), et une qualité optique irréprochable. Le 105 mm macro de Nikon et le 100 mm macro de Canon sont deux valeurs sûres, disponibles d’occasion à prix raisonnable.

Quel matériel pour la macro sans dépenser une fortune ?

Les bagues-allonge sont une excellente solution pour débuter en macrophotographie d’insectes sans investissement lourd. Elles coûtent entre 30 et 80 €, s’adaptent sur un objectif que vous possédez déjà, et permettent d’atteindre un grossissement proche d’un vrai objectif macro. Leur principale limite : la distance de travail très courte, qui oblige à s’approcher à quelques centimètres du sujet.

Un appareil photo compact peut-il faire de la macro ?

Non, un compact n’est pas recommandé pour la macrophotographie d’insectes. Il ne permet pas de monter un objectif macro dédié, sa gestion de la mise au point est trop approximative à fort grossissement, et son petit capteur se comporte mal dans les conditions de lumière du petit matin. Un hybride ou un reflex, même d’entrée de gamme et d’occasion, est bien supérieur pour ce type de photographie.

Comment faire une photo macro d’insecte bien nette ?

Pour obtenir une photo macro d’insecte nette, montez votre vitesse d’obturation bien plus haut qu’en photo classique : au moins 1/250s quand le sujet est immobile, et jusqu’à 1/500s ou 1/800s en cas de légère brise. Utilisez une ouverture de f/8 à f/11, activez l’ISO auto avec une limite à 1600 ou 3200, et faites toujours la mise au point sur l’œil de l’insecte. Déclenchez entre deux respirations pour éliminer le micro-tremblement des mains.

Quel objectif Nikon pour faire de la macro sur les insectes ?

Pour photographier les insectes en macro avec un Nikon, le 105 mm f/2.8 macro est la référence absolue. Il offre un rapport 1:1, une distance de travail confortable d’environ 31 cm, et une qualité optique excellente. Disponible en version AF et plus récemment en monture Z pour les hybrides Nikon, il se trouve aussi en occasion à bon prix pour les reflex. C’est un investissement qui dure des années.

Quel est le meilleur moment pour photographier les insectes ?

Le petit matin est de loin le meilleur moment pour photographier les insectes. La rosée les immobilise parfois une à deux heures après le lever du soleil, et les basses températures ralentissent leur métabolisme. Résultat : ils restent en place, coopératifs, pendant que vous faites votre mise au point tranquillement. En été, partez entre 6h et 7h. En automne, une fenêtre de 7h30 à 8h30 offre souvent deux bonnes heures de conditions idéales.

Pourquoi mes photos macro d’insectes sont floues malgré un sujet immobile ?

En macrophotographie d’insectes, le flou vient rarement du sujet. Il vient du micro-tremblement de vos mains, amplifié par le grossissement de l’objectif, ou d’une légère brise qui fait osciller la tige sur laquelle repose l’insecte. La profondeur de champ en macro se mesure en millimètres : le moindre mouvement sort la zone nette de l’œil. Montez votre vitesse à 1/320s minimum et cherchez des sites naturellement abrités du vent.

Où faire la mise au point sur un insecte en macrophotographie ?

La règle est simple et absolue : toujours sur l’œil de l’insecte. C’est lui qui donne vie à l’image et crée le lien émotionnel avec le spectateur. Un œil net avec le reste du corps légèrement flou fonctionne très bien. L’inverse, lui, donne une impression dérangeante. Utilisez un collimateur spot pointé précisément sur l’œil, et vérifiez la netteté en zoomant sur l’écran après chaque série.

Comment s’approcher d’un insecte sans le faire fuir pour le photographier ?

Pour s’approcher d’un insecte sans le faire fuir, ralentissez bien avant de penser que c’est nécessaire, dès quatre à cinq mètres du sujet. Avancez par séquences courtes : un pas, une pause. Posez le pied en attaquant par la pointe pour limiter les vibrations. Approchez légèrement de côté, jamais frontalement. Veillez à ce que votre ombre ne se projette jamais sur l’insecte. Si malgré tout il s’envole, attendez deux minutes : il ne part jamais très loin.

Pourquoi faut-il se mettre au niveau de l’insecte pour le photographier ?

Photographier debout en plongée écrase le sujet et noie le fond dans la végétation. Se mettre au niveau de l’insecte, genou à terre ou couché dans la prairie, change tout : l’objectif est face à l’œil du sujet, le fond devient naturellement dégagé et flou, et la lumière rasante du matin joue pleinement sur les détails des ailes et des antennes. Ce seul changement de perspective transforme une photo banale en une image qui accroche vraiment le regard.

Comment choisir un bon fond en macrophotographie d’insectes ?

En macrophotographie d’insectes, analysez le fond avant de faire la mise au point. Privilégiez les fonds uniformes et sombres : une surface d’eau calme, une zone d’ombre homogène, ou un pan de ciel nuageux. Évitez les brindilles claires, les reflets de lumière et les tiges qui se croisent derrière le sujet. Un léger déplacement latéral de quelques centimètres suffit souvent à épurer le fond sans perturber l’insecte.

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Adrien Coquelle

Qui est l'auteur

Adrien Coquelle

Photographe animalier professionnel

Photographe animalier professionnel depuis 2016, je parcours la Savoie à la recherche d'ambiances particulières, pour immortaliser les animaux emblématiques des Alpes.

Je forme également tous les mois de nombreux photographes voulant progresser rapidement en photo animalière et de nature grâce à mes stages et formations.

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  • Bonsoir Adrien, un grand merci pour cet article très intéressant et très pédagogique. Je n’ai jamais fait de la photo d’insectes. Je fais exclusivement de la photo de paysage.Plus tard peut être. Merci encore.

  • botanicus dit :

    Merci pour cet article passionnant ! Je fais de la macro (fleurs et insectes) depuis de nombreuses années, mais j’obtiens rarement des images parfaitement nettes. Je vais davantage appliquer vos conseils de pros pour optimiser mes prises de vues. (Pour info, j’utilise le Nikon f2.8/105 sur un D500).

  • Très bonne explication a mettre en pratique merci

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