La distance focale, ces fameux chiffres en millimètres gravés sur votre objectif, ça reste l’un des concepts les plus intimidants pour les photographes qui débutent ou qui reprennent l’appareil après des années.
On se retrouve face à des inscriptions comme “18-55mm” ou “70-300mm” sans vraiment savoir ce que ça change concrètement sur la photo.
Et pourtant, pas besoin de retourner sur les bancs de l’école ni de sortir la calculatrice.
Cet article va vous rendre tout cela limpide, sans aucune formule mathématique, grâce à des analogies simples comme des jumelles ou une fenêtre.
Alors voici ce que vous allez comprendre, étape par étape. D’abord, c’est quoi la distance focale, expliquée avec des images du quotidien. Ensuite, le piège du capteur APS-C qui fait “zoomer” votre objectif sans que vous le sachiez. On verra aussi l’impact réel sur vos photos de nature, notamment le rapprochement du sujet et le flou d’arrière-plan. Et enfin, quelle focale choisir selon que vous photographiez un paysage de montagne, une fleur ou un héron en bord d’étang.
Vous allez voir que la réponse à vos hésitations devant le rayon objectifs se cache peut-être dans une simple histoire de jumelles.
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La distance focale (les fameux “mm” sur votre objectif) indique simplement si vous voyez loin ou si vous voyez large. Plus le chiffre est grand, plus vous zoomez.
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Un capteur APS-C recadre l’image et “allonge” artificiellement la portée de votre objectif : un vrai bonus pour la photo animalière.
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Une longue focale rapproche le sujet sans l’effrayer et facilite l’obtention d’un beau flou d’arrière-plan.
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Pour le paysage : visez entre 14 et 35 mm. Pour les oiseaux et mammifères sauvages : 300 mm minimum, idéalement 400 mm ou plus.
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Un 200 mm reste souvent trop court pour la photo animalière : c’est l’erreur classique du débutant.
C’est quoi la distance focale ? Définition simple et imagée
Bon, on attaque le vif du sujet.
La distance focale, c’est ce petit chiffre en millimètres inscrit sur le fût de votre objectif. Vous le voyez tous les jours : 50mm, 200mm, 70-300mm…
Mais concrètement, ça veut dire quoi ?
En fait, la définition de la distance focale est bien plus simple qu’on ne le croit. C’est tout bêtement la distance entre le centre optique de votre objectif et le capteur de votre appareil, mesurée quand vous faites la mise au point sur un sujet très lointain (à l’infini, comme disent les opticiens).
Voilà. C’est tout.
Pas besoin de formule de distance focale ni de schéma compliqué avec des rayons lumineux qui partent dans tous les sens.
Ce qu’il faut retenir, c’est que ce chiffre en mm détermine deux choses essentielles : à quel point vous voyez “loin” et quelle portion du paysage rentre dans votre image.
Et c’est exactement ce qu’on va voir maintenant, avec deux images que vous connaissez déjà par cœur.
L’analogie des jumelles : voir loin ou voir large ?
Imaginez que vous êtes en forêt, posté depuis une heure au bord d’un étang. Un héron cendré vient de se poser à 80 mètres de vous, de l’autre côté.
À l’œil nu, vous le voyez. Mais il est petit. Tout petit. Perdu au milieu des roseaux, de la berge, du reflet des arbres sur l’eau.
Maintenant, vous sortez une paire de jumelles et vous les portez à vos yeux. D’un coup, le héron remplit votre champ de vision. Vous voyez le détail de son plumage, la couleur de son bec, même la goutte d’eau qui perle sur sa poitrine.
Voilà, c’est exactement ce que fait la distance focale.
Le chiffre en mm sur votre objectif fonctionne comme la puissance de vos jumelles :
- Plus le chiffre est grand (200mm, 400mm, 600mm), plus vous “zoomez”, plus vous voyez loin, plus votre sujet remplit le cadre. Comme des jumelles puissantes.
- Plus le chiffre est petit (14mm, 24mm, 35mm), plus vous voyez large, plus vous captez de paysage autour de vous. Comme à l’œil nu, voire encore plus large.
C’est aussi simple que ça.
Un objectif de 400mm, c’est comme braquer des jumelles de fort grossissement sur un chevreuil à l’orée du bois. Un objectif de 18mm, c’est comme contempler toute la vallée depuis un col de montagne, les bras grands ouverts.
Je me souviens d’une sortie au lac du Der, en Champagne, un matin de novembre. J’étais venu pour les grues cendrées. J’avais mon 500mm vissé sur le boîtier. Dans le viseur, je pouvais distinguer chaque grue individuellement, voir leurs pattes qui pendaient juste avant l’atterrissage. Mon voisin de spot, lui, avait un petit 55mm. Sur son écran, les grues ressemblaient à des confettis noirs dans un ciel gris. Le même endroit, le même instant, mais deux visions complètement différentes à cause de la distance focale.
Donc retenez cette image des jumelles. Elle vous servira à chaque fois que vous lirez un chiffre en mm sur un objectif.

La distance focale et l’angle de champ
Maintenant, allons un cran plus loin avec une autre image très parlante.
Imaginez que vous êtes à l’intérieur d’une pièce et que vous regardez le paysage par une fenêtre.
Si la fenêtre est immense, comme une grande baie vitrée du sol au plafond, vous voyez un panorama très large. La forêt à gauche, la prairie au centre, la rivière à droite. Vous embrassez toute la scène d’un seul regard. C’est l’équivalent d’une petite distance focale (un grand angle, 14mm ou 24mm par exemple). L’angle de champ est très ouvert, parfois au-delà de 90 degrés.
Maintenant, si cette fenêtre se rétrécit jusqu’à devenir une toute petite meurtrière, comme dans un château fort, vous ne voyez plus qu’un minuscule bout du paysage. Mais ce bout-là, vous le voyez en grand, en détail, comme si on l’avait agrandi pour vous. C’est l’équivalent d’une grande distance focale (un téléobjectif, 300mm ou 500mm). L’angle de champ se referme drastiquement, parfois à 5 ou 6 degrés seulement.
Il faut savoir que cette relation est toujours inversée :
- Petite focale = grand angle de champ = beaucoup de paysage dans l’image
- Grande focale = petit angle de champ = peu de paysage, mais un sujet très gros
En pratique, voici quelques repères concrets :
- 14-24mm : angle de champ de 90° à 114°. Idéal pour les vastes paysages, les ciels étoilés, les forêts immersives.
- 50mm : angle d’environ 46°. C’est à peu près ce que voit l’œil humain. Vision naturelle, sans distorsion.
- 200mm : angle de 12°. On commence à isoler un sujet dans son environnement.
- 400mm : angle de 6°. Le sujet domine franchement le cadre. On est en plein territoire animalier.
- 600mm : angle d’à peine 4°. Le bout du bec d’un martin-pêcheur peut remplir votre photo.
Cette notion d’angle de champ, c’est vraiment la clé pour comprendre quel objectif sortir du sac selon la scène que vous avez devant les yeux. Un coucher de soleil sur la baie de Somme avec des milliers d’oiseaux en vol, vous prenez du grand angle pour capter l’ampleur du spectacle. Un balbuzard pêcheur qui plonge à 60 mètres, vous dégainez le téléobjectif pour combler la distance qui vous sépare de l’action.

Donc, en résumé : la distance focale n’est pas un concept abstrait réservé aux ingénieurs en optique. C’est votre outil de cadrage le plus fondamental. Jumelles pour voir loin, baie vitrée pour voir large. Le chiffre en mm vous dit simplement à quelle distance visuelle vous vous placez de votre sujet, sans bouger d’un centimètre.
Mais attention, il y a un détail qui change tout et que beaucoup de photographes ignorent. Ce chiffre inscrit sur votre objectif ne raconte pas toujours la même histoire selon l’appareil sur lequel vous le montez…

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La distance focale, c’est la distance (en mm) entre le centre optique de l’objectif et le capteur, quand la mise au point est réglée à l’infini.
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Plus le chiffre en mm est grand, plus vous zoomez sur le sujet (effet jumelles). Plus il est petit, plus vous captez un paysage large (effet baie vitrée).
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La distance focale et l’angle de champ fonctionnent toujours en sens inverse : petite focale = grand angle de champ, grande focale = petit angle de champ.
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Repères concrets : 14-24mm pour les grands paysages, 50mm pour une vision proche de l’œil humain, 200 à 600mm pour isoler un sujet animal à distance.
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Ce chiffre en mm est votre outil de cadrage le plus fondamental : il détermine ce qui rentre dans l’image et la taille apparente de votre sujet, sans que vous ayez à bouger.
Le piège technique à éviter : Capteur Plein Format vs APS-C
Maintenant que le concept de distance focale est bien clair dans votre tête, il faut absolument que je vous parle d’un piège dans lequel tombent énormément de photographes.
Un piège silencieux.
Parce que personne ne vous prévient quand vous achetez votre boîtier. Et pourtant, il change radicalement ce que vous voyez dans le viseur.
Le voici : un même objectif ne donne pas le même cadrage selon l’appareil photo sur lequel vous le montez.
Oui, vous avez bien lu. Votre 200mm peut se comporter comme un 300mm ou rester un “vrai” 200mm, selon le capteur qui se trouve derrière. Et cette différence, en photo animalière, c’est parfois la frontière entre une image de magazine et une photo où le renard n’est qu’une tache rousse au milieu d’un champ.
Alors on va démêler tout ça, simplement.
Pourquoi votre objectif “zoome” plus sur certains appareils ?
Pour comprendre, il faut savoir qu’il existe deux grandes tailles de capteurs dans nos appareils photo : le Plein Format (aussi appelé Full Frame) et l’APS-C.
Le capteur Plein Format, c’est le grand. Il mesure 36 x 24 mm, exactement comme une pellicule argentique classique. C’est la référence. Quand un fabricant grave “200mm” sur un objectif, c’est sur cette taille de capteur que le cadrage est “calibré”.
Le capteur APS-C, c’est le petit frère. Il mesure environ 22 x 15 mm (ça varie légèrement selon les marques). Donc il est physiquement plus petit.
Et c’est là que tout se joue.
Imaginez que vous prenez une photo de paysage, avec un beau lac et des montagnes au fond. Sur un capteur Plein Format, vous voyez toute la scène, bord à bord. Maintenant, imaginez que vous preniez cette même photo, avec le même objectif, mais que vous la recadriez ensuite sur votre ordinateur en coupant les bords tout autour. Le centre de l’image reste, agrandi, et tout ce qui était sur les côtés disparaît.
Voilà. C’est exactement ce que fait un capteur APS-C.
Il ne voit qu’une portion centrale de l’image projetée par l’objectif, parce qu’il est trop petit pour capter la totalité. Résultat : le sujet au centre paraît plus gros, plus proche. Comme si vous aviez zoomé davantage.
Ce phénomène porte un nom : le coefficient multiplicateur (ou “crop factor” en anglais). Et il est très simple à retenir :
– Chez Canon (capteurs APS-C) : on multiplie la focale par 1.6
– Chez Nikon, Sony, Fujifilm (capteurs APS-C) : on multiplie par 1.5
Donc un objectif de 200mm monté sur un boîtier Canon APS-C donne un cadrage équivalent à un 320mm en Plein Format. Sur un Nikon APS-C, c’est un cadrage équivalent à 300mm.
Sans avoir dépensé un centime de plus. Sans avoir changé d’objectif. Juste grâce à la taille du capteur.

Et en photo animalière, c’est un avantage formidable.
Je m’explique. Quand vous photographiez un chevreuil à 50 mètres avec un 400mm sur un boîtier APS-C Nikon, vous obtenez le cadrage d’un 600mm en Plein Format. Six cents millimètres. Un objectif de 600mm coûte facilement entre 10 000 et 15 000 euros. Votre boîtier APS-C avec un 400mm vous offre un cadrage comparable pour une fraction du prix.
C’est pour cette raison que beaucoup de photographes animaliers expérimentés utilisent volontairement des boîtiers APS-C sur le terrain. Pas par manque de budget (enfin, pas toujours). Par choix stratégique. Parce que cette “rallonge gratuite” de distance focale fait une différence énorme quand le sujet refuse de s’approcher.
Et croyez-moi, en nature, le sujet refuse presque toujours de s’approcher.
L’erreur fréquente lors de l’achat d’un objectif
Voilà le moment où il faut que je vous mette en garde. Parce que cette histoire de coefficient multiplicateur crée une confusion monstre dans les magasins photo et sur les forums.
L’erreur la plus courante, c’est de confondre la focale réelle et la focale équivalente.
La focale réelle, c’est ce qui est gravé sur l’objectif. C’est une caractéristique physique de la lentille. Un 200mm reste un 200mm, que vous le montiez sur un Plein Format, un APS-C ou même un trépied sans aucun boîtier. Ce chiffre ne change jamais.
La focale équivalente, c’est le cadrage que vous obtenez réellement une fois l’objectif monté sur votre appareil. C’est un calcul, pas une mesure physique. Et c’est là que le facteur de recadrage entre en jeu.
Concrètement, voici où les gens se trompent :
– Un photographe lit “focale équivalente 450mm” dans la fiche technique d’un kit boîtier APS-C + objectif 300mm. Il pense qu’il a un “vrai” 450mm entre les mains. Non. Il a un 300mm qui cadre comme un 450mm sur ce capteur précis.
– Un autre achète un objectif vendu avec la mention “équivalent 75-300mm” pour un compact ou un hybride à petit capteur. Il le compare avec un véritable 300mm de reflex Plein Format et se retrouve déçu par la qualité optique. Normal : ce n’est pas le même objectif, pas la même construction, pas la même luminosité.
Alors, est-ce que c’est grave ? Non, à condition de savoir ce qu’on achète.
La bonne nouvelle, c’est que la compatibilité ne pose aucun problème. Un objectif conçu pour votre monture (Canon EF, Nikon F, Sony E, etc.) fonctionnera parfaitement sur votre boîtier, qu’il soit Plein Format ou APS-C. L’autofocus marche. La stabilisation marche. Tout marche.
Ce qui change, c’est uniquement le cadrage.
Voici la règle simple à retenir quand vous achetez un objectif :
– Si vous avez un boîtier APS-C, divisez la focale équivalente souhaitée par le coefficient (1.5 ou 1.6) pour trouver la focale réelle dont vous avez besoin. Vous voulez cadrer comme un 600mm ? Prenez un 400mm. Vous visez un cadrage 450mm ? Un 300mm fera le travail.
– Si vous passez d’un APS-C à un Plein Format, préparez-vous à ce que vos objectifs “zooment moins”. Votre fidèle 300mm qui cadrait comme un 450mm va redevenir un simple 300mm. Le sujet va soudainement paraître plus petit dans le viseur. C’est un choc que beaucoup de photographes ne prévoient pas.

Je me souviens très bien du jour où j’ai emprunté un boîtier Plein Format pour la première fois après des années sur APS-C. J’étais en affût dans le Marquenterre, en baie de Somme, avec mon 400mm. Sur mon APS-C, ce 400mm me donnait l’équivalent d’un 600mm. Des cadrages serrés sur les spatules blanches, les avocettes, les tadorne de Belon. Magnifique. Et là, sur le Plein Format, même objectif, même distance, et les oiseaux étaient sensiblement plus petits dans le cadre. J’ai dû recadrer toutes mes images en post-traitement. La leçon a été immédiate : la distance focale inscrite sur l’objectif ne raconte qu’une partie de l’histoire. Le capteur écrit le reste.
Pour résumer simplement cette histoire de capteurs :
– La focale réelle (les mm gravés sur l’objectif) est une constante physique. Elle ne change pas.
– La focale équivalente dépend de la taille du capteur. Un APS-C recadre l’image et donne l’impression de zoomer davantage.
– En photo animalière, un boîtier APS-C est un allié précieux : il allonge gratuitement votre portée.
– Lors de l’achat, vérifiez toujours si la focale annoncée est la focale réelle ou l’équivalente. Et adaptez votre choix à votre boîtier.
Ce piège-là, une fois que vous l’avez compris, vous ne tomberez plus jamais dedans. Et vous ferez des choix d’objectifs beaucoup plus éclairés. Si vous souhaitez approfondir cette comparaison entre les deux types de capteurs et savoir lequel est vraiment fait pour vous, je vous invite à lire mon article dédié : APS-C ou plein format : que choisir pour la photo animalière ?
Mais au fait, au-delà de cette histoire de “voir loin” ou “voir large”, la distance focale a d’autres effets sur vos photos que vous n’imaginez peut-être pas encore, et certains d’entre eux peuvent transformer une image banale en image saisissante. Elle influence notamment la profondeur de champ, un paramètre qui joue un rôle majeur dans le rendu de vos arrière-plans…

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Un même objectif ne cadre pas pareil selon la taille du capteur : Plein Format (36×24 mm) ou APS-C (≈22×15 mm).
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Le capteur APS-C, plus petit, ne capte que la partie centrale de l’image. Le sujet paraît plus gros, comme si vous aviez zoomé davantage.
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Le coefficient multiplicateur est de x1.5 (Nikon, Sony, Fujifilm) ou x1.6 (Canon). Un 400mm sur APS-C Nikon cadre donc comme un 600mm en Plein Format.
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En photo animalière, l’APS-C est un allié stratégique : il offre une rallonge de focale gratuite, sans changer d’objectif.
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La focale réelle (gravée sur l’objectif) ne change jamais. La focale équivalente dépend du capteur utilisé.
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Avant tout achat, vérifiez si la focale annoncée est réelle ou équivalente, et adaptez votre choix à votre boîtier.
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Si vous passez d’un APS-C à un Plein Format, vos objectifs “zoomeront moins” : le sujet paraîtra plus petit dans le viseur à focale identique.
Quel impact concret sur vos photos de nature ?
Bien. Vous savez maintenant ce que signifie le chiffre en mm sur votre objectif, et vous connaissez l’influence du capteur sur le cadrage réel.
Mais la distance focale ne se limite pas à “voir loin” ou “voir large”.
En fait, elle a des effets bien plus profonds sur le rendu de vos images. Des effets artistiques. Des effets qui font la différence entre une photo documentaire un peu plate et une image qui provoque une émotion instantanée chez celui qui la regarde.
Et c’est précisément ce qui nous intéresse en distance focale photo : comprendre ce que ça change visuellement, concrètement, sur le terrain.
Deux effets majeurs méritent toute votre attention. Le premier concerne la sensation de proximité avec votre sujet. Le second touche au flou d’arrière-plan, ce fameux “bokeh” dont tout le monde parle.
On y va.
L’effet de rapprochement du sujet : coller à l’animal sans bouger
Voilà un point que beaucoup de photographes sous-estiment.
Une longue distance focale ne fait pas que grossir le sujet. Elle crée une sensation de proximité, d’intimité presque, entre vous et l’animal. Et ça, c’est absolument vital en photo animalière.
Je m’explique.
Quand vous utilisez un téléobjectif de 400mm ou 500mm pour photographier un chevreuil à 40 mètres, le résultat dans votre viseur donne l’impression que vous êtes à quelques mètres de lui. On voit la texture de son pelage. L’humidité de son museau. Le reflet de la lumière dans son œil. Le spectateur de votre photo aura le sentiment d’avoir été là, tout près, dans l’herbe, presque à portée de souffle.
Et le plus beau dans tout ça : l’animal n’a jamais su que vous étiez là.
C’est toute la magie d’une longue focale en nature. Elle vous permet de respecter la distance de fuite de l’animal, cette zone invisible au-delà de laquelle il ne se sent pas menacé, tout en ramenant son portrait en gros plan dans votre capteur.
Avec un objectif plus court, disons un 70mm ou un 100mm, pour obtenir le même cadrage serré, il faudrait vous approcher à 8 ou 10 mètres. Autant dire que le chevreuil serait parti depuis longtemps. Ou pire, vous l’auriez stressé, dérangé dans son comportement naturel. Ce n’est bon ni pour lui, ni pour votre image.
Il y a aussi un effet optique secondaire très intéressant : la compression des plans.
Avec une longue focale, les éléments d’arrière-plan semblent se rapprocher du sujet. La forêt derrière le chevreuil paraît plus dense, plus enveloppante. Les herbes au premier plan se fondent dans un voile doux. Toute la scène se compresse, comme si les différentes couches du paysage se tassaient les unes sur les autres.
Ce phénomène est propre aux grandes distances focales. Un grand angle fait exactement l’inverse : il exagère les distances, éloigne l’arrière-plan, et donne une impression d’espace immense entre le sujet et le décor.
En pratique, voici ce que ça donne sur le terrain :
- À 100mm : le cerf est visible, mais il est “posé” dans un environnement large. On voit beaucoup de contexte autour de lui. C’est une photo descriptive.
- À 300mm : le cerf occupe une belle part du cadre. On commence à percevoir les détails de sa ramure. Le fond se simplifie.
- À 500mm : le cerf remplit le cadre. Son regard vous transperce. L’arrière-plan n’est plus qu’une toile de fond abstraite et colorée. C’est une photo émotionnelle.

La fois où j’ai vraiment compris la puissance de cet effet, c’était un matin de brâme en forêt de Chambord. J’étais posté depuis l’aube dans un affût rudimentaire, un simple filet de camouflage tendu entre deux chênes. Un cerf de 14 cors est sorti d’un taillis à environ 60 mètres. Avec mon 500mm, j’avais l’impression de pouvoir compter chaque andouiller. La vapeur de son souffle dans l’air froid remplissait littéralement mon viseur. Mon voisin d’affût, équipé d’un 150mm, a obtenu une jolie photo de cerf dans son environnement. Moi, j’ai obtenu un portrait. La même scène, la même lumière, mais deux histoires complètement différentes, simplement à cause de la distance focale.
Donc retenez bien ceci : en photo animalière, la longue focale n’est pas un luxe. C’est un outil de respect envers le sujet et un outil d’émotion pour le spectateur.
La gestion du flou d’arrière-plan : isoler votre sujet du décor
Le deuxième effet majeur de la distance focale, c’est son influence directe sur le flou d’arrière-plan.
Vous savez, ce fond crémeux, doux, où les couleurs se mélangent en taches rondes et lumineuses derrière un oiseau parfaitement net. Ce rendu que les Japonais appellent “bokeh” et que tous les photographes naturalistes recherchent.
Il faut savoir que la distance focale est l’un des trois facteurs qui contrôlent ce flou (les deux autres étant l’ouverture du diaphragme et la distance entre vous et le sujet). Et son rôle est simple à comprendre :
Plus la distance focale est longue, plus le flou d’arrière-plan est prononcé.
C’est mécanique. C’est optique. Et c’est systématique.
Avec un grand angle de 24mm, même en ouvrant le diaphragme à fond, l’arrière-plan reste souvent assez net, assez lisible. Tout est “en focus” ou presque. C’est parfait pour un paysage de montagne où vous voulez que chaque élément soit détaillé, du rocher au premier plan jusqu’au sommet enneigé au fond.
Mais en photo animalière, c’est rarement ce qu’on cherche.
Ce qu’on veut, c’est isoler le sujet. Faire en sorte que l’œil du spectateur aille directement sur le rouge-gorge, le renardeau, la libellule, sans être distrait par les branches, les feuilles mortes ou le grillage du parc animalier derrière.
Et c’est exactement ce qu’une longue focale vous offre sur un plateau.
Voici un exemple concret pour bien visualiser :
- À 50mm, f/4, sujet à 5 mètres : l’arrière-plan est légèrement flou, mais on distingue encore les formes des arbres, la clôture, le chemin. Le sujet ne se détache pas vraiment.
- À 200mm, f/4, sujet à 5 mètres : le flou est nettement plus marqué. Les arbres deviennent des masses de couleurs douces. Le sujet commence à “sortir” du décor.
- À 400mm, f/4, sujet à 5 mètres : l’arrière-plan se transforme en un véritable lavis de couleurs fondues. Le sujet est ciselé, net comme une lame, posé sur un fond qui ressemble à une aquarelle. C’est l’image qui arrête le regard.
La différence est spectaculaire.
Et il y a un bonus que peu de gens mentionnent : une longue focale, en plus de flouter l’arrière-plan, a tendance à simplifier la composition. Puisque l’angle de champ est très étroit (on l’a vu au chapitre précédent), vous ne captez qu’une petite portion du décor. Moins d’éléments parasites. Moins de distractions visuelles. Le cadre se purifie naturellement.
C’est pour cette raison qu’un bon photographe animalier avec un 500mm peut transformer un simple oiseau posé sur un piquet au milieu d’un terrain vague en une image digne d’un concours. Le téléobjectif efface tout le superflu. Il ne garde que l’essentiel : le sujet et la lumière.

En résumé, la distance focale influence directement deux aspects qui comptent énormément en photo de nature :
- Le rapprochement apparent : une longue focale vous place visuellement au plus près de l’animal, sans le déranger, et compresse les plans pour un rendu immersif.
- Le flou d’arrière-plan : plus la focale est longue, plus le fond se dissout, ce qui isole le sujet et donne à vos images cette qualité “magazine” qu’on admire tous.
Ces deux effets combinés expliquent pourquoi les photographes animaliers investissent dans des téléobjectifs aussi imposants. Ce n’est pas juste pour “voir loin”. C’est pour raconter une histoire visuelle où l’animal est le héros incontesté du cadre.
Si vous souhaitez approfondir la notion de flou d’arrière-plan et comprendre tous les paramètres qui l’influencent, je vous recommande de lire mon article dédié à la profondeur de champ : le secret des fonds/bokeh réussis. Et si vous cherchez un téléobjectif abordable pour débuter en photo animalière, jetez un œil à mon test du Sigma 150-600mm après 4 ans d’utilisation.
Maintenant, tout ça c’est très bien en théorie. Mais au moment de glisser un objectif dans votre sac avant une sortie terrain, il reste une question essentielle à trancher, et la réponse dépend entièrement de ce que vous allez photographier…

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Une longue distance focale (400mm, 500mm) crée une sensation d’intimité avec l’animal, comme si vous étiez à quelques mètres de lui, tout en respectant sa distance de fuite.
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Plus la focale est longue, plus les plans se compressent : l’arrière-plan paraît plus proche du sujet, plus dense, plus enveloppant.
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La distance focale est l’un des trois facteurs qui contrôlent le flou d’arrière-plan (avec l’ouverture et la distance au sujet). Plus elle est longue, plus le fond se dissout en un bokeh crémeux.
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Une longue focale simplifie naturellement la composition en réduisant l’angle de champ, ce qui élimine les éléments parasites autour du sujet.
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En photo animalière, le téléobjectif n’est pas un simple outil de grossissement. C’est un outil de respect envers l’animal et un outil d’émotion pour le spectateur.
Choisir la bonne focale selon votre sujet
Bon. Vous maîtrisez le concept de distance focale, vous connaissez le piège du capteur APS-C, et vous savez que la longueur focale influence à la fois le rapprochement du sujet et le flou d’arrière-plan.
Reste maintenant la vraie question du terrain.
Celle qui se pose à 5 heures du matin quand votre sac photo est ouvert sur la table de la cuisine, que le café fume encore, et qu’il faut décider quel objectif embarquer.
Parce que sur le papier, tout est logique. Mais face au sac, avec un dos qui rappelle qu’il n’a plus 30 ans et un coffre de voiture qui n’est pas extensible, il faut trancher.
Et la réponse dépend entièrement de ce que vous allez photographier ce matin-là.
Voici donc un guide concret, forgé par des années de sorties terrain, pour savoir quelle distance focale choisir selon les trois grandes familles de sujets que vous rencontrez en nature.
Pour les paysages grandioses : le grand angle, votre fenêtre panoramique
Quand vous êtes face à un panorama de montagne à couper le souffle, une vallée noyée dans la brume matinale, une forêt de hêtres à perte de vue en automne, il y a un réflexe naturel : vouloir tout faire rentrer dans le cadre.
Et c’est exactement le rôle du grand angle.
On parle ici de focales comprises entre 14mm et 35mm environ. C’est la plage de distance focale qui vous ouvre la porte des paysages immersifs, ceux qui donnent au spectateur le sentiment d’être debout à côté de vous, les pieds dans la rosée.
Voilà ce que ces focales vous apportent concrètement :
– 14mm à 20mm : C’est l’ultra grand angle. L’angle de champ dépasse les 90 degrés. Vous captez une portion énorme de la scène. Idéal pour les ciels étoilés en Voie Lactée, les forêts cathédrales où vous voulez sentir la hauteur des arbres, ou les bords de mer avec un premier plan de rochers qui s’étend jusqu’à l’horizon. Attention cependant : à ces focales, les lignes droites sur les bords de l’image ont tendance à se courber légèrement (c’est la distorsion). Il faut en jouer plutôt que la subir.
– 24mm à 28mm : Le grand angle polyvalent par excellence. Suffisamment large pour embrasser un vaste paysage, mais avec moins de distorsion qu’un ultra grand angle. C’est souvent le choix le plus équilibré pour la photo de paysage en randonnée.
– 35mm : On est à la frontière entre le grand angle et la focale standard. Le rendu est large mais très naturel, sans exagération des perspectives. Parfait pour des scènes de nature avec un brin de contexte humain (un sentier, un pont de bois, un affût) ou pour des paysages intimes, moins spectaculaires mais plus “ressentis”.
Il y a un point essentiel à garder en tête avec les grands angles : le premier plan est roi.
Avec un 18mm ou un 24mm, si vous pointez simplement l’appareil vers l’horizon, vous obtiendrez souvent une image plate et ennuyeuse. Le ciel occupe la moitié du cadre, le sol l’autre moitié, et il n’y a rien pour accrocher l’œil.
La clé, c’est de se baisser et de placer un élément fort au premier plan. Une touffe de bruyère en fleur. Un reflet dans une flaque. Un rocher couvert de lichen. Cet élément proche, exagéré par la perspective du grand angle, va créer une profondeur spectaculaire dans votre image et guider le regard du spectateur depuis l’avant de la scène jusqu’à l’horizon lointain.
Je me souviens d’une sortie dans le Cantal, un matin d’octobre. Le plateau était nappé d’un brouillard bas, percé par des îlots de pins. J’avais mon 24mm. En restant debout, la photo était jolie, sans plus. En posant un genou à terre et en intégrant une fougère rousse au premier plan, l’image a pris une toute autre dimension. La fougère en grand au premier plan, le brouillard au milieu, les silhouettes de pins au fond : trois couches de lecture, une seule image. C’est le grand angle qui a rendu cette profondeur possible.

Pour le portrait et la vision naturelle : la focale standard qui voit comme vous
Il existe une distance focale un peu magique, celle qui reproduit presque exactement la perspective de l’œil humain.
C’est le 50mm.
Sur un capteur Plein Format, un 50mm offre un angle de champ d’environ 46 degrés. C’est à peu près ce que votre cerveau perçoit comme “normal” quand vous regardez une scène devant vous. Pas d’exagération des perspectives. Pas de compression des plans. Juste une vision honnête, fidèle, naturelle.
Sur un boîtier APS-C, c’est plutôt le 35mm qui donne ce rendu équivalent (puisque 35mm x 1.5 = environ 52mm en équivalent Plein Format).
En photo de nature, cette plage de 35 à 50mm est idéale pour plusieurs situations :
– Les détails de flore en contexte : une orchidée sauvage dans sa prairie, un champignon au pied d’un chêne, une grappe de baies dans un sous-bois. Vous ne voulez pas forcément un gros plan extrême (c’est le travail du macro). Vous voulez montrer le sujet dans son environnement, avec un rendu qui respire le naturel.
– Les scènes d’ambiance : un chemin forestier en automne, une mare au petit matin avec la brume qui monte, un pré fleuri en contre-jour. Le 50mm capte ces moments avec une justesse qui ne triche pas.
– Les photos de famille ou de compagnons de sortie : sur le terrain, il arrive souvent qu’on veuille immortaliser un moment humain. Le 50mm (ou 35mm sur APS-C) est parfait pour ça. Pas de nez agrandi par le grand angle, pas de visage aplati par le téléobjectif. Juste un portrait naturel et flatteur.
Le 50mm a aussi un avantage pratique considérable : il est généralement petit, léger et très lumineux. Un 50mm f/1.8 pèse souvent moins de 200 grammes et coûte rarement plus de 150 euros. C’est l’objectif le plus abordable de quasiment toutes les gammes. Et malgré son prix modeste, sa qualité optique est souvent excellente.
Donc si vous n’avez qu’un zoom dans votre sac et que vous cherchez un deuxième objectif pour varier les plaisirs, le 50mm f/1.8 est un choix quasi incontournable. Il vous ouvrira les portes de la photo en faible lumière (sous-bois, crépuscule) grâce à sa grande ouverture, et il vous apprendra à cadrer avec vos pieds plutôt qu’avec une bague de zoom.
Pour la photo animalière : le téléobjectif, votre allié indispensable
On arrive au cœur du sujet pour la majorité d’entre vous.
La photo animalière.
Et là, il faut être très clair dès le départ : il vous faut de la focale. Beaucoup de focale.
Le minimum raisonnable pour commencer à obtenir des résultats satisfaisants sur les oiseaux et les mammifères sauvages, c’est 300mm. Et encore, 300mm, c’est serré. Littéralement.
En fait, la plupart des photographes animaliers sérieux travaillent avec du 400mm, 500mm, voire 600mm. Et quand je dis “sérieux”, je ne parle pas forcément de professionnels. Je parle de passionnés qui veulent ramener des images où l’on voit réellement l’animal, pas une silhouette perdue dans un océan de verdure.
Voici une réalité de terrain que je constate à chaque stage, à chaque sortie de groupe :
L’erreur n°1 du débutant en photo animalière, c’est d’acheter un 200mm en pensant que c’est suffisant.
Ce n’est pas suffisant.
Un 200mm, c’est très bien pour photographier votre chat dans le jardin à 3 mètres, ou un cygne apprivoisé qui vient manger dans votre main au parc municipal. Mais pour un héron à 30 mètres sur l’autre rive, un martin-pêcheur posé sur sa branche favorite à 15 mètres, ou un renard qui traverse un champ à 60 mètres, le 200mm vous laisse avec un sujet minuscule au centre du cadre et des mégapixels gaspillés en recadrage.
Voici les repères concrets que j’utilise pour la distance focale en photo animalière :
– 200mm : Utile uniquement pour les animaux très proches ou peu farouches (oiseaux de jardin à la mangeoire, faune de parcs urbains, insectes de taille moyenne). C’est un bon début, mais on atteint vite ses limites.
– 300mm : On commence à pouvoir travailler. Les grands échassiers (hérons, cigognes) deviennent exploitables à 20-30 mètres. Les mammifères moyens (chevreuil, lièvre) à 25-40 mètres. Mais pour les petits passereaux, c’est encore insuffisant.
– 400mm à 500mm : C’est la plage idéale. On obtient des cadrages serrés sur les oiseaux de taille moyenne (mésanges, rouge-gorges, pics) à des distances raisonnables (10-20 mètres). Les mammifères sont photographiables dans de bonnes conditions à 30-50 mètres. C’est le “sweet spot” du photographe animalier.
– 600mm et au-delà : Le territoire des passionnés et des pros. On peut remplir le cadre avec un roitelet à 8 mètres ou saisir l’expression d’un loup à 100 mètres. C’est aussi là que le budget explose et que le poids du matériel devient un sujet de conversation à lui tout seul.
Il faut savoir que le marché propose aujourd’hui des zooms téléobjectifs très performants et relativement accessibles qui couvrent cette plage critique. Le Sigma 150-600mm, le Tamron 150-600mm ou encore les 100-400mm des grandes marques sont des portes d’entrée extraordinaires pour la photo animalière. On est loin des optiques à 10 000 euros des catalogues pro.

Et n’oubliez pas le bonus dont on a parlé dans le chapitre sur les capteurs : si vous utilisez un boîtier APS-C, votre 150-600mm devient l’équivalent d’un 225-900mm (chez Nikon) ou 240-960mm (chez Canon). Des chiffres qui donnent le vertige. Et qui vous placent dans des conditions de cadrage exceptionnelles pour la faune sauvage.
Un dernier conseil pratique sur ce point. Quand vous hésitez entre deux objectifs et que votre budget ne permet qu’un seul achat, choisissez toujours celui qui va le plus loin en focale, quitte à sacrifier un peu de luminosité ou de qualité sur le bas de la plage. En photo animalière, les millimètres manquants ne se rattrapent pas sur le terrain. Vous pouvez toujours recadrer un peu une image prise au 600mm. Mais vous ne pouvez pas inventer des pixels qui n’existent pas sur une image au 200mm où l’oiseau fait 50 pixels de large.
Pour résumer ce guide pratique :
– Paysage (14-35mm) : embrassez la scène, travaillez le premier plan, jouez avec les lignes de fuite.
– Vision naturelle et flore (35-50mm) : restez fidèle à ce que vos yeux perçoivent, avec un rendu honnête et polyvalent.
– Photo animalière (300mm minimum, idéalement 400-600mm) : donnez-vous les moyens de remplir le cadre avec votre sujet, c’est la condition non négociable pour des images qui ont de l’impact.
La distance focale n’est donc pas qu’un chiffre abstrait sur un tube en métal. C’est une décision créative que vous prenez avant même d’appuyer sur le déclencheur, et qui détermine fondamentalement le type d’histoire que votre photo va raconter.
Mais choisir la bonne focale n’est qu’une pièce du puzzle. Il reste un paramètre qui travaille main dans la main avec elle, et qui peut tout changer dans le rendu final de vos images…
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Grand angle (14-35mm) : la focale des paysages immersifs. Plus la focale est courte, plus l’angle de champ est large. Le secret : toujours soigner le premier plan en se baissant.
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Focale standard (35-50mm) : elle reproduit la vision naturelle de l’œil humain. Idéale pour la flore en contexte, les ambiances forestières et les portraits sur le terrain. Le 50mm f/1.8 est léger, lumineux et très abordable.
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Téléobjectif (300-600mm) : l’indispensable de la photo animalière. Le 200mm ne suffit pas pour la faune sauvage. Le “sweet spot” se situe entre 400 et 500mm.
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Le capteur APS-C est un allié en animalier : son facteur de recadrage (x1.5 ou x1.6) transforme un 150-600mm en équivalent 225-900mm, voire 240-960mm.
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Règle d’or pour l’achat : à budget égal, privilégier la focale la plus longue. Les millimètres manquants ne se rattrapent jamais sur le terrain.
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La focale est un choix créatif : elle détermine le type d’histoire que chaque image raconte, bien avant la pression sur le déclencheur.

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Une fois sur le terrain, vous verrez que tout devient instinctif. Le bon chiffre en mm, on finit par le “sentir” avant même de regarder dans le viseur.
Et je vous glisse un dernier petit conseil que j’aurais vraiment aimé recevoir plus tôt : lors de vos prochaines sorties, notez mentalement la focale utilisée sur vos photos préférées. Vous allez voir, au bout de quelques semaines, un schéma va apparaître. Vous allez réaliser que vous revenez toujours vers la même distance focale, celle qui correspond en fait à votre façon personnelle de voir la nature.
C’est ça, votre fameuse “signature optique”. Et croyez-moi, elle vaut toutes les fiches techniques du monde.
Alors maintenant je suis sincèrement curieux : et vous, quel est le chiffre magique écrit sur l’objectif qui reste vissé sur votre appareil 90% du temps lors de vos sorties ? N’hésitez vraiment pas à le partager en commentaire juste en dessous, j’ai vraiment envie de savoir !
Je vous souhaite de très belles photos et je vous dis à bientôt pour un nouvel article.
Adrien.
Vos questions sur la distance focale
Qu’est-ce que la distance focale en photographie ?
La distance focale, c’est la distance (exprimée en millimètres) entre le centre optique de votre objectif et le capteur de votre appareil photo, quand la mise au point est réglée à l’infini.
En pratique, ce chiffre en mm vous indique simplement si vous voyez loin ou si vous voyez large. Plus le chiffre est grand (200mm, 400mm), plus vous zoomez sur le sujet. Plus il est petit (14mm, 24mm), plus vous captez un paysage étendu.
Quelle est l’unité de mesure de la distance focale ?
L’unité de la distance focale est le millimètre (mm). C’est ce chiffre que vous retrouvez gravé sur le fût de chaque objectif : 50mm, 70-300mm, 150-600mm, etc. Ce nombre indique la distance entre le centre optique de la lentille et le capteur lorsque la mise au point est faite sur un sujet situé à l’infini.
C’est quoi la distance focale d’une lentille ?
La distance focale d’une lentille correspond à la distance entre le centre de cette lentille et le point où les rayons lumineux parallèles convergent après l’avoir traversée (le foyer). Pour une lentille convergente (comme celles utilisées dans les objectifs photo), ce foyer se situe derrière la lentille, et la distance focale est positive. Pour une lentille divergente, les rayons semblent provenir d’un foyer virtuel situé devant la lentille, et la distance focale est négative.
En photographie, on retient surtout que plus la distance focale de la lentille est grande, plus l’objectif grossit le sujet.
Comment on calcule la distance focale ?
En optique, la formule de la distance focale la plus connue est la relation de conjugaison : 1/f = 1/d(image) – 1/d(objet), où “f” est la distance focale, “d(image)” la distance entre la lentille et l’image, et “d(objet)” la distance entre la lentille et l’objet.
Cela dit, en tant que photographe, vous n’aurez jamais besoin de calculer cette valeur vous-même. Elle est indiquée directement sur votre objectif en millimètres. Ce qui compte vraiment, c’est de comprendre son impact concret : un grand chiffre (400mm) zoome loin, un petit chiffre (24mm) voit large.
Quelle est la distance focale f ?
La lettre “f” désigne tout simplement la distance focale dans les notations optiques et photographiques. Quand vous lisez “f = 200mm” sur une fiche technique, cela signifie que la distance focale de l’objectif est de 200 millimètres.
Attention à ne pas confondre avec la notation “f/2.8” ou “f/4” que vous voyez aussi sur vos objectifs : celle-ci désigne l’ouverture maximale du diaphragme, qui est un paramètre différent (même s’il influence aussi le flou d’arrière-plan).
La distance focale change-t-elle selon le capteur de mon appareil ?
Non, la distance focale réelle (celle gravée sur l’objectif) ne change jamais. Un 300mm reste physiquement un 300mm, quel que soit le boîtier.
Ce qui change, c’est le cadrage obtenu. Un capteur APS-C, plus petit qu’un Plein Format, recadre l’image et donne l’impression de zoomer davantage. C’est le fameux coefficient multiplicateur : x1.5 (Nikon, Sony, Fujifilm) ou x1.6 (Canon). Votre 300mm cadre alors comme un 450mm ou un 480mm en équivalent Plein Format. Un avantage considérable pour la photo animalière.
Pourquoi une longue distance focale rend le fond plus flou ?
Plus la distance focale est longue, plus le flou d’arrière-plan (bokeh) est prononcé. C’est un effet optique lié à la réduction de la profondeur de champ et à l’angle de champ très étroit des téléobjectifs.
À 400mm et f/4, l’arrière-plan se transforme en un lavis de couleurs douces qui isole totalement le sujet. À 24mm avec la même ouverture, le fond reste beaucoup plus lisible. C’est pour cette raison que les photographes animaliers utilisent de longues focales : elles permettent d’isoler l’animal du décor et de créer des images à fort impact visuel.
Quelle distance focale choisir pour photographier les oiseaux ?
Pour la photo d’oiseaux, il faut viser un minimum de 300mm, et idéalement 400mm à 600mm. Un 200mm est souvent trop court : les oiseaux sauvages maintiennent une distance de fuite importante, et vous vous retrouverez avec un sujet minuscule perdu au centre du cadre.
Les zooms téléobjectifs comme le 150-600mm (Sigma ou Tamron) offrent un excellent rapport portée/prix pour débuter. Et si vous utilisez un boîtier APS-C, le coefficient multiplicateur (x1.5 ou x1.6) transforme ce 600mm en équivalent 900mm ou 960mm, ce qui est redoutable pour les petits passereaux.
Quelle est la meilleure focale pour la photo de paysage ?
Pour les paysages grandioses, les focales comprises entre 14mm et 35mm (grand angle) sont les plus adaptées. Elles offrent un angle de champ très large qui permet d’embrasser toute la scène, de la montagne au premier plan fleuri.
Le 24mm est souvent considéré comme le grand angle polyvalent par excellence. Pour aller encore plus large (ciels étoilés, forêts immersives), le 14mm ou le 16mm sont parfaits. L’astuce essentielle : soignez le premier plan en vous baissant et en intégrant un élément fort (roche, fleur, reflet) pour donner de la profondeur à votre composition.
Le 50mm est-il utile pour la photo de nature ?
Oui, le 50mm (ou 35mm sur capteur APS-C) est très utile en photo de nature. Cette focale standard reproduit la vision naturelle de l’œil humain, sans déformation. Elle est idéale pour les détails de flore en contexte (un champignon au pied d’un arbre, une orchidée dans sa prairie), les ambiances forestières et les photos de compagnons de sortie.
Le 50mm f/1.8 est en plus léger, lumineux et très abordable (souvent moins de 150 euros). Sa grande ouverture permet de photographier en faible lumière, comme dans les sous-bois au crépuscule. C’est un complément idéal à votre téléobjectif animalier.

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Qui est l'auteur
Adrien Coquelle
Photographe animalier professionnel
Photographe animalier professionnel depuis 2016, je parcours la Savoie à la recherche d'ambiances particulières, pour immortaliser les animaux emblématiques des Alpes.
Je forme également tous les mois de nombreux photographes voulant progresser rapidement en photo animalière et de nature grâce à mes stages et formations.
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Merci beaucoup pour cet article très clair et précis, une question cependant : j’ai un Nikon D750 ( APSC) avec un objectif Sigma Contenporary 150×600 que me conseillez vous pour avoir la meilleure qualité de piqué possible, soit le mode DX ou bien le mode + 1.3 proposé par mon appareil pour avoir une “rallonge de zoom” merci infiniment par avance de m’éclairer à ce sujet . Hubert
Bonjour Hubert,
Merci pour votre retour positif sur cet article.
Je souhaite apporter une petite précision technique concernant votre matériel. Votre Nikon D750 est en réalité un appareil doté d’un capteur plein format, ce que l’on appelle le format FX, et non un format APS-C.
Pour répondre à votre interrogation sur le piqué, le fait d’utiliser le mode DX ou le mode 1.3 directement dans votre boîtier ne changera pas la qualité optique de vos photos. Ces modes se contentent de recadrer l’image à l’intérieur de votre capteur. C’est exactement la même chose que si vous preniez une photo normale et que vous coupiez les bords plus tard sur votre ordinateur.
Mon conseil pour obtenir la meilleure qualité possible est de toujours rester en mode plein format. En faisant cela, vous gardez la totalité des pixels de votre capteur. Cela vous offre une plus grande marge de manœuvre pour corriger votre composition lors du post-traitement si le sujet se déplace de façon imprévue.
La sensation de rallonge n’est qu’une modification logicielle dans votre viseur. Pour gagner en netteté avec votre objectif Sigma, il est souvent plus efficace de veiller à une vitesse d’obturation suffisante ou de fermer légèrement le diaphragme autour de f/8.
Bonne journée.
Bonjour Adrien. Merci, tout est parfaitement clair. Juste une petite question, confirmez-vous que le capteur APS-C n’influence pas l’ouverture maximale de l’objectif ? Encore merci. Bien cordialement. Pierre P.
Oui ça ne change pas l’ouverture
Votre approche concernant l’APS-C est fausse un 300 mm reste un 300 mm si j’ai un plein format et je re- cadre ma photo. je ne vais pas dire que j’ai fait ma photo avec un 400mm.
Vous trompez les personnes, la vérité simple = un APS-C et un re-cadrage dut au format du capteur mais jamais une modification de la focale un 300mm reste un 300mm.
Pour quelqu’un qui fait des formations il s’agit d’être honnête…..
C’est exactement ce que je dis, dès le début de l’article, je parle bien d’équivalent ou de “recadrage” :
– “Un capteur APS-C recadre l’image et “allonge” artificiellement la portée de votre objectif : un vrai bonus pour la photo animalière.”
– “Il ne voit qu’une portion centrale de l’image projetée par l’objectif, parce qu’il est trop petit pour capter la totalité. Résultat : le sujet au centre paraît plus gros, plus proche. Comme si vous aviez zoomé davantage.”
– “Donc un objectif de 200mm monté sur un boîtier Canon APS-C donne un cadrage équivalent à un 320mm en Plein Format. Sur un Nikon APS-C, c’est un cadrage équivalent à 300mm.”
– “La focale réelle, c’est ce qui est gravé sur l’objectif. C’est une caractéristique physique de la lentille. Un 200mm reste un 200mm, que vous le montiez sur un Plein Format, un APS-C ou même un trépied sans aucun boîtier. Ce chiffre ne change jamais. La focale équivalente, c’est le cadrage que vous obtenez réellement une fois l’objectif monté sur votre appareil. C’est un calcul, pas une mesure physique. Et c’est là que le facteur de recadrage entre en jeu.”
Etc…
Bonjour Adrien,
Super instructif cet article. Pour ma part matériel utilisé plein format Nikon D780 et Tamron 150-600 mm. Du coup je me pose une question : avec un objectif 150-600 mm pour la photo animalière (pour des portraits d’animaux “plein cadre”) est ce que ça voudrait dire qu’il vaudrait mieux partir sur un boitier APS-C plutôt que sur un plein format ? et sinon passer en mode DX avec le même objectif sur un plein format ça donne quoi ?
Car j’ai effectivement l’impression que ça cadre plus large que ça ne le devrait, Je suis souvent (mais pas toujours fort heureusement) obligée de recadrer certaines de mes images.
D’avance merci pour ce petit éclaircissement.
Très belle journée.
Nadine
Bonjour Nadine,
Je suis ravi de voir que cet article vous a aidée à y voir plus clair dans votre pratique.
Votre question sur le passage à l’APS-C est très fréquente. En utilisant un capteur plus petit, vous bénéficiez effectivement d’un recadrage naturel qui donne l’impression que votre 600 mm devient un équivalent 900 mm. C’est un avantage souvent recherché en photographie animalière pour gagner en proximité apparente sans changer d’objectif.
Cependant, utiliser le mode DX directement sur votre Nikon D780 revient exactement au même que de recadrer votre photo plus tard sur votre ordinateur. Le boîtier va simplement ignorer les bords de l’image. Le revers de la médaille est la perte importante de définition, car vous n’utiliserez qu’une partie de vos pixels. Sur votre modèle, vous passeriez d’une image très détaillée à une image avec beaucoup moins de pixels.
Bonne journée.
Bonjour Adrien,
Merci beaucoup ces précisions.
Effectivement si le 600 mm devient un 900 mm avec un APS-C, ça fait gagner quelques mètres sur le terrain. Donc idéalement, si j’ai bien compris, il faudrait plutôt utiliser le plein format pour le paysage et l’APS-C pour la photo animalière…. A réfléchir pour le prochain achat.
Bonne journée également
Bonjour Nadine,
C’est exactement cela. Il est important de préciser que l’optique ne change pas physiquement de propriétés, c’est uniquement le champ de vision qui est plus étroit. Un 600 mm monté sur un boîtier à capteur APS-C offre le même cadrage qu’un 900 mm sur un plein format, mais n’est pas physiquement un 900mm. C’est un avantage indéniable en photographie animalière pour gagner en proximité visuelle sans déranger la faune sauvage.
Concernant la photographie de paysage, le plein format est souvent privilégié pour sa capacité à gérer de grands écarts de luminosité et pour la finesse des détails. Toutefois, il est tout à fait possible de réaliser de magnifiques paysages avec un capteur APS-C. Il suffit de choisir des focales plus courtes, comme un 10 mm ou un 12 mm, pour retrouver un angle de vue très large équivalent à ce que l’on obtient avec un 16 mm sur un capteur plus grand.
Le choix final dépendra surtout de votre sujet principal. Si vous passez la majeure partie de votre temps à photographier des oiseaux ou des mammifères lointains, l’APS-C est un excellent calcul. Si vous préférez la randonnée photographique et les grands espaces, le plein format offre un confort supplémentaire pour le grand-angle.
Bonne réflexion pour votre futur équipement.
Encore merci pour ces explications très claires.