Test Nikon Z5 II C : avis complet sur le nouvel hybride compact

par Adrien Coquelle

J’ai testé le Nikon Z5 II C sur le terrain, entre balades matinales en forêt et longues séances d’affût. Je l’ai utilisé par temps clair, sous la pluie, à l’aube comme en fin de journée, avec plusieurs objectifs différents montés dessus.

Dans cet article, je vous propose un tour complet de cet appareil : la prise en main, la qualité d’image, l’autofocus, la stabilisation, et les quelques compromis qu’il faut connaître avant de vous décider. Je vous dis aussi pour quel type de pratique il est vraiment adapté, et pour lequel il l’est moins.

Mon but ici n’est pas de vous vendre du rêve, mais de vous donner mon avis après l’avoir réellement utilisé sur le terrain, pas seulement lu sur une fiche technique.

Nikon Z5 II C
Qualité d’image
Autofocus
Montée en iso
Capteur
Plein Format FX CMOS, 24,5 Mpx
Rafale
Jusqu’à 30 vps
Stabilisation
5 axes (gain jusqu’à 7,5 vitesses)
Vidéo
4K UHD 60p, N-RAW 12 bits

LE NIKON Z5 II C EN BREF :

Le Nikon Z5 II C est un hybride plein format taillé pour allier polyvalence, compacité et performances de haut vol. Équipé d’un capteur FX de 24,5 millions de pixels effectifs, il garantit un piqué remarquable et une dynamique étendue adaptée à toutes les situations lumineuses.

Son système autofocus hybride ultra-sensible (détection jusqu’à -10 IL) assure un suivi net et réactif des sujets, épaulé par une cadence de prise de vue grimpant jusqu’à 30 images par seconde pour figer les mouvements les plus vifs.

Pensé aussi bien pour les photographes nomades que pour les créateurs de contenu, il intègre une stabilisation sur 5 axes offrant un gain jusqu’à 7,5 vitesses, ainsi qu’un enregistrement vidéo avancé en 4K UHD 60p et format N-RAW 12 bits.

En résumé : un boîtier équilibré, robuste avec son châssis en magnésium et résolument moderne, idéal pour franchir un cap en plein format.

Chapitre 01

Prise en main du Nikon Z5IIC : petit, mais vraiment confortable ?

Dès qu’on prend ce boîtier entre les mains pour la première fois, la sensation est assez déroutante : il est incroyablement compact. En supprimant la bosse classique du viseur, Nikon a réussi à gagner environ 80 grammes sur la balance. Et il faut savoir que lorsqu’on marche pendant deux ou trois heures d’affilée sur des sentiers vallonnés, 80 grammes en moins au bout du bras ou autour du cou, ça change vraiment la fin de matinée.

Le piège habituel avec ce genre de petit appareil nomade, c’est qu’on se retrouve souvent avec une savonnette entre les doigts. Beaucoup de fabricants rabotent la poignée pour gagner de la place, et l’on passe son temps à serrer les doigts de peur d’échapper le matériel. Ici, Nikon a eu la bonne idée de conserver un vrai relief en façade : vos doigts viennent se caler naturellement dans le creux texturé, avec une sensation de sécurité immédiate.

1.1

Le grand débat de l’écran inclinable sans viseur

C’est évidemment le sujet qui fait couler le plus d’encre sur ce test du Nikon Z5 II C : comment fait-on de la photo sans mettre son œil dans un viseur ? Si vous avez commencé la photographie à l’époque de l’argentique avec un boîtier reflex traditionnel, ce réflexe d’amener le boîtier contre l’arcade sourcilière est profondément ancré. En fait, l’abandon du viseur demande simplement une petite adaptation d’un jour ou deux.

Test Nikon Z5 II C : boîtier hybride compact tenu en main en forêt avec l'écran incliné pour la photographie de nature.

Sur le terrain, l’écran arrière de 3,2 pouces est particulièrement lumineux et très lisible, même par temps clair sous la canopée. On l’utilise exactement comme on regarderait un cadre photo que l’on tient devant soi. Et pour être tout à fait honnête avec vous, si vous portez des lunettes de vue comme beaucoup de photographes de notre communauté, cette configuration présente un confort insoupçonné. Finie la buée sur les verres le matin quand il fait frais, fini le nez écrasé contre le plastique et finies les rayures sur vos verres de lunettes à force de frotter contre l’œilleton. Vous composez votre scène les deux yeux grands ouverts, sans aucune gêne.

L’autre avantage concret en sous-bois concerne le cadrage au ras du sol. Grâce à la charnière de l’écran, vous pouvez l’orienter vers le haut en restant simplement accroupi. La semaine dernière, j’ai voulu photographier une amanite tue-mouche entourée de mousse fraîche : au lieu de me coucher à plat ventre dans les aiguilles de pin humides et la terre boueuse, j’ai simplement basculé l’écran vers le ciel en tenant l’appareil à dix centimètres du sol. C’est le genre de détail tout simple qui préserve vos genoux et votre dos sur une longue sortie.

Schéma comparatif de l'ergonomie du Nikon Z5 II C : avantage de l'écran inclinable face au viseur traditionnel pour la photo de nature.

1.2

Une poignée robuste pour les balades en forêt

Même si la marque le présente comme un hybride de poche, ce boîtier offre une vraie préhension rassurante. La poignée est profonde, recouverte d’un grip caoutchouté qui ne glisse pas, même si vous avez les mains un peu moites après une montée ou si vous portez de fins gants de marche en automne. Vos trois derniers doigts viennent verrouiller le boîtier fermement, ce qui évite cette crispation musculaire au niveau de la paume qui provoque des crampes au bout d’une heure.

En balade avec un objectif léger comme le zoom polyvalent Nikkor Z 24-70mm f/4 S (disponible chez IPLN, Camara, MN Photo ou Amazon), l’ensemble ne tire absolument pas sur le poignet. On peut marcher en sous-bois en laissant pendre le bras le long du corps, l’appareil fermement tenu du bout des doigts, sans avoir l’impression de trimballer une enclume. Mon petit conseil de terrain : équipez-le d’une simple courroie de poignet en corde d’escalade plutôt que de la grosse sangle de cou classique. Vous gagnez une liberté de mouvement totale, tout en gardant l’esprit tranquille quand vous franchissez un fossé ou un tronc d’arbre couché en travers du chemin.

Macro d'une amanite tue-mouches rouge avec rosée matinale en forêt, prise au ras du sol pour le test du Nikon Z5 II C.

Reste maintenant une question essentielle que vous vous posez sûrement : est-ce que ce petit boîtier très compact est réellement capable de sortir de superbes images quand la lumière vient à manquer sous les grands arbres ?

En bref
  • Un format compact sans bosse de viseur qui allège le boîtier de 80 grammes, idéal pour soulager votre cou et vos bras après plusieurs heures de marche.
  • Une poignée profonde et texturée qui assure un maintien parfait au creux des doigts, sans risque de glisse ni crampe musculaire même avec des gants.
  • Un écran arrière inclinable très confortable pour cadrer au ras du sol sans vous faire mal au dos, tout en libérant enfin les porteurs de lunettes de la buée et des rayures.
  • Une association parfaite avec un zoom léger et une simple courroie de poignet, pour crapahuter en sous-bois l’esprit totalement tranquille.
Chapitre 02

Les performances en photo nature : que vaut vraiment le capteur ?

Pour être tout à fait franc avec vous, beaucoup de personnes s’imaginent qu’un boîtier plus petit ou plus abordable produit forcément des images de moins bonne qualité. C’est une crainte bien naturelle quand on voit la différence de taille avec les gros reflex professionnels d’autrefois. Pourtant, ce test du Nikon Z5 II C prouve exactement le contraire.

À l’intérieur de ce châssis compact en magnésium, Nikon a logé un capteur plein format de 24,5 millions de pixels effectifs. En fait, c’est exactement la même base technique que sur des boîtiers vendus bien plus cher. Vous bénéficiez donc d’une surface de capture très généreuse, capable d’avaler un maximum de lumière dès que le sous-bois s’assombrit, sans avoir à transporter un équipement lourd et encombrant.

2.1

Des couleurs éclatantes et fidèles dès la prise de vue

Quand on reprend la photo pour le simple plaisir d’immortaliser une balade, la dernière chose dont on a envie, c’est de passer son dimanche enfermé devant l’ordinateur à tripoter des curseurs complexes. Vous voulez appuyer sur le déclencheur, rentrer chez vous, et admirer directement une belle image sur votre tablette ou votre écran de salon.

C’est là que le traitement d’image de ce boîtier fait des merveilles. En appuyant simplement sur la petite touche « i » à l’arrière du boîtier avec le pouce droit, vous faites apparaître le menu rapide pour choisir vos profils de couleurs. Pour les sorties en sous-bois d’octobre, je règle par exemple l’appareil sur le profil Paysage ou sur une nuance plus chaude. L’appareil applique directement un rendu flatteur aux feuillages dorés, sans saturer artificiellement les verts des mousses au sol.

Test du Nikon Z5 II C : photographe de nature utilisant l'écran inclinable de 3,2 pouces en forêt pour visionner une photo animalière lors de la golden hour.

Il faut savoir que ce grand capteur encaisse remarquablement bien les écarts de luminosité brutaux. Imaginez la scène : vous marchez sur un sentier et vous repérez une grive posée sur une branche de chêne. La moitié de son corps est baignée par un rayon de soleil perçant à travers les feuilles, tandis que son poitrail reste complètement dans l’ombre. Avec un petit capteur de smartphone, les plumes éclairées finissent blanches et brûlées, pendant que le reste de l’oiseau devient une silhouette noire et bouchée.

Ici, la dynamique du capteur plein format conserve les nuances les plus subtiles dans les hautes lumières tout en débouchant les ombres sans créer de bruit numérique disgracieux. Le plumage moucheté garde tout son relief, exactement comme vous l’avez admiré avec vos propres yeux à travers les branches.

2.2

La stabilisation interne qui sauve vos images en sous-bois

L’autre immense soulagement sur le terrain, c’est la présence de la stabilisation mécanique intégrée au boîtier. Pour faire simple, imaginez que le capteur ne soit pas vissé fixement au fond de l’appareil. Il est suspendu à l’intérieur sur un petit berceau mobile électromagnétique capable de bouger instantanément sur 5 axes distincts.

Dès que vos mains tremblent un tout petit peu, le capteur se déplace dans la direction opposée pour compenser vos micro-mouvements en temps réel.

Schéma technique de la stabilisation sur 5 axes (IBIS) du capteur plein format du Nikon Z5 II C montrant les axes de compensation pour éviter le flou de bougé.

C’est une aide précieuse, surtout lorsqu’on avance en âge ou simplement quand les bras commencent à tétaniser après deux heures de marche. Si vous montez un téléobjectif comme le Nikkor Z 180-600mm f/5.6-6.3 VR (disponible chez IPLN, Camara, MN Photo ou Amazon) pour aller chercher des animaux distants, le moindre tremblement se retrouve amplifié de façon spectaculaire à l’écran.

La semaine dernière, en fin d’après-midi, j’ai surpris un écureuil roux occupé à grignoter une pomme de pin au pied d’un épicéa. Le soleil venait de passer derrière la crête, l’obscurité tombait vite et la vitesse de prise de vue est descendue très bas, autour du 1/15e de seconde. Avec un boîtier non stabilisé, la photo aurait été irrémédiablement gâchée par un flou de bougé général.

Photographie d'un écureuil roux au crépuscule avec le Nikon Z5 II C montrant la netteté des détails en faible luminosité.

En calant mes coudes contre ma poitrine et en retenant calmement ma respiration, la stabilisation du capteur a encaissé la totalité de mes tremblements. Sur l’écran, le petit rongeur est apparu d’une netteté parfaite, avec chaque poil de sa queue rousse impeccablement dessiné.

Mais avoir un capteur performant et une bonne stabilisation ne sert pas à grand-chose si l’appareil met trois secondes à faire le point sur un animal vif qui saute de branche en branche. Et vous allez voir que sur ce point précis, Nikon a glissé sous le capot un système d’une intelligence assez bluffante.

En bref
  • Un grand capteur plein format de 24,5 Mpx logé dans un boîtier compact, parfait pour capter un maximum de lumière en sous-bois sans vous encombrer d’un matériel lourd.
  • De superbes couleurs naturelles et éclatantes dès la prise de vue grâce au menu rapide « i », ce qui vous évite de passer des heures de retouche fastidieuse devant l’ordinateur.
  • Une excellente gestion des contrastes qui préserve chaque détail du plumage ou du pelage de l’animal, aussi bien sous un soleil perçant que dans les ombres denses.
  • Une stabilisation mécanique sur 5 axes très efficace pour gommer vos tremblements et réussir des photos parfaitement nettes à main levée, même avec un téléobjectif en fin de journée.
Chapitre 03

L’autofocus animalier : le gros atout de cet hybride Nikon

Si vous avez déjà essayé de photographier un petit passereau qui sautille au milieu des ronces avec un ancien appareil, vous connaissez par cœur cette immense déception : vous appuyez sur le bouton, l’appareil hésite, fait des allers-retours, et fait finalement la mise au point sur la branche trois centimètres devant l’oiseau. Au moment où vous voulez corriger, le sujet s’est déjà envolé. C’est sans doute le point qui décourage le plus les photographes qui reprennent la pratique de la nature après des années d’arrêt.

Dans ce test du Nikon Z5 II C, le comportement de la mise au point change totalement la donne. En fait, vous n’avez plus besoin de manipuler une molette ou un petit joystick pour déplacer un collimateur au bon endroit sur l’animal. Le processeur interne analyse l’image en temps réel, repère tout seul la silhouette de l’animal dans le cadre, et vient verrouiller la netteté directement sur son regard.

3.1

La détection automatique des animaux et des oiseaux

Sur le terrain, cette assistance technologique vous enlève un poids énorme de l’esprit. L’autre matin, j’étais posté au bord d’un étang avec le téléobjectif Nikkor Z 70-180mm f/2.8 (disponible chez IPLN, Camara, MN Photo ou Amazon) monté sur le boîtier. J’avais les deux mains bien calées sur la poignée, l’écran incliné vers le haut pour garder un angle de vue très bas, juste au niveau de l’eau.

Gros plan sur les mains d'un photographe tenant le Nikon Z5 II C avec un objectif 70-180mm f/2.8, montrant le suivi AF de l'œil d'un canard sur l'écran LCD incliné.

Un canard colvert est soudainement sorti des roseaux pour nager tranquillement devant moi. Avec un reflex traditionnel, il aurait fallu garder le collimateur central collé sur sa tête tout en essayant de soigner mon cadrage. Ici, dès que l’oiseau est entré dans le champ, un petit cadre jaune est venu se plaquer instantanément sur son corps, avant de se réduire à un minuscule carré vert calé pile sur son œil sombre. Même quand le canard tourne la tête ou accélère la cadence, la mise au point reste collée à lui comme un aimant.

Photographie animalière d'un canard colvert sur un lac calme, illustrant les performances du Nikon Z5 II C en pleine nature.

Vous pouvez ainsi vous concentrer à 100 % sur votre composition, surveiller les reflets sur l’eau et attendre l’instant précis où la lumière accroche les plumes, sans jamais vous soucier de la technique. C’est exactement la même chose si vous croisez un chevreuil à la lisière d’un bois : l’appareil fait la distinction immédiate entre le feuillage et le pelage de l’animal. Vous gagnez un temps précieux, et surtout, vous ne ratez plus ces scènes fugaces qui ne durent que deux ou trois secondes.

Schéma technique du test Nikon Z5 II C montrant la détection intelligente du sujet et le verrouillage de l'autofocus sur l'œil d'un animal malgré des branches au premier plan.

  • La détection de l’œil automatique élimine totalement les erreurs de mise au point sur les branches parasites.
  • Le suivi en continu accompagne les déplacements imprévisibles des oiseaux sans décrocher.
  • Votre charge mentale disparaît : vous cadrez sereinement sans batailler avec les réglages.
3.2

La nouveauté amusante : la détection des poissons

Nikon a intégré sur ce modèle une fonction assez inattendue qui fait beaucoup parler : la reconnaissance spécifique des poissons. À première vue, on pourrait se demander ce que vient faire une telle option sur un appareil dédié à la nature. Pourtant, si vous aimez emmener vos enfants ou vos petits-enfants visiter un grand aquarium public lors d’une journée pluvieuse, vous savez à quel point photographier à travers une vitre relève souvent du parcours du combattant.

Entre la faible luminosité ambiante, les mouvements vifs des poissons et l’épaisseur du verre acrylique qui perturbe les capteurs classiques, obtenir un résultat net tient d’habitude du miracle. Avec ce mode activé, le boîtier accroche le regard des poissons même lorsqu’ils glissent rapidement derrière la paroi.

Pour réussir vos images dans ce genre d’endroit sans gaspiller votre énergie, voici ma recommandation : venez plaquer le bord de votre objectif tout contre la vitre de l’aquarium, si possible en vous aidant de votre main pour entourer la lentille. En éliminant l’espace d’air entre l’appareil et la vitre, vous supprimez d’un seul coup tous les reflets parasites des plafonniers de la pièce et vous évitez les déformations optiques causées par l’épaisseur du verre. L’autofocus du boîtier peut alors faire son travail dans des conditions idéales.

Cette intelligence artificielle embarquée apporte un réel confort lors des sorties, mais avant de vous décider à franchir le pas pour ce modèle compact, il reste quelques particularités techniques et certains compromis physiques qu’il vaut mieux regarder bien en face…

En bref
  • La détection intelligente accroche directement le regard de l’animal, évitant à coup sûr les erreurs de netteté sur les branches au premier plan.
  • Le suivi en continu reste collé comme un aimant sur le sujet en mouvement, ce qui vous libère totalement l’esprit pour soigner votre composition.
  • Vous oubliez les manipulations fastidieuses du collimateur au joystick : l’appareil analyse la scène tout seul et verrouille le sujet instantanément.
  • La détection inattendue des poissons s’avère très efficace en aquarium, surtout si vous collez l’objectif contre la vitre pour supprimer les reflets.
Chapitre 04

Ce qu’il faut savoir avant d’acheter le Nikon Z5 II C

Quand un fabricant conçoit un appareil photo plus abordable et nettement plus compact que ses modèles phares, il est obligé de faire des choix. C’est tout à fait normal et c’est le cas sur ce boîtier. Plutôt que de vous réciter une brochure publicitaire en fermant les yeux sur les concessions, je préfère poser les choses clairement sur la table.

Dans ce test du Nikon Z5 II C, il y a trois aspects précis que vous devez connaître avant de sortir la carte bancaire, pour éviter les mauvaises surprises une fois arrivé en forêt.

4.1

Un seul emplacement pour la carte mémoire : un vrai problème ?

C’est la première chose que l’on remarque en ouvrant la petite trappe sur le côté droit : il n’y a qu’un seul logement pour carte mémoire SD. Si vous discutez avec des photographes professionnels de mariage ou d’événements sportifs, ils vous diront que c’est un défaut rédhibitoire, car ils ont l’obligation d’enregistrer chaque photo en double au cas où une carte grillerait pendant la journée.

Gros plan sur l'insertion d'une carte mémoire SD dans le boîtier hybride Nikon Z5 II C lors de notre test.

Mais soyons honnêtes : pour une pratique de loisir, pour immortaliser les chevreuils à la lisière du bois ou les mésanges dans le jardin le dimanche matin, ce n’est absolument pas un drame. Des milliers de photographes ont utilisé un seul compartiment pendant des décennies sans jamais perdre la moindre image.

Il y a toutefois une règle d’or à respecter pour vous éviter des sueurs froides : ne faites pas l’erreur d’acheter une carte mémoire premier prix dans un rayon de supermarché pour économiser dix euros. Offrez à votre boîtier une carte SD reconnue et rapide (norme UHS-II de préférence), qui gérera les rafales sans saturer la mémoire tampon. Et surtout, prenez une saine habitude : dès que vous rentrez de promenade, allumez l’ordinateur, videz vos images sur votre disque dur et formatez ensuite la carte directement dans l’appareil. En appliquant cette routine toute simple, vous éliminez 99 % des risques de panne informatique.

4.2

L’avantage d’avoir gardé un déclencheur mécanique

Aujourd’hui, une véritable mode s’installe chez certains constructeurs : faire disparaître complètement le rideau mécanique pour ne laisser qu’un obturateur électronique silencieux. Sur le papier, c’est très moderne. Mais sur le terrain, l’obturateur électronique classique pose un gros problème sur les mouvements très rapides.

Schéma technique comparatif entre obturateur mécanique et électronique expliquant l'effet de rolling shutter sur les ailes d'un oiseau en vol pour le test du Nikon Z5 II C.

Si vous photographiez un martinet ou une libellule qui passe à toute vitesse devant votre objectif en mode 100 % électronique, la vitesse de lecture ligne par ligne du capteur crée ce qu’on appelle une déformation de balayage (ou *rolling shutter*). Résultat : les ailes des oiseaux ou les hélices d’un petit avion apparaissent courbées et tordues comme du caoutchouc, ruinant totalement votre image. C’est d’ailleurs ce même phénomène qui fait apparaître d’affreuses bandes sombres zébrées sur vos clichés si vous déclenchez en intérieur sous certains éclairages artificiels.

Martin-pêcheur d'Europe en vol stationnaire au-dessus d'un ruisseau, ailes déployées et gouttes d'eau visibles, illustrant les capacités du Nikon Z5 II C en photographie animalière.

Nikon a eu la bonne idée de conserver un vrai mécanisme physique avec translation verticale, capable de monter au 1/8000e de seconde. Vous conservez donc des ailes d’oiseaux parfaitement droites et naturelles en plein vol, sans aucune mauvaise surprise géométrique.

Autre détail très pratique situé juste sur le capot : la présence de la griffe flash standard. Si vous aimez vous approcher des fleurs ou faire de la macrophotographie de petits champignons sous les fougères, vous pouvez y glisser un petit éclairage d’appoint pour déboucher délicatement les ombres sans vous compliquer la vie.

4.3

L’absence de viseur avec de gros téléobjectifs : le vrai point de vigilance

Voilà le point le plus délicat de ce boîtier, et je tiens vraiment à insister dessus si votre passion principale reste l’affût ou la chasse photographique d’animaux farouches.

Tant que vous utilisez une focale courte ou moyenne, cadrer avec l’écran arrière incliné est un vrai plaisir. Vous tenez le boîtier au niveau de la taille ou du buste, les bras détendus, et vous composez en douceur. Mais les choses changent radicalement si vous décidez de monter une très longue focale pour aller chercher des animaux craintifs, par exemple avec un gros zoom comme le Sigma 150-600mm f/5-6.3 Contemporary.

Appareil hybride Nikon Z5 II C équipé d'un téléobjectif sur un monopode en carbone dans une forêt en automne pour un test terrain.

Avec un reflex ou un hybride muni d’un viseur, votre visage forme un troisième point d’appui physique indispensable. Vous collez le boîtier contre l’arcade sourcilière, les coudes serrés contre les côtes, et le poids de l’ensemble (souvent plus de 2,5 kg) se trouve réparti de façon très stable sur le haut de votre corps.

Sans viseur, pour regarder l’écran arrière net et composer votre scène, vous êtes obligé d’éloigner l’appareil de vos yeux d’au moins 30 à 40 centimètres. Porter un téléobjectif lourd à bout de bras, les mains tendues vers l’avant, devient un calvaire au bout de quelques secondes seulement. Vos épaules tirent, vos bras tremblent et la stabilisation du capteur finit par atteindre ses limites face à de tels mouvements de levier.

Si vous comptez pratiquer la photographie animalière avec de longues focales sur ce Nikon, gardez en tête qu’un appui d’appoint (un monopode de marche télescopique ou un sac de sable posé sur le rebord d’une fenêtre d’affût) deviendra rapidement votre meilleur allié pour soulager vos articulations.

Maintenant que vous connaissez ses vraies limites physiques et mécaniques, il est temps de voir comment ce boîtier se comporte concrètement face à son grand frère traditionnel et s’il mérite vraiment votre investissement par rapport aux autres options du marché.

En bref
  • Un seul logement SD : ce n’est pas un piège pour une pratique de loisir, à condition d’investir dans une carte UHS-II fiable et de vider vos photos après chaque sortie.
  • Le vrai déclencheur mécanique : il élimine tout risque de rolling shutter et vous garantit des oiseaux en vol aux ailes parfaitement nettes, même à pleine vitesse.
  • L’absence de viseur : cadrer sur l’écran avec un téléobjectif lourd devient vite épuisant à bout de bras, ce qui rend l’usage d’un monopode indispensable sur le terrain.

Fiche technique complète : Nikon Z5 II C

Caractéristique Détail technique
Type d’appareil Appareil photo numérique avec prise en charge d’objectifs interchangeables
Monture de l’objectif Monture Z de Nikon
Format du capteur FX (plein format)
Type de capteur CMOS
Dimensions du capteur 35,9 mm x 23,9 mm
Nombre total de pixels 25,28 millions
Définition utile (pixels effectifs) 24,5 millions
Système de nettoyage anti-poussière Données de référence pour Image Dust Off (correction de la poussière)
Cartes mémoire acceptées SD, SDHC (compatible UHS-II), SDXC (compatible UHS-II)
Nombre d’emplacements pour carte 1 carte mémoire Secure Digital (SD)
Formats d’enregistrement photo NEF (RAW) 14 bits, JPEG, HEIF
Fonctionnement de l’obturateur Mécanique à plan focal et translation verticale, contrôlé électroniquement ; obturation électronique au premier rideau ; obturateur électronique
Vitesse d’obturation 1/8000 à 30 s, Pose B, Pose T (jusqu’à 900 s en mode M)
Synchronisation avec le flash 1/200 s ou plus lente ; synchronisation ultra-rapide Auto FP prise en charge
Vitesse de prise de vue en rafale Jusqu’à 30 vps (rafale jusqu’à 14 vps)
Sensibilité à la lumière (ISO) 100 à 64 000 ISO (extensible de 50 à 204 800 ISO)
Système de mise au point (Autofocus) AF hybride par détection de phase/de contraste
Sensibilité de mise au point en basse lumière -10 à +19 IL
Nombre de points de mise au point 273 points AF (point sélectif), 299 points AF (zone automatique)
Modes de mise au point disponibles AF ponctuel (AF-S), AF continu (AF-C), sélection automatique (AF-A), AF permanent (AF-F), mise au point manuelle
Stabilisation intégrée de l’image Déplacement du capteur d’image sur 5 axes (gain jusqu’à 7,5 vitesses)
Taille de l’écran arrière Diagonale de 8 cm (3,2 pouces)
Type d’écran arrière Moniteur ACL TFT tactile orientable, angle de vue de 170°
Précision d’affichage de l’écran Environ 1 040 000 pixels
Résolution vidéo maximale 3840 × 2160 (4K UHD) jusqu’à 60p
Enregistrement vidéo au ralenti Full HD/120p (ralenti 4x et 5x)
Formats de fichier vidéo NEV, MOV, MP4
Compression et codecs vidéo N-RAW (12 bits), H.265/HEVC (8/10 bits), H.264/AVC (8 bits)
Format d’enregistrement du son PCM linéaire (48 kHz, 24 bits), AAC (48 kHz, 16 bits)
Prise de connexion USB Port USB SuperSpeed de type C
Prise vidéo HDMI (pour écran externe) Port HDMI de type D
Prise microphone (entrée son) Prise mini-jack stéréo 3,5 mm (avec prise en charge de l’alimentation)
Prise casque ou télécommande (sortie audio) Prise mini-jack stéréo 3,5 mm (compatible casque ou télécommande filaire MC-DC3)
Connexion sans fil Wi-Fi IEEE 802.11b/g/n/a/ac (2,4 GHz et 5 GHz)
Connexion sans fil Bluetooth Spécification Bluetooth 5.0 / Bluetooth Low Energy
Modèle de batterie 1 accumulateur Li-ion EN-EL15c
Dimensions de l’appareil (L × H × P) Environ 134 × 80,5 × 72 mm
Poids du boîtier Environ 620 g avec batterie et carte mémoire (environ 538 g boîtier seul)
Matériaux et protection contre les éléments Alliage de magnésium résistant à la poussière et à l’humidité
Accessoires inclus dans la boîte Volet de griffe flash BS-1, bouchon de boîtier BF-N1, accumulateur EN-EL15c, courroie AN-DC26, câble USB-C
Meilleurs reglages photo Photo animalière

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Avis final

À vous de jouer

Une fois sur le terrain, vous verrez qu’adopter ce boîtier change tranquillement vos réflexes de prise de vue. Quand on reprend la photographie de nature après plusieurs années d’arrêt, le matériel ne doit plus être une corvée lourde à transporter, mais un plaisir simple qui donne envie de sortir, même pour une balade matinale de vingt minutes.

Au fil de ce test du Nikon Z5 II C, on s’aperçoit vite que le parti pris de Nikon bouscule pas mal de nos vieilles habitudes d’anciens passionnés. Mon petit conseil pour bien l’apprivoiser en sous-bois : lors de vos premières sorties, réglez votre sangle de cou pour qu’elle soit bien ajustée et poussez doucement le boîtier vers l’avant en le tenant à deux mains. Vous créez ainsi un point de tension naturel qui stabilise parfaitement la visée sans fatiguer vos épaules, tout en profitant d’un sac allégé et d’une ergonomie rassurante au fil des kilomètres.

Je suis sincèrement curieux d’avoir votre sentiment sur ce virage technique.

Et vous, seriez-vous prêt à abandonner définitivement le viseur pour un bel écran orientable si cela allège votre sac de moitié, ou est-ce qu’un ‘vrai’ appareil doit obligatoirement se coller à l’œil ? Dites-le-moi en commentaire !

Je vous souhaite de très belles photos et je vous dis à bientôt pour un nouvel article.

Adrien.

Nikon Z5 II C
Qualité d’image
Autofocus
Montée en iso
Capteur
Plein Format FX CMOS, 24,5 Mpx
Rafale
Jusqu’à 30 vps
Stabilisation
5 axes (gain jusqu’à 7,5 vitesses)
Vidéo
4K UHD 60p, N-RAW 12 bits

LE NIKON Z5 II C EN BREF :

Le Nikon Z5 II C est un hybride plein format taillé pour allier polyvalence, compacité et performances de haut vol. Équipé d’un capteur FX de 24,5 millions de pixels effectifs, il garantit un piqué remarquable et une dynamique étendue adaptée à toutes les situations lumineuses.

Son système autofocus hybride ultra-sensible (détection jusqu’à -10 IL) assure un suivi net et réactif des sujets, épaulé par une cadence de prise de vue grimpant jusqu’à 30 images par seconde pour figer les mouvements les plus vifs.

Pensé aussi bien pour les photographes nomades que pour les créateurs de contenu, il intègre une stabilisation sur 5 axes offrant un gain jusqu’à 7,5 vitesses, ainsi qu’un enregistrement vidéo avancé en 4K UHD 60p et format N-RAW 12 bits.

En résumé : un boîtier équilibré, robuste avec son châssis en magnésium et résolument moderne, idéal pour franchir un cap en plein format.

FAQ

Réponses à vos questions

Le Nikon Z5 II C est-il adapté pour reprendre la photo animalière ?

Oui, c’est un excellent compagnon si vous voulez retrouver le plaisir de photographier la nature sans vous encombrer d’un matériel lourd.

Ce test du Nikon Z5 II C prouve que son autofocus intelligent repère et suit l’œil des animaux tout seul, ce qui vous évite de batailler avec des réglages complexes.

Vous profitez d’une qualité d’image plein format remarquable et d’une prise en main sécurisante dès les premières minutes.

L’absence de viseur est-elle gênante avec un gros téléobjectif ?

C’est le point de vigilance essentiel à garder en tête avant votre achat.

Sans viseur pour caler le boîtier contre l’arcade sourcilière, vous devez regarder l’écran à bout de bras, ce qui devient vite fatigant avec un objectif animalier de plus de deux kilos.

Si vous pratiquez l’affût avec une très longue focale, je vous recommande vivement d’utiliser un monopode léger ou un sac de calage pour soulager vos bras et vos épaules.

Comment se comporte l’écran inclinable si vous portez des lunettes de vue ?

Pour les porteurs de lunettes, cette configuration apporte un véritable soulagement au quotidien.

Vous n’avez plus à coller vos verres contre un petit œilleton en plastique, ce qui supprime totalement la buée du matin et les rayures involontaires.

La dalle lumineuse et inclinable vous permet de cadrer confortablement les deux yeux ouverts, y compris pour photographier des fleurs ou des champignons au ras du sol sans vous faire mal au dos.

Un seul emplacement de carte mémoire suffit-il pour la photo de nature ?

Pour une pratique de loisir ou des balades dominicales en forêt, un unique tiroir SD est largement suffisant.

Le secret consiste simplement à équiper votre boîtier avec une carte mémoire SD de qualité reconnue et de prendre l’habitude de transférer vos photos sur votre ordinateur après chaque promenade.

En adoptant ce réflexe élémentaire, vous ne risquez pas de perdre vos précieux souvenirs de sous-bois.

Pourquoi la présence d’un déclencheur mécanique est-elle rassurante pour les oiseaux en vol ?

Contrairement à certains hybrides récents qui n’ont plus qu’un rideau électronique, ce modèle conserve un véritable mécanisme physique.

Cela élimine les déformations disgracieuses où les battements d’ailes apparaissent courbés ou étirés comme du caoutchouc à cause du balayage du capteur.

Vous figez ainsi les oiseaux en plein vol avec un rendu d’une netteté irréprochable et des silhouettes parfaitement droites.

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Adrien Coquelle

Qui est l'auteur

Adrien Coquelle

Photographe animalier professionnel

Photographe animalier professionnel depuis 2016, je parcours la Savoie à la recherche d'ambiances particulières, pour immortaliser les animaux emblématiques des Alpes.

Je forme également tous les mois de nombreux photographes voulant progresser rapidement en photo animalière et de nature grâce à mes stages et formations.

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