Génèse d’une photo – Episode 02

« Tu ne prends pas une photographie, tu la crées. ». Ansel Adams, photographe de génie aillant parcouru les Etats-Unis pour immortaliser les plus beaux paysages de son pays, le savait parfaitement. Derrière chaque photo, derrière chaque pigment, derrière chaque pixel, se cache un être humain, une sensibilité, une histoire… À travers cette  série intitulée «Génèse d’une photo», je souhaite partager avec vous mon regard. Parce que la photographie est un moyen formidable de vivre des émotions, rentrez dans mon univers à travers l’histoire qui se cache derrière certaines de mes photos. Aujourd’hui, je vous emmène à la rencontre du bourdon.

 

 

 

 

Un bout de lavande dans le jardin familial, dans le sud des Yvelines, quelques bourdons exécutant leur dur labeur au soleil… Voilà le cadre de cette photographie prise un dimanche d’Août, en fin d’après-midi.

 

Macrophotographie
N’oubliez pas d’enlever la stabilisation optique quand vous utilisez un trépied

 


 
Canon EOS 7D
f/3.5 – 100 mm – 1/1 000 – 400 ISO
 

Pas de contraintes de réglages en particulier sur cette photo, la lumière étant très abondante en cette fin de journée ensoleillée. La montée en ISO est justifiée par le fait que je voulais une vitesse d’obturation rapide, afin d’essayer de figer les ailes du bourdon, ce qui ne sera malheureusement pas assez. J’ai également décidé d’utiliser un trépied (modèle bas de gamme largement suffisant).

 


 

 

Aujourd’hui, mon objectif est de prendre une photo de bourdon butinant sur une fleur de lavande. Surpris par leur potentiel photographique lors de mon défi “30 photos en 30 jours”, j’ai  en tête depuis beaucoup d’autres images de ces superbes insectes. L’idée est donc plantée, ne reste plus qu’à trouver le lieu du crime.

Et il ne me faudra pas bien longtemps pour en trouver, un simple carré de lavande dans le jardin familial fera mon bonheur. Cinq ou six bourdons sont en train de butiner calmement et de se chauffer au soleil. Mon premier reflex est de travailler à main levée, mais je vais vite comprendre que ce n’est pas la bonne méthode à employer aujourd’hui. En effet, les insectes sont en pleine activité et passent d’une fleur à l’autre quasiment instantanément. Impossible pour moi de travailler mon cadrage et ma composition dans ces conditions…

Je cours donc chercher un outil que je n’utilise que très peu : le trépied. Je repère alors rapidement une fleur un peu plus isolée que les autres, ce qui me permet de bien travailler mon arrière-plan et ma mise au point (l’avantage du trépied est que l’on peut être ultra-précis). Clic ! Je déclenche afin de voir le résultat et en profite pour peaufiner les détails : composition, exposition, etc… Une fleur violette sera intégrée en bas à droite de l’image, afin de fondre la tige de la lavande dans un joli flou de premier plan.

Il n’y a plus qu’à attendre… 

 

 

Lavande
L’attente peut commencer.

 

 

Et l’attente sera longue… très longue ! Malgré le nombre de bourdons volant autour de moi, la star du jour mettra plus de 35 minutes avant de vouloir prendre la pose. Mode rafale activé, le bruit répétitif du déclenchement claque dans l’air, mais cette première tentative est un échec. En effet, la mise au point n’est pas bonne : elle se retrouve légèrement trop près par rapport à moi. Dommage, car dans cette série se trouve une photo incroyablement dynamique, mais qui manque légèrement de netteté sur l’œil…

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Il va falloir changer plusieurs choses !

 

Manque de netteté
Pour un affichage sur internet elle “passe”, mais pour une impression de qualité, la sanction est immédiate….

 

Et toute la difficulté de l’exercice se trouve ici : avoir une mise au point parfaite sur l’animal. En effet, le problème qui se pose souvent sur ce genre de photo préparée et sur trépied, est que nous sommes obligés de faire la mise au point sur le support à l’avance. Or, un animal (encore plus un bourdon) est totalement imprévisible et peut se poser à n’importe quel endroit. Rajoutez à cela l’épaisseur de l’insecte, qu’il faut également prendre en compte, et vous obtenez un sacré casse-tête pour trouver la bonne mise au point.

Comment faire pour anticiper ? Comment prévoir où l’insecte va se poser ? Dans ces cas là, il n’y a pas le choix, il va falloir multiplier les essais et déclencher plusieurs fois, en mode rafale, et espérer avoir quelques photos nettes dans le lot. Et oui, la chance fait également partie de la photographie et il ne faut pas se sentir honteux d’utiliser cette méthode. Néanmoins, afin de la provoquer encore plus, je décide de changer très légèrement la mise au point (pour compenser l’épaisseur du bourdon), mais surtout de fermer mon diaphragme, en passant de f/2.8 à f/3.5, afin de gagner quelques précieux millimètres de profondeur de champ.

Heureusement pour moi, l’attente sera moins longue et les insectes viendront plusieurs fois se poser sur ma lavande en quelques minutes. Quelques déclenchements et ajustements plus tard, là voilà, la photo tant attendue.

 

Génèse d'une photo
La reine lavande

 


 

Une légère sur-exposition pour obtenir un rendu un peu plus pastel des couleurs, quelques coups de correcteur afin de retirer des éléments gênants… Parfois il en faut peu pour rendre honneur à une image. Retrouvez dès à présent la retouche de cette photo en vidéo sur ma chaîne YouTube.

 

 


 

C’est tout pour aujourd’hui, j’espère que vous avez apprécié ce format un peu particulier d’article et que vous avez appris de nouvelles choses.

N’hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux si vous l’avez aimé. En attendant n’oubliez pas : prenez des photos !